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juin 2002 – Solennité des saints Pierre et Paul
Actes
12,1-11; 2 Tim 4, 6...18; Mat 16, 13-19
Homélie pour la
solennité des saints Pierre et Paul
Parmi tous
les disciples qui l’ont suivi sur les routes de Galilée et de Judée, Jésus
s’est choisi un groupe d’Apôtres appelés à être les témoins oculaires de sa
vie et de sa mort, et les témoins – dans la foi – de sa Résurrection. Parmi eux se détachent deux personnes d’une
importance toute particulière : les deux saints que nous célébrons aujourd’hui
et qui furent deux des colonnes principales de l’Église naissante, Pierre
et Paul. Pierre fut choisi par Jésus
dès le début de sa vie publique, et Paul fut appelé après la Résurrection
et l’Ascension.
Pierre n’était
pas un théologien. C’était un croyant
simple et décidé. À partir du moment
où, à Césarée-de-Philippe, il déclara à Jésus « Tu es le Messie, le Fils
du Dieu vivant ! », sa foi ne flancha jamais, même lorsque sa faiblesse
le fit chuter et lui fit dire à la servante : « je ne connais pas
cet homme ». C’est sur cette
foi solide comme un roc que s’établit l’Église primitive. Il est la figure centrale de la première partie
du Livre des Actes.
Paul est
tout différent. Converti du judaïsme,
théologien, mais avant tout croyant, à partir de sa rencontre avec Jésus sur
le chemin de Damas, il fut, malgré une santé parfois fragile et un caractère
qui ne semble pas avoir été facile, un missionnaire infatigable qui transcenda
toutes les frontières. Il est la figure
centrale de la seconde partie du Livre des Actes.
Pierre et
Paul, après s’être confrontés à Jérusalem sur des questions pratiques importantes,
dans un grand respect mutuel, ils finirent tous les deux leur vie à Rome,
par le témoignage suprême du martyre.
L’Église,
communauté des croyants, doit son origine, dans une très grande mesure à ces
deux grands témoins, animés, chacun à sa façon, d’une foi aussi ardente et
d’un amour aussi brûlant de la personne du Christ.
La question
de l’identité est une question fondamentale dans la vie humaine. Elle était importante pour Jésus comme pour
Pierre et Paul, comme est l’est pour chacun de nous. Quant les Scribes et les Pharisiens disent à Jésus : « Si
tu es le Christ, dis-le nous », il ne leur répond pas car ils sait que
leur question ne répond pas à une recherche sincère de la vérité. « Si je vous le dis vous ne me croirez
pas », leur répond-it. À Jean-Baptiste
qui avait envoyé ses disciples lui demander : « Es-tu celui qui
doit venir », il avait répondu de façon mystérieuse : « Allez
dire à Jean ce que vous voyez... ».
Il convient
de bien remarquer le choix des mots dans les deux questions que Jésus pose
à ses Apôtres, dans l’Évangile d’aujourd’hui.
Il s’agit d’une question très directe : « Et vous, que dites-vous ?
Pour vous, qui suis-je ? »
La première question n’est pas : « Que croyez-vous ? »
ou « Croyez-vous en moi ? ».
Non, c’est plutôt « Que dites-vous ? ». Il ne suffit pas d’une adhésion intérieure,
il faut « dire », proclamer sa foi.
Les apôtres – comme des milliers de Chrétiens des premières générations
chrétiennes sont mort non pas pour avoir cru, mais pour avoir « dit »,
pour avoir proclamé ouvertement leur foi. La deuxième question n’est pas simplement « Qui
suis-je ? » ou « Que pensez-vous que je suis ? »
mais bien « Pour vous, qui suis-je ? ».
À chacun
de nous Jésus pose ces deux questions. Notre
foi est-elle simple adhésion de l’esprit à des vérités abstraites ou l’exprimons-nous
à travers notre vie comme à travers des paroles : « Que disons-nous
de Jésus ? ». Mais la deuxième question est sans doute encore plus importante :
« Pour nous qui est Jésus ? » ; c’est-à-dire, que
représente-t-il dans notre vie de tous les jours.
À Simon,
qui proclame sa foi : « Tu es le Christ », Jésus répond en
affirmant l’identité de Simon : « Tu es pierre » et dans cette
identité est comprise sa mission. À
nous aussi, si nous proclamons notre foi, Jésus répond en nous donnant un
nom et une mission. Écoutons-le.