14 juillet 2004 –
Mercredi de la 15ème semaine paire
Is 10, 5-7.
13-16 ; Mt 11, 25-27
Abbaye de Murhesa, Rép.
Dém. du Congo
HOMÉLIE
L'Évangile
que nous venons de lire (et qui forme un tout avec celui que nous lirons
demain) comprend quelques points de contact avec le Magnificat de la Vierge Marie,
qui sont très intéressants et extrêmement révélateurs.
Lorsque Jésus
rend gloire à son Père pour avoir révélé aux petits les choses cachées aux
sages, les petits dont il parle sont ses disciples. Et ils n'étaient pas de naïfs enfants. Ils étaient des homme adultes qui
connaissaient les façons de faire du monde:
Matthieu, le collecteur d'impôts, savait faire de l'argent; Jude, le Zélote, connaissait l'art de la
guérilla; Pierre, Jacques et Jean
étaient des pêcheurs qui savaient guider leur barque sur le lac et jeter le
filet. Ils avaient tout abandonné pour
devenir des disciples de Jésus. Lorsque
celui-ci les invite -- et nous invite -- à la simplicité du coeur, il ne nous
invite pas à une attitude enfantine ou à un type enfantin de spiritualité. Il nous invite à une forme très exigeante de
pauvreté du coeur. Il nous invite à le
suivre comme disciples et donc à abandonner toutes nos sources de sécurité, et
spécialement notre soif de pouvoir, de la même façon que ses disciples avaient
tout abandonné pour le suivre.
La grande
caractéristique de l'enfant est son impuissance. L'enfant peut être, à sa façon, aussi
intelligent, aimant, etc. qu'un adulte.
Mais parce qu'il n'a pas encore accumulé de connaissances, de
possessions matérielles et de relations sociales, il est dépourvu de
pouvoir. Dès que nous devenons adultes,
nous voulons exercer pouvoir et contrôle: sur nos propres vies, sur les autres
personnes, sur les choses matérielles, et parfois même sur Dieu. C'est à cela que Jésus nous demande de
renoncer lorsqu'il nous demande d'être comme de petits enfants.
Un exercice
utile de connaissance de soi pourrait être d'examiner les diverses formes sous lesquelles s'exprime, dans les divers
aspects de notre vie, notre soif de pouvoir, et comment nous défendons ce
pouvoir. Contemplons alors notre
Seigneur qui est venu non pas comme un roi puissant sur son trône, mais comme
un prophète humble et sans pouvoir, sur un âne.
Regardons
aussi la petitesse de sa très sainte servante, sa mère, et avec elle, chantons
avec une joie et un espoir renouvelés:
"Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les
humbles". Et puissions-nous, un
jour, chanter tous ensemble durant les siècles des siècles: "Béni soit le Dieu d'Israël, car il a
regardé la petitesse de ses serviteurs."