8 juillet 2004 – jeudi de la 14ème semaine paire

Osée 11, 1...9 ; Mat 10, 7-15

Messe d’ouverture d’une Visite Régulière

Monastère de N.-D. de Kibungo, Rwanda

 

 

H o m é l i e

 

            Osée est probablement celui des Prophètes d’Israël qui utilise le plus librement le langage de l’amour pour décrire les relations de Dieu avec son Peuple.  Ce que Yahvé dit de son Peuple Israël, dans le beau texte que nous venons d’entendre comme première lecture peut tout aussi bien s’appliquer à chacun de nous comme individu qu’à nous en tant que communauté.  « Quand Israël était jeune, je l’ai aimé ».  Dieu nous a aimés le premier, nous manifestant un amour aussi tendre que celui d’une mère pour son fils, ou d’une nourrice pour son nourrisson. 

 

            La première chose à faire lorsque, individuellement, par exemple au cours d’une retraite, nous nous arrêtons pour faire le point dans notre cheminement spirituel, c’est de nous rappeler cet amour.  De même lorsque, en tant que communauté, nous nous arrêtons pour faire le point, par exemple au cours d’une Visite Régulière, la première chose à faire est de nous souvenir de l’amour de Dieu qui nous a tous appelés et réunis dans une communauté dont il a voulu faire le lieu et le signe de sa présence.  Et notre première réaction doit évidemment en être une d’action de grâce.

 

            En même temps nous devons nous rendre compte que, pas plus qu’Israël, nous ne sommes à la hauteur de cet amour dont nous sommes l’objet. Nous n’avons pas reconnu à quel point Dieu a pris et prend soin de nous.  La reconnaissance à la fois de l’amour de Dieu et de l’insuffisance de notre réponse est le point de départ de tout mouvement de conversion, qu’il soit individuel ou communautaire.  Et c’est à la conversion que nous invite notre engagement monastique.

 

            Nous n’avons pas été envoyés sur les routes pour guérir les malades, ressusciter les morts et chasser les démons, comme le furent les Disciples de Jésus, sur les routes de Palestine.  Et pourtant notre vie a une dimension tout aussi apostolique.  C’est pourquoi nous sommes appelés au même détachement radical : nous n’avons besoin, pour aller à Dieu, ni d’or ni d’argent, ni de sac pour la route.  Nous n’avons surtout besoin d’aucune des certitudes que nous nous créons et auxquelles nous nous accrochons.  Nous serons pour ceux qui nous reçoivent – c’est-à-dire pour nos frères ou nos soeurs avec qui nous vivons, des agents de paix dans la mesure où nous serons véritablement libres de toute attache.

 

            Prions l’Esprit Saint de brûler toutes les attaches à nos fausses sources de sécurité et de combler nos coeurs de son amour, pour que nous puissions nous aimer les uns des autres du même amour dont il nous aime Lui-même.


1 ¶ Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et d’Egypte j’ai appelé mon fils. 3  C’est pourtant moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par les bras, mais ils n’ont pas reconnu que je prenais soin d’eux. 4  Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir.. 8 ¶ Comment te traiterai-je, Ephraïm, te livrerai-je, Israël? Comment te traiterai-je comme Adma, te rendrai-je comme Cevoïm? Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. 9  Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne reviendrai pas détruire Ephraïm; car je suis Dieu et non pas homme; au milieu de toi, je suis saint: je ne viendrai pas avec rage. (Osée 11:1...9 TOB)

 

 

7  En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché. 8  Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. 9  Ne vous procurez ni or, ni argent, ni monnaie à mettre dans vos ceintures, 10  ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni sandales ni bâton, car l’ouvrier a droit à sa nourriture. 11  Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous recevoir et demeurez là jusqu’à votre départ. 12  En entrant dans la maison, saluez-la; 13  si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle n’en est pas digne, que votre paix revienne à vous. 14  Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, en quittant cette maison ou cette ville, secouez la poussière de vos pieds. 15  En vérité, je vous le déclare: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité avec moins de rigueur que cette ville. (Matthieu 10:7-15 TOB)