Homélie pour
le 25 août 2004 - Mercredi de la 21ème semaine paire
Prieuré de
Mokoto, Keshero, Rép. Dém. du Congo
H o
m é l i e
Chers frères,
La longue liste des
malédictions de Jésus contre les Pharisiens, à la fin de l’Évangile de Matthieu
a été divisée en trois blocs dans le lectionnaire férial, répartis entre les
trois premiers jours de la 21ème semaine du Temps Ordinaire. (Les auteurs du lectionnaire ont sans doute
jugé qu’il serait un peu indigeste de les avoir toutes le
même jour – d’ailleurs la fête de saint Barthélemy, hier, nous a épargné
le deuxième bloc !).
Ce que Jésus reproche
aux Pharisiens, c’est avant tout leur hypocrisie, c’est-à-dire la
non-correspondance entre ce qu’ils sont et l’impression qu’ils essayent de
donner d’eux-mêmes. Et cela nous
rappelle l’importance de la vérité et de la simplicité dans notre vie
chrétienne et notre vie monastique. Nous
sommes qui nous sommes devant Dieu, avec nos qualités et nos défauts, nos
capacités et nos limites, et nous savons que nous sommes aimés de Lui tels que
nous sommes – et appelés par Lui à croître sans cesse. Chaque fois que nous sommes préoccupés par ce
que les autres pensent de nous, que nous essayons de les impressionner par nos
qualités tout en leur cachant nos limites, nous sommes encore loin de cette
vérité et de cette simplicité qui est l’essence de la vie monastique.
Comme première lecture
de la Messe, nous terminons aujourd’hui la lecture de la seconde lettre de Paul
aux Thessaloniciens. Et dans cette
conclusion, nous avons un bel exemple de la grande simplicité de Paul – d’un
Paul qui sait reconnaître ses faiblesses, tout comme il sait non seulement
reconnaître ce qu’il fait de bien mais se donner parfois en exemple sur tel ou
tel point, comme il le fait ici. Il faut
parfois une grande humilité pour ne pas craindre d’avoir l’air
prétentieux. Paul n’hésite pas à dire
aux Thessaloniciens :
« imitez-moi ».
Et l’exemple qu’il veut leur donner ici, c’est celui d’une personne qui
s’efforce de n’être à charge à personne, et de se subvenir à lui-même par son
propre travail, tout en se consacrant totalement au service de la communauté en
prêchant l’Évangile.
Cela est en pleine
conformité avec l’enseignement constant de Paul dans ses lettres aux diverses
Églises qu’il a fondées ou auxquelles il a prêché la Parole de Dieu : Le fondement de la
vie communautaire est que chacun recherche non pas ce qui est meilleur pour
lui-même, mais ce qui est bon pour les autres et où chacun est au service de
tous. Demandons pour chacun de nous la
grâce de toujours vivre cet idéal de fraternité.