6 novembre 2005 – 32ème dimanche
"A·
Sg 6, 12-16; 1 Th 4,
13-18; Mt 25, 1-13
En ces derniers dimanches de l’année
liturgique, les lectures de l’Évangile attirent de plus en plus notre attention
sur le retour du Christ et donc aussi sur le moment de la rencontre finale avec
le Créateur, qui sera pour chacun de nous le moment de notre mort. Or, la préoccupation principale de tous ces
textes n’est pas la « vie après la mort », mais bien comment nous
aurons préparé cette rencontre par la qualité de notre vie ici-bas. C’est bien le sens de la dernière phrase de
l’Évangile que nous venons de lire : « Veillez donc, car vous ne
savez ni le jour ni l’heure ». « Veiller »
ne signifie pas ici attendre passivement, mais bien vivre les yeux ouverts et
attentifs. Même si cette brève phrase
semble arriver comme un cheveu sur la soupe, elle est bien la conclusion
logique du récit qui précède.
Le récit de cette parabole se situe
dans le contexte -- bien connu par les auditeurs de Jésus -- d’une noce, selon
les coutumes d’Israël, où l’épouse, accompagnée de plusieurs jeunes filles,
attendait l’arrivée de l’époux, accompagné lui-même de ses compagnons, pour
commencer la fête, avant d’être introduits tous les deux dans la chambre
nuptiale. Des dix jeunes filles en question, cinq étaient prévoyantes (ou
sages) et avaient emporté de l’huile pour leurs lampes ; et cinq étaient
insensées et avaient oublié de le faire.
Pour bien comprendre cette parabole, telle qu’elle nous est rapportée
par Matthieu, il faut la mettre en relation avec un autre enseignement de Jésus
qu’on retrouve avec la même terminologie en Matthieu. Il s’agit de l’enseignement concernant la
maison bâtie sur le roc ou bâtie sur le sable. « Tout homme qui entend les
paroles que je viens de dire – dit Jésus – peut être comparé à un homme sage
qui a bâti sa maison sur le roc... Et tout homme qui entend les paroles que je
viens de dire et ne les met pas en pratique, peut être comparé à un homme insensé
qui a bâti sa maison sur le sable... » (Matt. 7, 24-27). Et ce texte était
précédé de l’autre texte où Jésus avertit qu’au jour du jugement il dira à ceux
qui ont prophétisé en son nom et même chassé les démons en son nom, mais n’ont
pas fait la volonté de son Père : « Je ne vous ai jamais
connu » (Matt. 7, 21-23) – la même parole qu’il adresse dans notre texte
d’aujourd’hui aux jeunes filles insensées.
L’huile d’olive tenait une très
grande place dans l’antiquité biblique, à côté du pain et du vin. On s’en servait pour préparer la nourriture,
ou comme médicament, de même que comme tonifiant esthétique pour améliorer la
beauté du corps. On s’en servait aussi
pour faire divers parfums et, bien sûr, comme combustible pour les lampes. Ici, dans notre parabole, l’huile est le
symbole de la fidélité à la parole de Jésus, à son premier commandement, celui
de l’amour. C’est quelque chose que
chacun doit vivre. Ce n’est pas par
égoïsme que les vierges sages ne peuvent le partager avec les
sottes ; c’est que personne ne peut
le vivre pour les autres. Chacun doit le
faire pour son propre compte.
En définitive, l’enseignement de
cette parabole est simple. Il se résume
dans cette simple phrase : « au soir de la vie nous serons jugés sur
l’amour ». Nous serons admis au
banquet des noces entre Dieu et l’humanité dans la mesure où nous aurons notre
bagage d’amour, dans la mesure où nous aurons mis en pratique durant notre vie
ce premier commandement qui comprend tous les autres. Si nous ne l’avons pas fait, quelles que puissent
être les grandes choses que nous aurons faites dans notre vie, y compris nos
prières et nos actes de vertu, nous risquons de nous entendre dire :
« Dommage, je ne vous connais pas ! ».
Mais pour ne pas terminer sur ce
ton, ne manquons pas de relire le beau texte de la Sagesse que nous avions
comme première lecture. Cette Sagesse --
autre nom du Dieu qui est Amour -- vient à la rencontre de ceux qui la
cherchent, de ceux qui l’aiment. Ces
quelques lignes sont la description de la vie contemplative – vie d’union à
Dieu dans la Rencontre et dans l’amour – mais une rencontre et un amour qui ne
sont pas réels s’ils ne sont incarnés dans la rencontre et l’amour du prochain.