23 novembre 2005 – Mercredi de la 34ème sem. impaire

Daniel 5, 1...28 ; Luc 21, 12-19

Abbaye de Soleilmont

 

 

Homélie

 

Chères Soeurs et Frères,

 

            La première lecture, tirée du prophète Daniel, nous montre le jeune Daniel prisonnier à la cour du roi de Babylone, non seulement plein de Sagesse reçue d’en haut, mais aussi totalement dépourvu de peur.  Il ose parler avec force et courage au plus puissant des rois de la terre, lui reprocher ses crimes et lui annoncer le démantèlement de son royaume, tout comme Jean-Baptiste, plusieurs siècles plus tard osera parler avec courage et clarté au roi Hérode.  Ce sont des hommes sans peur parce qu’ils n’ont rien à perdre.  Nous avons peur des autres et des circonstances lorsque nous avons des illusions de pouvoir, des ambitions, des rêves ou des trésors à protéger.  Si nous sommes pauvres, de la pauvreté des béatitudes, sans rien à défendre et à protéger et donc sans rien à perdre, alors nous pouvons être libéré de toute peur.

 

            De même, dans l’Évangile, Jésus ne cesse de répéter à ses disciples « N’ayez pas peur ».  Comme les autres Synoptiques, Luc a, vers la fin de son Évangile, un discours apocalyptique.  Il le situe autour du Temple de Jérusalem.  Dans le passage qui précède immédiatement celui que nous venons de lire, les disciples admirent la beauté du Temple de Jérusalem, et Jésus leur annonce la destruction de ce temple disant qu’il n’en restera pas pierre sur pierre.  Puis il continue, dans le texte d’aujourd’hui, en annonçant les difficultés, les persécutions et les souffrances qu’auront à subir ses disciples. 

 

            Il les prévient que lorsqu’ils seront traînés devant des tribunaux et des juges, ils ne devront pas se préoccuper de préparer leur défense, car c’est d’en haut qu’ils recevront, comme Daniel, les paroles de sagesse dont ils auront besoin.  Ces paroles de sagesse ne les empêcheront pas, en plusieurs cas, d’être mis à mort ; mais même alors ils seront entre les mains de Dieu. Alors l’absence de peur ne suffira pas ; il leur faudra la persévérance, et celle-ci sera leur planche de salut : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

 

            Nous n’avons pas à affronter des situations aussi dramatiques que celles décrites dans ce discours apocalyptique, mais nous avons tous à affronter à certains moments de notre vie des situations difficiles de diverses natures.  Demandons au Seigneur d’être alors toujours dépouillés de toute crainte, et surtout d’être munis de cette persévérance qui nous conduise à la vie éternelle.