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novembre 2006 – Fête du Christ, Roi de l'Univers, année "B"
Dn 7, 13-14; Ap 1, 5-8; Jn 18, 33-37
H O M É L I E
Frères et Soeurs,
À la fin de cette réponse
de Jésus à l’interrogatoire de Pilate, que nous venons d’entendre, il y a deux
mots sur lesquels j’aimerais attirer votre attention. Mais voyons d’abord un peu le contexte de ce
récit.
Tout au long du
ministère itinérant de Jésus, les foules voulurent plus d’une fois de
reconnaître comme messie – un messie conforme à leurs attentes – en lui donnant
le titre de « roi d’Israël ».
Évidemment les autorités du peuple – les chefs des prêtres et les scribes
– auraient été les derniers à lui reconnaître ce titre. Lorsqu’ils veulent se débarrasser de lui, ils
l’amènent à l’autorité civile, au représentants du
pouvoir romain, comme quelqu’un qui voudrait soulever la rébellion en se
présentant comme « roi des Juifs ».
Pilate, qui veut quand même régler cette question avec une certaine
impartialité et – on dirait aujourd’hui – avec un certain professionnalisme,
fait entrer Jésus dans sa résidence, à l’écart de la foule, et lui
demande : « Es-tu le roi des Juifs ? ». L’expression « roi d’Israël »
n’aurait aucun sens pour lui.
L’évangéliste Jean,
dans le texte que nous venons de lire, nous décrit avec beaucoup de finesse ce
dialogue, où l’on voit en présence, un homme puissant, qui se veut honnête mais
qui est rempli de peur et, en face de lui, un accusé sans puissance mais plein
de calme et de sérénité, même s’il sait qu’il va mourir.
Jésus lui explique que
son autorité à Lui est toute différente de celle des puissants de ce monde qui
ont besoin de gardes armés pour les protéger, prêts à se battre et à mourir
pour lui. (On doit évidemment regretter
que lors du prochain voyage du Pape en Turquie, les autorités turques se
verront obligées, pour des raisons de sécurité, de l’entourer d’une garde fort
importante). Jésus n’appartient pas à ce monde du pouvoir et de la violence.
Toutes ces réflexions n’intéressent guère Pilate. La seule chose qu’il veut
savoir c’est si Jésus s’oppose à l’Empereur en se présentant comme roi des
Juifs. « Tu es donc le roi des
Juifs »... « C’est toi qui
le dis », lui répond finement Jésus.
Et il ajoute ces mots
importants – qui sont ceux sur lesquels je voulais attirer votre
attention : « Je suis né
et je suis venu dans le monde pour
rendre témoignage à la vérité. » Il y a dans ces quelques mots l’expression
de tout le mystère de l’incarnation – que nous allons célébrer bientôt tout au
long de l’Avent et durant le Temps de Noël. Toute la christologie s’y trouve
résumée. Il ne dit pas « je suis
venu au monde », ce qui serait synonyme de « je suis né ». Il dit : « je suis venu dans le monde. » Donc, il existait
avant de venir dans le monde. Quand il dit « je suis né » on pourrait
l’entendre soit de sa naissance du Père éternel, de toute éternité, soit de sa
naissance comme homme. C’est sans doute de
la seconde qu’il parle, puisqu’il explique tout de suite pourquoi il est né,
pourquoi Lui qui existait depuis l’éternité est né comme homme, est venu dans
notre monde. Il est né, dit-il, pour
rendre témoignage á la vérité – dans
le monde.
Lui qui est le Verbe,
c’est-à-dire la Parole, s’est fait l’un d’entre nous, pour nous parler – nous
parler avec nos mots humains – nous dire, à travers toutes ses paraboles et le
reste de ses enseignements, qui est Dieu, qui est son Père. Ceux qui appartiennent à la vérité, qui sont
du côté de la vérité, écoute sa voix.
L’appel contenu dans ce message est donc l’appel à écouter Jésus qui nous témoigne de la vérité.
Ce qui détruit
l’humanité, c’est le mensonge, le refus de la vérité. C’est pourquoi Jésus, qui est par ailleurs si
compréhensif et si miséricordieux pour toutes les faiblesses humaines, est si
dur à l’égard des Pharisiens de son temps, qu’il qualifie d’hypocrites,
c’est-à-dire de personnes qui trahissent la vérité. C’est aussi pourquoi, dans les récits
évangéliques, lorsque les forces du mal ou les forces des ténèbres, qui sont
opposées au royaume de la lumière, sont personnifiées, elles sont appelées
« prince du mensonge » tout aussi bien que « prince des
ténèbres ».
Nous sommes invités par
Jésus, non pas simplement à « dire la vérité », c’est-à-dire à ne pas
« faire de mensonges », mais à beaucoup plus que cela. Nous sommes appelés à marcher dans la vérité
et même à faire la vérité.
Après la réponse de
Jésus, Pilate s’exclame, sans doute avec désabusement, « Qu’est-ce que la
vérité ». Devant tout ce qu’on nous
dit dans les moyens de communication sur les événements internationaux, en
particulier sur les guerres, ou encore sur les situations politiques ou
sociales plus locales, nous avons souvent la tentation de faire une exclamation
semblable à celle de Pilate, ne sachant souvent plus qui nous dit la vérité et
qui nous ment. Mais nous avons le
témoignage de celui qui est la Vérité et qui est né et est venu pour rendre
témoignage à la Vérité. Son témoignage
est la lumière qui peut nous guider dans toute notre vie.
Armand Veilleux
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solennité :
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