24 août, 2004 – Fête de saint Barthélemy

 

H o m é l i e

 

            Jésus avait autour de lui divers cercles concentriques de fidèles.  Il y avait tout d’abord la foule, la multitude à laquelle il adressait une grande partie de son enseignement.  Puis, il y avait le groupe des disciples, hommes et femmes, qui le suivaient dans ses voyages à travers la Galilée et la Judée.  Parmi eux, il y avait le petit groupe des Douze, qu’il avait choisis d’une façon particulière et qui devaient être le fondement de son Église.  Chacun de ces douze avait été choisi explicitement – appelé par son nom.  De certains d’entre eux nous savons beaucoup de choses sur leur vie, leur activité évangélique et leur martyre.  D’autres, nous ne savons pas grand chose.  De Barthélemy, c’est-à-dire le fils de Tolomée, que nous célébrons aujourd’hui, nous savons peu.  Cependant, selon la tradition, Barthélemy serait la même personne que ce Nathanaël, dont parle l’Évangile que nous venons d’entendre.

 

            Cet Évangile, qui est de Jean, nous raconte en des termes très vivants l’appel des premiers disciples, durant les jours qui suivirent le baptême de Jésus par Jean le Baptiste.  Dans Nathanaël, le Bar-tolomeos, nous percevons une personne vive, sincère, qui passe facilement d’un scepticisme ironique (« de Nazareth que peut-il sortir de bon ? ») à un acte de foi ardente : (« Maître, tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël »).

 

            Remarquons surtout l’éloge que fait de lui Jésus :  « Voici un véritable Israélite en qui il n’y a pas de fausseté ».  Le Seigneur pourrait-il dire la même chose de chacun et chacune de nous ?  Que serait pour nous la fausseté ? – Être vrai consiste à vivre selon les promesses que nous avons faites le jour de notre baptême – selon les engagements que nous avons pris le jour de notre profession monastique ou, pour ceux qui sont mariés selon les engagements de leur mariage.  Chaque fois que nous sommes infidèles, ou simplement moins fidèles à nos promesses, nous sommes faux.

 

            Demandons au Seigneur – par l’intercession de saint Barthélemy – la grâce d’une conversion constante du coeur, de sorte que, au moment de notre rencontre définitive avec le Seigneur, nous puissions l’entendre nous dire :  « Voici un vrai Chrétien, voici un vrai moine, en qui il n’y a rien de faux ».