8 décembre 2005 -- Immaculée
Conception
Gn
3,9-15.20 ; Ép 1,3-6.11-12 ; Lc 1,26-38
Homélie
La Bible nous montre constamment
l’Esprit-Saint engendrant la vie. Au
premier jour de la création, dans la Genèse, l’Esprit de Dieu plane sur le
chaos pour y faire naître notre monde et tout ce qu’il remplit. Au sixième jour de la création, Dieu façonne
le premier humain de la glaise et insuffle dans ses narines son propre Esprit,
son souffle de vie, qui en fait un être vivant.
Le même Esprit plane, et même fond sur les prophètes de l’Ancien
Testament. C’est Lui qui couvre Marie de
son hombre et la rend Mère de Dieu. Le
même Esprit descend sur Jésus sous la forme d’une colombe le jour de son
baptême ; et Jésus
« souffle » sur ses disciples et leur communique son Esprit au moment
de les quitter, le jour de l’Ascension.
Le même Esprit a accompagné l’Église tout au long de son histoire,
rendant de temps à autre sa présence et son action plus évidentes. Vatican II, dont nous célébrons aujourd’hui
le 40ème anniversaire de la conclusion, fut l’un de ces moments
privilégiés de l’intervention de l’Esprit dans notre Église.
Luc, dans les premiers
chapitres de son Évangile, et particulièrement dans le texte que nous venons de
lire, se plaît à montrer la naissance de Jésus comme le point culminant de la
création. Avec la création d’Adam et Ève
et l’apparition de l’homo sapiens, le
projet de Dieu sur l’homme n’est pas totalement réalisé. Il le sera lorsqu’apparaîtra le Nouvel Adam,
né de Marie, sous l’action de l’Esprit-Saint.
Dans le récit de
l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, qui précède le récit que nous
venons de lire, Luc revient avec insistance sur le thème de la vieillesse et de
la stérilité du vieux couple Zacharie/Élizabeth. Puis, la mention du « sixième
mois », qui est clairement un parallèle au « sixième jour » de
la création, jour où fut créé le premier homme, introduit à cet éclatement de
la force créatrice de Dieu dans l’apparition du fils de Marie, Fils de Dieu.
Alors que Zacharie et
Élizabeth, par leur généalogies respectives représentaient la crème de
l’aristocratie religieuse d’Israël, Marie et son fiancé Joseph, de la Galilée
paganisée et d’un petit bourg jamais mentionné dans l’Ancien Testament, ne sont
rien de ce point de vue... Il s’agit d’une création nouvelle à partir du monde
des petits, des « pauvres de Yahwé ».
Laissons-nous conduire
nous aussi par le même Esprit
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Homélies pour la même solennité, les années précédentes :
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2003 français
2004 Deutch
Armand VEILLEUX
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