15 mai 2005 -
Pentecôte
Actes 2,1-11; 1 Cor 12,3...13; Jean 20,19-23
H O M É L I E
Ce bref Évangile nous présente deux scènes entre lesquelles il y a
un contraste évident. Dans la première
nous voyons les Disciples enfermés dans une maison, le soir, tiraillés par
la peur. Et puis, soudain, la seconde scène : Jésus qui leur annonce
la paix, qui leur montre ses plaies comme signe authentique de sa réelle présence. Les disciples sont alors remplis de joie et
Jésus leur communique l’Esprit qui les rend apte à la Mission. La crainte, l’obscurité, le
replis sur soi se transforment alors avec la présence de Jésus en paix, joie
et envoi missionnaire.
Jésus accomplit sa promesse. Il avait promis à ses Disciples qu’il ne les laisserait pas seuls, et qu’il reviendrait. Il leur avait également dit que l’Esprit-Saint les aiderait à comprendre tout ce qu’il leur avait dit. C’est ce qu’il fait. Il est revenu et il leur communique l’Esprit-Saint qui fait toutes choses nouvelles. Jésus souffle sur ses Disciples, comme Dieu avait créé le premier homme en lui insufflant sa propre vie. Ils sont désormais des personnes nouvelles de la création restaurée par le don que Jésus a fait de sa vie. Ce récit est vraiment celui d’une nouvelle création. C’est « le premier jour de la semaine ». Les « Disciples » dont il est question sont tous ceux qui ont mis leur foi en Jésus. Aucun nom n’est mentionné, ni aucun nombre. Il n’y a pas de limite. Ce ne sont pas simplement les quelque centaines de disciples dont parle les Actes des Apôtres ; mais tous ceux qui, à ce moment-là comme à travers les âges ont cru en Jésus. Nous sommes du nombre.
La violence, les guerres, l’injustice, la corruption dans tant de secteurs de la société nous remplissent de crainte et nous poussent à nous replier sur nous-mêmes et fermer les portes sur nous pour ne pas être affectés par tout ce qui se passe au dehors du petit univers que nous nous sommes construit. Il nous semble que les problèmes qui affectent la société nous dépassent totalement, et nous nous réfugions dans notre propre vie intérieure, nous fermons les portes de notre cœur et oublions le grand projet de Jésus sur nous et sur l’humanité. C’est alors qu’il fait irruption en nous et dans nos vies et nous fait comprendre que non seulement il ne nous a pas abandonnés mais qu’il n’a pas abandonné ce monde qui nous entoure. Il est toujours présent non seulement en nous, mais dans la vie de notre communauté de l’Église et de la société. Il agit à travers la vie de milliers de personnes, de groupes, de communautés, d’associations qui se sont engagés pour lutter contre toutes les formes de péchés et toutes les conséquences du péché. Et il continue de réaliser la promesse qu’il a faite : tout ce que vous aurez délié, libéré sur la terre sera délié aussi dans le ciel.
En ce jour de la Pentecôte, efforçons-nous de percevoir les signes de la présence et de l’action de l’Esprit en nous-mêmes, dans nos vies, dans nos communautés et nos familles. Prions pour que notre société s’ouvre à la salutation que Jésus prononce chaque fois qu’il se manifeste : « La paix soit avec vous ». Les hommes sont incapables d’établir la paix. Leurs armes ne font que causer mort et blessures. Jésus peut nous donner la paix car les blessures qu’il porte et qu’il montre sont non pas des blessures qu’il a causées, mais bien celles qu’il a accepté de subir par amour.
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Homélies pour la Pentecôte des années précédentes :