12 août 2003 – Fête du Bienheureux Isidore Bakanja

Jacques 1:2-4; 12; Matthieu 10:28-33

 

 

H O M É L I E

 

 

            Nous célébrons aujourd'hui Isidore Bakanja, un bienheureux du Congo, qui devait à des moines cisterciens venus de l'abbaye de Westmalle, en Belgique, sa foi chrétienne.  Il y a au moins ces deux raisons pour nous de célébrer de façon spéciale le bienheureux Isidore, qui n'est qu'un des nombreux martyrs de l'ère moderne béatifiés par Jean-Paul II. 

 

            Les martyrs ne sont pas en général des personnes qui font des choses extraordinaires, mais simplement des personnes qui ont le courage de continuer à être fidèles aux exigences ordinaires de la vie chrétienne, dans des circonstances qui rendent cette fidélité dangereuse. 

 

            Il est peu probable – quoique pas impossible – que l'un ou l'autre d'entre nous aie un jour à faire face au martyre; mais tous nous sommes appelés à vivre courageusement toutes les exigences de notre vie chrétienne et monastique, quelles que soient les circonstances dans lesquelles nous puissions nous trouver.

 

            Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps dit Jésus.  Cette expression "ne craignez pas", "n'ayez pas peur", revient constamment dans la bouche de Jésus, en particulier dans ses rencontres avec les disciples après la Résurrection. La peur n'est pas chrétienne.  S'il ne faut pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps encore moins devons-nous vivre dans la peur de perdre notre réputation, de perdre notre nom ou notre fonction, ou l'estime de nos frères et de nos sœurs.  Ce sont là évidemment des choses qui ne sont pas sans importance, mais qui sont fort secondaires.  Peu importe les rôles ou les fonctions – ou les services -- que je remplis ou ne remplis pas dans la communauté, ou dans l'Ordre, ou dans l'Église, ou dans la société.  Ce qui compte c'est la droiture de mon cœur devant Dieu et devant mes sœurs ou mes frères.

 

            Où pouvons-nous trouver le courage de cette fidélité quotidienne?  Jésus nous donne la réponse:  dans la foi que nous comptons aux yeux de Dieu, et qu'il se préoccupe de chacun de nous encore plus que des oiseaux du ciel qu'il nourrit et des lys des champs qu'il fait croître. 

 

            Une vie communautaire où nous nous efforçons de vivre dans la fidélité à toutes les exigences évangéliques de charité, de justice, dans le respect de la dignité et des droits de toutes et de tous, ne peut pas ne pas comporter des épreuves.  Les accepter sereinement est le "martyre" qui nous est demandé à chacun de nous (tout comme ne pas les accepter conduit à faire subire aux autres le martyre...). Saint Jacques, dans sa Lettre, nous dit que nous pouvons accepter joyeusement ces épreuves quotidiennes si notre regard est déjà fixé sur la vie éternelle qui nous est promise dans le Christ. 

 

            Puissions-nous tous avoir ce courage du martyre quotidien.

 


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Première lecture

 

Prenez de très bon cœur, mes frères, toutes les épreuves par lesquelles vous passez, sachant que le test auquel votre foi est soumise produit de l’endurance.  Mais que l’endurance soit parfaitement opérante, afin que vous soyez parfaits et accomplis, exempts de tout défaut.  Heureux l’homme qui endure l’épreuve, parce que, une fois testé, il recevra la couronne de la vie, promise à ceux qui L’aiment.

 

 

Deuxième lecture

 

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme; craignez bien plutôt celui qui peut faire périr âme et corps dans la géhenne.  Est-ce que l’on ne vend pas deux moineaux pour un sou? Pourtant, pas un d’entre eux ne tombe à terre indépendamment de votre Père.  Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.  Soyez donc sans crainte: vous valez mieux, vous, que tous les moineaux.  Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux;  mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux.