9 juillet 2004 – Vendredi de la 14ème semaine –
année paire
Osée 14, 2-10 ;
Matthieu 10, 16-23
Monastère de Notre-Dame de Kibungo, Rwanda
Homélie
La
première lecture d’aujourd’hui continue le beau texte d’hier tiré du prophète
Osée, appelant à la conversion. Il nous
appelle à revenir au Seigneur en lui parlant.
La formule est à la fois belle et surprenante : « Prenez avec vous des paroles et
revenez au Seigneur ». Nous nous
demandons parfois s’il est vraiment nécessaire d’utiliser des paroles dans notre
prière, puisque Dieu sait d’avance tout ce que nous allons lui dire. Et pourtant le prophète nous dit «Prenez avec
vous des paroles...». C’est que Dieu
désire nous rencontrer en quelque sorte sur notre terrain, converser avec nous
dans un langage humain. Dans l’Ancien
Testament, nous pouvons dire qu’il s’agit d’anthropomorphisme. Mais dans le Nouveau Testament, Dieu s’est
fait l’un d’entre nous et nous a parlé dans notre propre langage. Le Verbe de Dieu s’est fait parole
humaine. Nous pouvons donc – et nous
devons – lui parler. En réalité, ce
n’est pas Lui qui en a besoin. C’est
nous.
La
dernière phrase de la lecture d’Osée sert de lien avec l’Évangile. Osée y dit : « Oui, les chemins du
SEIGNEUR sont droits, et les justes y marcheront, mais les rebelles y
trébucheront » ; et, dans
l’Évangile, lorsque Jésus envoie ses disciples en mission, Il les prévient que
ce sera un chemin difficile et dangereux. Il leur faudra être prudents comme
des serpents et candides comme des colombes.
Ils ne doivent pas rechercher les dangers ; ils doivent au contraire les éviter. Rechercher le martyre n’a jamais été une
attitude chrétienne. La véritable
attitude chrétienne consiste à être fidèle à la voie de l’Évangile, quel que
soit le danger, étant prêt à en accepter toutes les conséquences, le martyre
s’il le faut.
Notre
époque, comme toutes les époques antérieures est riche en martyre. Nombreux sont ceux qui acceptent de donner
leur vie pour prêcher et défendre les valeurs de l’Évangile. Les circonstances ont changé cependant