26 août 2004 – Jeudi de la 21ème semaine paire

1 Cor 1, 1-9 ; Mat 24, 42-51

Monastère de Mokoto, Rép. Dém. du Congo

 

H o m é l i e

 

            Comme première lecture de la Messe, nous commençons aujourd’hui la première Lettre de Paul aux Corinthiens, qui va nous accompagner maintenant durant plusieurs semaines.  Cette Lettre nous apprend beaucoup de choses sur l’inculturation de l’Évangile dans le monde païen durant la première génération de l’Église.  Corinthe était un port de mer important, une grande ville cosmopolite, de langue et de culture grecque, où s’affrontaient les courants de pensée et de religion les plus divers, avec des moeurs parfois assez relâchées.  Pour les premiers Chrétiens ce Corinthe, appartenant aux couches modestes de la population, vivre l’Évangile dans ce contexte les amenait à rencontrer des situations difficiles et à faire face à bien des questions.  C’est à résoudre ces situations que s’attacha Paul dans les diverses Lettres qu’il écrivit aux Corinthiens et dont deux nous ont été conservées. (Il leur en avait écrit au moins une autre avant ces deux-là.) Les quelques lignes du texte d’aujourd’hui ne sont que la salutation du genre de celles par lesquelles Paul commence d’habitude ces Lettres : Il rend grâce à Dieu de leur foi et de leur persévérance.

 

            Quant à l’Évangile d’aujourd’hui, tiré d’un des derniers chapitres de l’Évangile de Matthieu, il souligne l’un des défis majeurs de la vie chrétienne : celui de demeurer vigilant, persévérant et fidèle jusqu’au bout.  La maison que Dieu nous a confiée et que nous ne devons pas laisser envahir par l’esprit mauvais est certes l’Église et notre communauté ;  mais c’est avant tout notre propre esprit, notre propre personne sur laquelle nous devons veiller afin que l’ennemi n’y ait nul accès.  Nous sommes des serviteurs de celui qui s’est fait le serviteur de tous ; et le Maître s’attend à nous trouver, à n’importe quel moment, non seulement en tenu de service, mais en train de servir. 

 

            À ce niveau, il serait faux d’essayer de trouver une opposition entre action et contemplation, vie active et vie contemplative.  Tout comme Jésus avait dit un jour « mon Père travaille toujours et je fais de même », il dit ici : « bienheureux le serviteur que le maître à son retour trouvera en train de travailler ».  Nous ne sommes pas contemplatifs lorsque nous ne travaillons pas, et surtout pas du simple fait de ne pas travailler.  Nous sommes contemplatifs lorsque nous sommes unis à Dieu dans une profonde relation d’amour, qui se matérialise de la meilleure façon lorsque nous servons nos frères.

 

            De même, être « vigilants » ne veut pas dire être immobiles et inactifs dans l’attente de ce qui peut arriver ; mais bien être éveillés et actifs, totalement donnés à la tâche qui nous a été confiée.