2 mai 2002 – Mémoire de s. Athanase

Abbaye de La Clarté-Dieu, Murhesa, Rép. Dém. du Congo

 

H O M É L I E

 

La mémoire liturgique de saint Athanase d'Alexandrie est pour nous une occasion de réfléchir sur les origines du monachisme chrétien.

 

Dans la prédication de Jésus, on trouve de nombreux appels à un détachement radical et un engagement radical – par exemple, l'invitation à abandonner père, mère, sœur, frère, y compris soi-même afin de chercher le seul trésor qui vaille ou d'acheter la pierre précieuse.

 

Ceux qui, parmi les premiers Chrétiens désiraient adopter une telle recherche et un tel renoncement comme mode permanent de vie pouvaient trouver dans la culture religieuse de leur temps, et tout spécialement dans le mouvement baptismal auquel appartenait Jean le Baptiste, et dans lequel Jésus lui-même s'inséra par son baptême, une forme d'expression qui correspondait à quelque chose de profondément enraciné dans la nature humaine elle-même.

 

Et c'est ainsi que des tendances ascétiques radicales répandues à l'époque de Jésus, vinrent en contact avec l'Évangile et furent graduellement transformées, durant les premiers siècles de l'Église, à travers un processus que l'on appellerait aujourd'hui "inculturation". La vie monastique, lorsqu'elle trouva sa forme chrétienne clairement définie, au début du 4ème siècle, peut être considérée comme l'une des formes les mieux réussies d'inculturation.

 

S'il fut possible d'orienter ces courants ascétiques parfois assez étranges vers des modes de vie authentiquement chrétienne, nous le devons à des évêques éclairés, tels que Athanase, patriarche d'Alexandrie, qui devint patriarche précisément l'année où saint Pachôme fonda son premier monastère.

 

Dans la Vie d'Antoine, qui n'est pas une biographie au sens moderne du terme, mais un traité sur la vie monastique, Athanase voulait faire deux choses.  Il avait compris que les foules d'ascètes qui fuyaient au désert pouvaient devenir ou bien un mouvement sauvage qui pouvait ébranler l'Église, ou bien une grâce pour l'Église.  Il voulait donc, d'une part, en tant que Pasteur de l'Église d'Égypte, donner une orientation spirituelle aux moines et à tout ce mouvement ascétique, et, d'autre part, convaincre les évêques, qui dans leur ensemble n'étaient pas du tout favorable à ce mouvement, que ce pourrait être un bel exemple de vie chrétienne.

 

Il réussit sur les deux fronts.  Et parce qu'il réussit, le mouvement monastique est demeuré bien vivant dans l'Église.  Il a été transmis à travers les âges, et est parvenu jusqu'à nous comme un appel personnel par de grands intermédiaires tels que Benoît de Nursie ainsi que Robert, Albéric et Étienne.  Nous pouvons dire que c'est à cause d'Athanase que nous sommes ici aujourd'hui, célébrant en tant que communauté monastique.

 

Que cette Eucharistie soit un sacrifice de louange au Seigneur pour la grâce de notre vocation monastique.