30 août 2004
– Lundi de la 22ème semaine paire
1 Cor 2,
1-5 ; Luc 4, 16-30
Prieuré de
Kibungo, Rwanda
H O M É L I E
Après son baptême par Jean, Jésus passa au désert 40
jours, après lesquels il décida de ne pas commencer son ministère à Jérusalem,
qui était le centre du judaïsme, mais dans la lointaine province de Galilée
d'où il venait. Il se mit donc à prêcher
dans la synagogue de la ville principale de cette province, Capharnaüm. Après une première journée de prédication et
de guérisons pleine de succès, il se retira de nouveau dans le désert pour une
nuit de prière au cours de laquelle il prit la décision de quitter la ville de
Capharnaüm et d'aller prêcher dans les petites villes et villages de la
campagne de Galilée. Cela le conduisit à
sa ville natale de Nazareth. Il se
rendit à la synagogue, où on lui présenta le rouleau des Écritures et il lit le
texte d'Isaïe: "Je t'ai envoyé".
C'est alors qu'il dit:
"Aujourd'hui ces paroles de l'Écriture s'accomplissent en
votre présence".
Par ces décisions successives, Jésus nous enseigne
d'abord que la conversion à laquelle il nous appelle consiste dans un
réajustement constant et répété de nos priorités.
Dans le film de Steven Spielberg Schindler's List (sur les camps de concentration nazis),
Oskar Schindler dit à son ami Amon Goeth que l'on est présence du véritable pouvoir
non pas lorsque quelqu'un utilise la force contre d'autres pour les tuer, mais
lorsque celui qui a été offensé est capable de pardonner.
Nous avons dans l'Évangile d'aujourd'hui une belle
expression d'une telle force paisible et sereine qui s'oppose au pouvoir
destructeur. Les gens de Nazareth – la
ville même de Jésus – sont si choqués par ses paroles qu'ils veulent déjà le
tuer. Ils le chassent de la ville, le
conduisant jusqu'à un escarpement de la
colline sur laquelle la ville est construite pour le précipiter en bas. Qu'arrive-t-il alors ? Rien de violent, ni aucune résistance de la
part de Jésus. Il passe simplement au
milieu d'eux et va son chemin. Il ne
refuse pas la mort; mais son heure n'est
pas encore venue. C'est encore le moment
de manifester simplement en ne répondant pas à la violence par la violence. Plus tard il devra manifester le même amour
en acceptant la mort. En chaque
situation c'est Jésus -- et non pas ses ennemis -- qui exerce le véritable
pouvoir – le pouvoir de l'amour.
Étendre un tel amour à tous, de
façon inconditionnelle, est la façon dans laquelle nous sommes appelés à être les
témoins de la personne et du message de Jésus.