29 juin 2002 – Solennité des saints Pierre et Paul

Actes 12,1-11; 2 Tim 4, 6...18; Mat 16, 13-19

 

 

Homélie pour la solennité des saints Pierre et Paul

 

Parmi tous les disciples qui l’ont suivi sur les routes de Galilée et de Judée, Jésus s’est choisi un groupe d’Apôtres appelés à être les témoins oculaires de sa vie et de sa mort, et les témoins – dans la foi – de sa Résurrection.  Parmi eux se détachent deux personnes d’une importance toute particulière : les deux saints que nous célébrons aujourd’hui et qui furent deux des colonnes principales de l’Église naissante, Pierre et Paul.  Pierre fut choisi par Jésus dès le début de sa vie publique, et Paul fut appelé après la Résurrection et l’Ascension.

 

Pierre n’était pas un théologien.  C’était un croyant simple et décidé.  À partir du moment où, à Césarée-de-Philippe, il déclara à Jésus « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! », sa foi ne flancha jamais, même lorsque sa faiblesse le fit chuter et lui fit dire à la servante : « je ne connais pas cet homme ».  C’est sur cette foi solide comme un roc que s’établit l’Église primitive.  Il est la figure centrale de la première partie du Livre des Actes.

 

Paul est tout différent.  Converti du judaïsme, théologien, mais avant tout croyant, à partir de sa rencontre avec Jésus sur le chemin de Damas, il fut, malgré une santé parfois fragile et un caractère qui ne semble pas avoir été facile, un missionnaire infatigable qui transcenda toutes les frontières.  Il est la figure centrale de la seconde partie du Livre des Actes.

 

Pierre et Paul, après s’être confrontés à Jérusalem sur des questions pratiques importantes, dans un grand respect mutuel, ils finirent tous les deux leur vie à Rome, par le témoignage suprême du martyre.

 

L’Église, communauté des croyants, doit son origine, dans une très grande mesure à ces deux grands témoins, animés, chacun à sa façon, d’une foi aussi ardente et d’un amour aussi brûlant de la personne du Christ.

 

La question de l’identité est une question fondamentale dans la vie humaine.  Elle était importante pour Jésus comme pour Pierre et Paul, comme est l’est pour chacun de nous.  Quant les Scribes et les Pharisiens disent à Jésus : « Si tu es le Christ, dis-le nous », il ne leur répond pas car ils sait que leur question ne répond pas à une recherche sincère de la vérité.  « Si je vous le dis vous ne me croirez pas », leur répond-it.  À Jean-Baptiste qui avait envoyé ses disciples lui demander : « Es-tu celui qui doit venir », il avait répondu de façon mystérieuse : « Allez dire à Jean ce que vous voyez... ».

 

Il convient de bien remarquer le choix des mots dans les deux questions que Jésus pose à ses Apôtres, dans l’Évangile d’aujourd’hui.  Il s’agit d’une question très directe : « Et vous, que dites-vous ?  Pour vous, qui suis-je ? »  La première question n’est pas : « Que croyez-vous ? » ou « Croyez-vous en moi ? ».  Non, c’est plutôt « Que dites-vous ? ».  Il ne suffit pas d’une adhésion intérieure, il faut « dire », proclamer sa foi.  Les apôtres – comme des milliers de Chrétiens des premières générations chrétiennes sont mort non pas pour avoir cru, mais pour avoir « dit », pour avoir proclamé ouvertement leur foi.  La deuxième question n’est pas simplement « Qui suis-je ? » ou « Que pensez-vous que je suis ? » mais bien « Pour vous, qui suis-je ? ».

 

À chacun de nous Jésus pose ces deux questions.  Notre foi est-elle simple adhésion de l’esprit à des vérités abstraites ou l’exprimons-nous à travers notre vie comme à travers des paroles : « Que disons-nous de Jésus ? ».  Mais la deuxième question est sans doute encore plus importante : « Pour nous qui est Jésus ? » ; c’est-à-dire, que représente-t-il dans notre vie de tous les jours. 

 

À Simon, qui proclame sa foi : « Tu es le Christ », Jésus répond en affirmant l’identité de Simon : « Tu es pierre » et dans cette identité est comprise sa mission.  À nous aussi, si nous proclamons notre foi, Jésus répond en nous donnant un nom et une mission.  Écoutons-le.