21 août 2004 – Samedi de la 20ème semaine ordinaire, année paire

Ézéchiel 43, 1-7 ;  Matthieu 23, 1-12

Abbaye de La Clarté-Dieu, Murhesa, Rép. Dém. du Congo

 

H o m é l i e

 

Chers frères et soeurs,

 

            La première lecture, tirée du Livre d’Ézéchiel, nous transmet un sens très vif de la présence de Dieu.  Les images sont vivantes et dramatiques;  mais l’élément principal est l’affirmation finale de Dieu qui dit:  : « Fils d’homme, c’est l’emplacement de mon trône et la place de mes pieds; c’est là que j’habiterai, au milieu des fils d’Israël, pour toujours. »  L’élément central de la spiritualité du Peuple d’Israël était ce sens très profond de la présence de Dieu en son sein et dans son histoire.  Et cela peut nous aider à comprendre le texte de l’Évangile que nous venons de lire.

 

            Le message de Jésus est que nous avons un seul Père, Dieu, et un seul maître, le Christ.  Dans le christianisme, toute forme de paternité ou de maternité spirituelle est une participation à cette paternité de Dieu et de son Christ.  C’est dans ce sens que saint Benoît dit que l’abbé – ou l’abbesse – est, dans le monastère, le représentant / la représentante du Christ. 

 

            Dans les traditions spirituelles de l’Orient, dans l’hindouisme par exemple, le gourou transmet sa propre expérience spirituelle à ses disciples.  Dans le christianisme, le maître ou la maîtresse spirituel(le) ne partage pas avec ses disciples sa propre expérience;  il transmet l’expérience et la doctrine du Christ.  Le père ou la mère spirituel(le) ne s’engendre pas à lui-même ou à elle-même des fils et des filles spirituel(le)s;  il/elle engendre le Christ dans ses disciples.

 

            Il s’agit là de tout le processus de la naissance et de la croissance spirituelles;  et c’est là le but de la vie monastique :  nous laisser lentement transformer à l’image du Christ.  Laisser le Christ naître et croître en nous.  Et c’est pour cela que nous recevons l’Eucharistie.