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novembre 2005 – 1er dimanche de l'Avent "B"
Is 63, 16...64,7; 1 Co 1, 3-9; Mc 13, 33-37
Homélie
La première phrase du
texte que nous venons de lire, et qui ne fait pas partie du texte de l’Évangile
mais a été ajoutée par les traducteurs du lectionnaire actuel de langue
française, peut nous induire un peu en erreur sur le sens de ce texte. Cette phrase dit : « Jésus parlait
à ses disciples de sa venue ». Or,
dans ses paraboles – et il s’agit bien ici d’une parabole – Jésus ne parle pas
de lui-même mais de son Père. Et donc,
lorsque Jésus dit « Il en est comme d’un homme parti en
voyage... » il
ne parle pas précisément de sa mort et de son retour à la fin des temps. Il parle de son Père et de la situation de
l’humanité dans le temps. C’est une
vision beaucoup plus large.
Dieu a créé le temps et
l’espace – lui qui est éternel et qui transcende tout temps et espace – et, au
dernier jour de la création, pour utiliser l’image de la Genèse, Il a créé
l’être humain, l’homme et la femme, et leur a donné tout pouvoir sur la nature,
sur les autres êtres. Relisons, dans ce
contexte et dans cette perspective, la phrase centrale de notre parabole :
« Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et
recommandé au portier de veiller ».
Tout l’univers est la
maison de Dieu. Une maison qu’Il s’est faite toute belle, et qu’il a comblée de toutes sortes de
richesses : la terre et l’eau, le monde végétal et le monde animal, sans
oublier l’homme. Il a donné à l’être
humain la responsabilité de veiller sur cet ensemble. « Veiller » ne veut pas dire
s’efforcer de rester bêtement éveillé en attendant que quelque chose se
passe. Veiller veut dire être activement
attentif – comme dans l’expression « veiller sur sa santé » ou
sur celle de personnes qui nous sont chères ou qui nous sont confiées, ou
encore veiller sur la bonne marche d’une société, d’une industrie, d’une
communauté, ou d’un pays.
À chacun Dieu a « fixé
son travail ». Dans la Société et
dans l’Église chacun de nous a une tâche qui lui a été fixée – ce qui se
concrétise dans toutes les responsabilités, en apparences petites ou grandes,
que nous pouvons avoir dans nos familles, nos communautés, dans l’Église ou
dans la Société civile. Non seulement
toute autorité (ce qui est une meilleure traduction que « tout
pouvoir ») nous a été donnée dans les limites de chacune de ces
tâches ; mais nous en avons la pleine responsabilité. C’est à nous que Dieu a confié la pleine
responsabilité de prendre toutes les décisions concernant la marche de ce monde
où nous vivons. La prière est
importante ; mais elle ne doit jamais consister à nous décharger sur Dieu
des responsabilités qu’il nous a données.
Nous ne devons pas, dans notre prière, lui demander de faire lui-même ce
qu’il nous a confié de faire, mais bien lui demander la pureté du cœur et le
courage qui nous permettront d’assumer nos responsabilités.
Il y a un personnage
intéressant dans cette parabole ; c’est le portier. Le texte
dit : « Il a recommandé au portier de veiller ». Puis Jésus ajoute à l’intention de tous ses
auditeurs : « Veillez
donc ». Ce qui veut dire qu’il nous
a tous constitués portiers ! Dans
la culture du temps de Jésus, le portier d’un domaine était celui qui veillait
sur tous ceux qui sortaient de ce domaine et y entraient. Lorsque le maître du domaine partait en
voyage, il était le dernier à le voir partir, et lorsque le maître revenait il
était le premier à le voir revenir. C’est
aussi lui qui gérait les allées et venues des divers messagers maintenant le
contact avec le maître absent et son domaine.
Jésus nous rappelle donc par cette parabole que c’est notre
responsabilité de maintenir vivant le contact entre ce monde dans lequel nous
vivons et Dieu.
Dans une autre
circonstance Jésus disait aux scribes et aux docteurs de la Loi :
« Mon Père travaille toujours et je fais de même ». C’est dans le même sens qu’il dit aussi que
le maître parti en voyage a confié à chacun son travail et qu’il leur
recommande de « veiller ».
Nous avons peut-être
trop souvent lu cet évangile et les textes semblables comme des exhortations à
« attendre » dans la crainte la fin du monde et le jour du jugement.
« Attendre » et « veiller » sont deux attitudes fort différentes. Jésus, dans tous ces textes, n’est pas
intéressé par la fin du monde mais bien par tout ce que nous devons être et
faire entre-temps. Et il nous invite à
une vigilance active constante. De cette
constante vigilance active de chacun de nous dépend la qualité de la vie dans
notre milieu immédiat, dans notre Église et notre société et dans le monde.
Armand Veilleux
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Homélies pour le même dimanche de l’année « b » des années
antérieures
2002 : français
Armand VEILLEUX
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