19 août 2004
- Messe votive du Saint-Esprit
1 Cor 12,
3b-7.12-13 ; Jean 14, 23-29
Abbaye de La
Clarté-Dieu, Murhesa, Rép. Dém. du Congo
H o m é l i e
Lorsque nous prions
pour avoir des lumières du Saint Esprit dans un moment important de notre vie –
que ce soit notre vie personnelle ou notre vie communautaire – nous espérons
facilement recevoir de la part de Dieu des signes extérieurs ou encore des
indications intérieures sur la façon dont nous devons agir. Or, si nous écoutons attentivement ce que Jésus
dit à ses disciples dans le texte évangélique que nous venons de lire ; ce
que nous devons demander – et pouvons espérer – est quelque chose de beaucoup
plus profond et même de beaucoup plus intime qu’un signe extérieur ou même une
voie intérieure. Il s’agit d’une communion avec Dieu.
Ces paroles de Jésus à
ses disciples sont prononcées durant le dernier repas qu’il prend avec eux. Il va bientôt les quitter, et il sait qu’ils
devront faire face à des situations nouvelles et difficiles et devront prendre
des décisions lourdes de conséquences.
Il leur dit : « Si quelqu’un m’aime... » C’est là la première condition, sans laquelle
il n’y a rien à faire. C’est pourquoi,
évidemment, saint Benoît dit qu’au monastère on ne doit « rien préférer à l’amour du Christ ». « Si quelqu’un m’aime, dit-il, il
restera fidèle à – ou gardera – ma parole ». Garder la parole ce n’est pas simplement
obéir à des préceptes, mais garder dans son coeur, ruminer dans son coeur la
Parole de celui qu’on aime. Alors le
Père nous aimera en retour. Lui et son
Fils viendront faire en nous leur demeure.
Dans le texte grec, le mot traduit par « demeure » est « monè », qui est aussi un mot
utilisé pour traduire « monastère ».
Donc, le Père et le Fils viendront faire en nous leur monastère !
Lorsqu’il y a cette
union contemplative entre Dieu et nous, nous voyons tout – les personnes et les
choses – avec les yeux de Dieu, et nous prenons spontanément les décisions qui
correspondent aux plans de Dieu sur nous, sur notre communauté, sur l’Église et
le monde, presque sans avoir à y penser.
C’est un réflexe naturel.
C’est la même réalité
que Jésus décrit en d’autres mots quelques lignes plus loin dans notre texte,
lorsqu’il dit à ses disciples qu’il leur enverra l’Esprit-Saint, le Défenseur,
qui leur enseignera tout. Cet
Esprit-Saint n’est rien d’autre que l’amour qui unit le Père au Fils et qui
nous unit à Dieu. C’est l’amour dont il parle lorsqu’il dit
« Le Père vous aimera et nous viendrons faire en vous notre
demeure ».
Chères soeurs, au
moment de faire une décision importante pour l’avenir de votre communauté,
après avoir beaucoup réfléchi, après avoir utilisé tous les moyens humains de
discernement que Dieu vous a donnés, la chose la plus importante à faire est de
vous ouvrir à l’amour et à la parole de Dieu, de vous laisser pénétrer de sa présence. Ainsi vous verrez chacune de vos soeurs avec
les yeux de Dieu, vous l’aimerez avec l’amour dont Dieu l’aime. Vous regarderez aussi votre communauté avec
les yeux de Dieu, vous y reconnaîtrez avec joie – cette joie dont parle aussi
Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui --
les talents et les charismes donnés par Dieu à chacune pour la
construction du corps de la communauté.
Au cours de cette
célébration, prions les un(e)s pour les autres, afin que Dieu nous emplisse de
sa présence et de son amour et nous donne d’avoir le même amour que Lui pour
chacune de nos soeurs/frères, et de les voir avec ses propres yeux.