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septembre 2005 – Jeudi de la 25ème semaine (année paire)
Aggée
1, 1-8 ; Luc 9, 7-9
Abbaye
de Campénéac
H O M É L I E
Hérode Antipas, comme son père Hérode le Grand qui fit
mettre à mort les enfants de Bethléhem à l’époque de la naissance de Jésus, est
un homme inquiet, troublé. Il est roi –
ou tétrarque - de Galilée, mais un roi fantoche dont le pouvoir est en réalité
très fragile puisque le pays est sous le contrôle des Romains. Il est très attaché à ses prérogatives, mais
toujours tiraillé par l’insécurité, craignant toujours qu’un authentique
« roi des Juifs » ne vienne le détrôner. C’est un faible, qui n’aurait pas voulu
décapiter Jean, mais qui le fit pour ne pas perdre la face après avoir fait une
promesse stupide à la fille de son épouse illégitime. De même, il se fit complice avec Pilate de la
mort de Jésus, par peur des Romains, même s’il éprouvait une certaine
fascination à l’égard de Jésus. Il veut le voir, mais par simple curiosité.
« Jean, je l’ai fait décapiter », dit-il. Il y avait déjà là en présence deux types
d’homme radicalement différents. Devant
cet Hérode, toujours tiraillé par la peur parce qu’attaché à tout ce qu’il
possède – ou croit posséder, ou veut posséder – Jean est la figure de l’homme
libre, totalement libre, qui ne vit que pour sa mission de précurseur, qui se
retire lorsqu’apparaît le Messie et envoie même à celui-ci ses propres
disciples. Comme il est libre, Jean est
sans peur, et peut donc reprocher ouvertement à Hérode son péché, même s’il
risque d’y perdre la tête. En réalité il
est libre par que n’étant attaché à rien, il n’a rien à perdre.
Et si Jésus fascine tant Hérode, qui désire toujours le
voir, à ce moment-ci comme au moment de son procès, c’est que Jésus incarne
cette liberté totale qui lui manque tellement.
Très souvent dans l’Évangile, surtout dans les
apparitions après la Résurrection, Jésus dit : « Ne craignez pas,
n’ayez pas peur ». La peur ne
convient pas au croyant. Et lorsqu’il y
a en nous la peur c’est que, comme Hérode, nous sommes attachés à quelque chose
que nous ne voulons pas perdre ou sur quoi nous ne voulons pas lâcher prise. Ce
peut être un objet matériel, mais c’est le plus souvent l’attachement à l’image
que nous avons ou que nous voulons donner de nous mêmes, ou encore ce sont
toutes les petites parcelles de pouvoir dont nous disposons sur les autres
comme sur notre propre destinée.
Demandons à Dieu de savoir lâcher prise, d’accéder à
cette pauvreté et à cette pureté du cœur qui nous rende totalement libres et
nous délivre de toutes les peurs que nous pouvons avoir soit de Dieu, soit de
nos frères ou de nos sœurs, soit tout simplement de la vie.