20 mars 2005
– Dimanche des Rameaux et de la Passion
Récit de la
Passion selon Matthieu
H o
m é l i e
Nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte, que la tradition liturgique
classique appelait plutôt « La Grande Semaine ». Pour bien comprendre ce que nous célébrons aujourd’hui
et que nous célébrerons au cours des prochains jours, il ne faut pas découper
cette semaine en petits morceaux et célébrer une réalité différente chaque
jour. Cette semaine forme un tout et
prend tout son sens dans le Jour où elle culmine : le jour de la Résurrection.
Le message essentiel
des Évangiles est que le Fils de Dieu s’est fait homme, qu’il est devenu l’un
d’entre nous ; comme chacun de nous il est né, il a grandi, il a souffert
et il est mort. Mais sa vie ne s’est pas
arrêtée là. Il est ressuscité. Sorti du
sein du Père il est retourné dans le sein du Père. Il nous a ainsi révélé ce dont notre nature
humaine est capable et ce à quoi chacun de nous est appelé. Toute cette semaine est une grande
célébration de ce mystère de la Résurrection, ne l’oublions pas, même lorsque
les lectures, comme le récit de la Passion que nous venons d’entendre nous rappellent
que Jésus en assumant toutes les dimensions de notre nature humaine, a assumé
aussi, et à un point extrême, la souffrance humaine.
Le monde est rempli de
souffrance : non seulement de la souffrance qui est inhérente à notre
nature humaine, comme la maladie et la mort et toutes les souffrances morales
et affectives que celles-ci impliquent – mais de la souffrance que le
développement des techniques modernes permettent aux hommes de s’infliger
mutuellement à travers des attaques où meurent simultanément des dizaines, des
centaines et parfois des milliers de personnes.
La publicité faite pratiquement en temps réel à chacun de ces drames
développe une sorte d’intérêt souvent un peu sadique dans cette violence que,
bien sûr, l’on condamne. Une certaine
littérature et certains films des dernières années ont transposé la même
attitude plutôt pathologique dans la considération des souffrances du Christ, nous donnant parfois l’impression que Dieu le
Père s’est presque plu à faire souffrir son Fils le plus possible pour lui
faire payer nos péchés. Ce qui,
évidemment, est tout simplement blasphématoire.
J’aimerais suggérer
que, cette année, sans oublier aucun des drames contemporains, pas plus que la
souffrance qu’a subie Jésus, nous nous efforcions de percevoir avant tout le
message d’espérance que nous apporte la vie, la mort et la résurrection de
Jésus. Bien sûr, il souffert
terriblement, et sa souffrance était absurde comme toute souffrance infligée
par un humain à un autre ; mais c’est en ressuscitant qu’il nous a montré
que la Vie peut toujours vaincre la mort.
Ce n’est qu’en restant fixés sur ce mystère de la Vie que nous pourrons
ne pas nous laisser détruire et décourager par toute l’absurdité des souffrances
que nous, les humains, continuons de nous infliger les uns aux autres.
Que le thème de cette
semaine soit celui de la Victoire de la Vie sur la mort et sur toutes les
formes de souffrance, que ce soit celles résultant de notre condition humaine
ou celles engendrées par la méchanceté ou la bêtise humaine.