26 mai 2002 – Fête de la T.S. Trinité (année « A »)

Ex 34, 4...9 ; 2 Co 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18

 

H O M É L I E

 

            Dans toutes les grandes religions de l’humanité, y compris la religion d’Israël durant l’Ancien Testament, Dieu est conçu comme le maître absolu de toutes choses – maître de la vie et de la mort, du bonheur et du malheur, maître des personnes et des choses.  Et cette conception du Dieu maître de tout est souvent utilisée pour justifier et fonder le pouvoir de tous les autres maîtres d’ici-bas.  On trouve encore quelque chose de cette mentalité même dans notre liturgie latine où Dieu est souvent appelé le « tout-puissant », ce qui est une mauvaise traduction du grec pantokrator, qui ne signifie pas le « tout-puissant », mais bien celui qui soutient tout, qui supporte tout.

 

            Une immense révolution s’est produite dans l’humanité avec le message de Jésus de Nazareth.  Pour lui, Dieu ne s’appelle plus « Seigneur », « maître », mais bien « Père ».  Désormais aucune forme d’esclavage n’est justifiée, aucune forme d’attitude servile et craintive non plus, car pour Dieu les hommes et les femmes ne sont pas des esclaves, même pas des serviteurs et des servantes, mais des fils et des filles.

 

            Il pourrait être éclairant de se référer à une parabole de Jésus, celle qu’on appelle la « parabole de l’Enfant prodigue », qui en réalité est une révélation sur Dieu le Père.  Dans cette parabole le fils aîné n’a visiblement pas encore reçu ce message.  Malgré toute sa fidélité et son dévouement à son père, il se considère comme un serviteur. « … depuis tant d’années que je te sers, et que j’observe tous tes commandements », dit-il à son père.  Et le père de lui répondre : « Mon fils !, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi ». 

 

            Mais il n’a pas suffi à Dieu d’être Père.  Il a voulu aussi être frère.  En s’incarnant, en se faisant « Fils de l’Homme », il s’est fait notre frère.  Depuis ce moment il n’est plus possible à l’être humain d’aller au Père si ce n’est à travers ce Fils de l’Homme, Jésus de Nazareth.  Et il ne nous est pas possible d’être fils sans être frère.  Encore plus ; il ne nous est pas possible d’être frère du Dieu fait homme, sans être frère de tous ses frères et de toutes ses sœurs.

 

            Pour nous rendre capables d’être fils et d’être frères, Dieu nous a donné son Esprit, qui est la vie que le Père nous communique, et qui est l’amour dont il nous aime et avec lequel il veut que nous l’aimions et que nous nous aimions les uns les autres.  Comme l’écrit saint Paul aux Romains, nous n’avons pas reçu un esprit d’esclavage, mais un esprit qui rend fils et qui nous permet de crier « Abba, Père ». (Rom 8,15)


            Cette révélation du Nouveau Testament selon laquelle Dieu est amour doit être mise en relation avec la révélation du début du Livre de la Genèse selon laquelle nous avons été créés à l’image de Dieu.  Ce qui nous est révélé au sujet de Dieu dans ce mystère de la Trinité, c’est ce que nous sommes appelés à devenir.

 

            Le sommet de la Révélation du Nouveau Testament est que Dieu est amour ;  non pas un amour abstrait, mais un amour incarné dans l’histoire, dans notre histoire. L’amour de Dieu, tel qu’il est révélé non seulement dans le Nouveau Testament, mais tout au long de la Bible est un amour personnel (pour chacun de nous), un amour total (sans limite), un amour universel (ne se refusant à personne) et surtout, comme le disait la première lecture de l’Eucharistie d’aujourd’hui, tirée du Livre de l’Exode, un amour miséricordieux.  En effet, même si l’affirmation de l’Évangile « Dieu est amour » est le sommet de toute la Révélation sur Dieu, cette vérité était déjà exprimée à Moïse, aux premiers jours de l’existence du Peuple d’Israël, dans le désert : « Yahvé,.. Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »

 

            Forts de notre confiance en sa miséricorde, poursuivons notre célébration et, surtout, efforçons-nous de la continuer dans notre vie de tous les jours.

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Homélie pour le dimanche de la Trinité, en 2002 (année "A") - en italien

Homélie pour le dimanche de la Trinité, en 2000 (année "B")

Homélie pour le dimanche de la Trinité, en 1999 (année "A")