26 avril 2001, vendredi de la
4ème semaine de Pâques
Actes 13:26-33; Jean 14:1-6
Monastère N.-D. de Kibungo, Ruanda
Thomas est un personnage
vraiment intéressant. Il n'hésite
jamais à intervenir même avec des questions qui n'ont rien de diplomatique. Lorsque Jésus dit aux Apôtres qu'il va leur
préparer une place près de son Père et qu'il reviendra les prendre avec lui,
Thomas objecte: "Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment
saurions-nous le chemin?" Et comme
à chacune de ses interventions, Jésus le prend au sérieux et non seulement lui
donne une réponse, mais lui fait une révélation importante: "Je suis la Voie, la Vérité et la
Vie. Nul ne vient au Père sinon par
moi."
Le christianisme n'est
pas l'unique religion, ni même la seule vraie religion. Vatican II a reconnu dans les grandes
religions de l'humanité des voies de salut pour les personnes cherchant
sincèrement Dieu. Ce qui est propre au
christianisme c'est d'être la foi en Jésus de Nazareth – une foi qui reconnaît
explicitement en Lui le Chemin vers le Père.
Notre foi chrétienne n'est pas simplement une foi générale en Dieu,
créateur de l'Univers; elle est une
relation personnelle et aimante avec Jésus reconnu explicitement comme la Voie
qui mène au Père, comme la Vérité toute entière et comme la source et la
plénitude de la Vie.
Jésus nous a appelés,
chacun de nous par notre nom. Il a avec
chacun de nous une relation particulière.
Dieu nous a tous faits différents les uns des autres et il est le premier
à respecter cette différence. C'est
pourquoi il y a, nous révèle Jésus, de nombreuses demeures dans la maison de
son Père. En réalité il y a autant de
demeures que de personnes appelées au salut;
et tous sont appelés.
Le Fils de Dieu s'est
fait l'un d'entre nous. Il est mort et
il est ressuscité et il est allé nous préparer à chacun d'entre nous une place
auprès de son Père. Comme le dit Paul
aux Juifs dans la synagogue d'Antioche de Pisidie, " la promesse faite à nos pères, Dieu l’a
accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants: il a ressuscité Jésus"
(première lecture). Paul affirme donc
explicitement et clairement que c'est "en notre faveur" que le Père a
ressuscité Jésus. Célébrons donc cette
Eucharistie dans la joie pascale et l'action de grâce.