Jeudi le 2 août 2001 -- Jeudi de la 17ème semaine "1"

Exode 40, 16-21. 34-38; Matt 13, 47-53

Abbaye de La Clarté-Dieu, Murhesa, Congo

 

 

H O M É L I E

 

 

            Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous avons les derniers versets du Livre de l'Exode;  et dans l'Évangile, nous avons la conclusion d'un long enseignement de Jésus sur le Royaume des Cieux, dans lequel il a utilisé de nombreuses images pour faire comprendre à ses disciples divers aspects de ce Royaume. 

 

            Toutes ces images, y compris celle d'aujourd'hui, qui compare le Royaume à un filet jeté dans la mer et dont on retire toutes sortes de choses, ont pour but de faire comprendre que le Royaume des cieux se construit progressivement ici-bas sur terre.  Tout au long de cette longue gestation, il y a un mélange constant de bon blé et d'ivraie, de bons poissons et d'autre chose qui ne vaut rien.  Et l'enseignement de chacune de ces paraboles ou de ces images, c'est que la séparation entre les bons et les mauvais ne se fera pas avant le jugement dernier.  La raison en est que jusqu'à ce moment-là, rien n'est irréversible,  rien n'est perdu, rien n'est définitif.  Tout péché peut être pardonné, tout pécheur est capable de conversion, toute obscurité peut se transformer en lumière, toute erreur peut être corrigée par la Vérité.  Et si Dieu est patient avec nous, à plus forte raison devons-nous l'être les uns avec les autres et même avec nous-mêmes.  À plus forte raison aussi devons-nous nous abstenir de juger et d'établir des séparations entre bons et mauvais.

 

            Concernant notre cheminement ici-bas, durant toute cette période de construction du Royaume, nous avons un très bel enseignement dans la conclusion du Livre de l'Exode expliquant comment tout au long de son cheminement à travers le désert, le Peuple d'Israël se laissait guider par la Nuée qui symbolisait la présence de Dieu: " A toutes leurs étapes, lorsque la nuée s’élevait au-dessus de la Demeure, les Israélites se mettaient en marche.  Si la nuée ne s’élevait pas, ils ne se mettaient pas en marche jusqu’au jour où elle s’élevait."  Et puis, le tout dernier  verset du Livre de l'Exode nous livre un très beau détail.  Cette nuée était toujours présente et visible, de jour comme de nuit " Car, le jour, la nuée de Yahvé était sur la Demeure et, la nuit, il y avait dedans un feu, aux yeux de toute la maison d’Israël, à toutes leurs étapes."  Ceci nous rappelle que, dans notre propre cheminement, aussi bien dans les moments de ténèbres comme dans les moments de clarté, dans nos nuits comme durant nos jours, la présence du Seigneur est toujours là pour nous indiquer si le temps est venu de planter notre tente ou de nous mettre en route. Car il y a un temps de planter sa tente et un temps pour la plier et se mettre en route.

 

Armand VEILLEUX