11 juillet 2003 --
Solennité de saint Benoît
H O M É L I E
Jésus venait de faire
la rencontre du jeune homme riche à qui il avait proposé un choix radical,
que ce dernier ne s'était pas senti capable de faire. Jésus avait alors expliqué à ses disciples combien
il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu; et les disciples
en avaient été impressionnés au point de dire : "Qui donc peut être sauvé
?" et Jésus avait répondu qu'à Dieu "tout est possible".
C'est alors que Pierre pose
sa question: "Et
bien! nous, qui avons tout quitté, qu'en sera-t-il
donc pour nous?" La réponse de Jésus est double. Il promet à ceux qui l'ont suivi qu'ils partageront
son autorité lorsqu'il reviendra à la Parousie pour régner (ce qui est le
sens large de "juger") sur l'ensemble du Peuple d'Israël. Et puis, il élargit sa promesse à "quiconque
aura quitté maisons, frères, etc. à cause de son nom", les assurant qu'ils
recevront énormément plus et qu'ils auront en partage la vie éternelle.
Dans sa réponse à Pierre,
Jésus renverse l'ordre des priorités. Pierre
disait :"nous avons tout quitté et nous t'avons suivi".
Jésus, dans sa réponse, reprend d'abord le deuxième aspect : "vous
qui m'avez suivi"; puis il revient au premier : "quiconque
aura laissé maisons, etc." Il en ressort que ce qui est premier dans
notre vie comme dans celle des disciples et des apôtres, c'est de suivre le Christ. Et c'est afin de le suivre que l'on a quitté
tout le reste afin de ne rien préférer à l'amour du Christ.
Si l'on suit le Christ, c'est
pour arriver avec Lui au but vers lequel il tend et où il veut bien nous conduire.
Ce but c'est son Père, que l'on peut rejoindre dans la connaissance
contemplative.
Déjà quelques siècles avant
le Christ, le Livre des Proverbes traçait les conditions à remplir pour arriver
à cette connaissance. Ces conditions
sont énumérées dans la première lecture de la messe d'aujourd'hui sous forme
conditionnelle: "Mon fils, si tu acceptes mes paroles, si mes préceptes
sont pour toi un trésor...si tu soumets ton coeur à la raison, si su fais
appel à l'intelligence, etc. alors tu comprendras... alors tu trouveras la connaissance de Dieu.
Tout en évitant de nous faire
trop d'illusion sur le caractère absolu de notre propre renoncement, nous
pouvons dire que nous tous ici présents qui avons choisi de vivre selon sa
Règle de saint Benoît, nous avons renoncé à beaucoup de personnes et de choses.
Nous avons surtout renoncé à un bon nombre de rêves dont au moins certains
auraient pu se réaliser. Et déjà s'est réalisée la promesse de Jésus
car nous avons reçu beaucoup plus, dans tous les domaines, que ce à quoi nous
avons renoncé. Mais là n'est pas l'essentiel.
L'essentiel c'est que -- non seulement nous aurons en partage -- mais
déjà nous avons en partage la vie éternelle qui consiste à connaître Dieu.
Attachons-nous à pénétrer
toujours plus profond dans cette connaissance qui est communion et amour; car elle seule donne son sens à notre vie.
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Armand Veilleux