RESUME HISTORIQUE SUR L'ENTITE DE JURBISE

ce document est mis à notre disposition par Monsieur Victor FIEVEZ , que nous tenons à remercier de nous avoir confié ses notes personnelles.

I. APERCU GEOGRAPHIQUE

A. L'entité jurbisienne est située sur le PLATEAU DES SOURCES DE LA DENDRE ( bas plateau de la Dendre supérieure ) formé d'un calcaire carbonifère exploitable uniquement pour la préparation de la chaux ( ancien four à chaux de Jurbise à la route d'Ath ) .

B. Le versant nord de la grande vallée de la Haine, le bord septentrional de son synclinal situé dans la couche géologique sous-jacente ( profond sillon d ' est en ouest, générateur de craies blanches ) limitent le sud de l'entité :

1) les Hauts Aimonts dans les bois de Ghlin et de Baudour
2) la dénivellation vers Ghlin, près de l'ancien château Vanderton, à la rue de Ghlin
3) même dénivellation au-dessus de la rue de la Verrerie, près de la villa " La Genestrière "
4) la côte de Jurbise, le long de la route d'Ath
5) le "Roc" à la chaussée Brunehault ( Hôtel Amigo )
6) le Niessgrad à la limite des deux Masnuy
7) la côte de Casteau sur la chaussée de Bruxelles

C. La forêt de BROCQUEROIE, reliquat dans notre région de la Foret Charbonnière s'étendait entre autres sur Erbisoeul, Jurbise, Masnuy-Saint-Jean, Masnuy-Saint-Pierre ( cfr plus loin Bruyère de Brocqueroie ). Cet aspect du terrain influencera le devenir politique.

II. CHRONOLOGIE SIMPLIFIEE DE L'OCCUPATION DU TERRITOIRE JURBISIEN

A. PERIODE PREHISTORIQUE - PEUPLADES CELTIQUES du VIème au Ier siècle avant J C

Site du Rissori à Masnuy-Saint-Jean.
Site du Bronze ancien ( néolithique ) aux Garennes à Herchies.

B. PEUPLADES BELGES, venues probablement vers 300 avant JC d'au-delà du RHIN ( ANTIQUE CITE DES NERVIENS, civitas ou pagus nerviorium primitif )

C. DOMINATION ROMAINE

1) PROVINCIA BELGICA SECUNDA ( capitale REIMS ) devenue également plus tard métropole ecclésiastique

2) Cette province fut divisée en 12 Cités ainsi qu'en 12 diocèses ecclésiastiques : chez nous, la cité ou Civitas Cameracensis devenue le DIOCESE DE CAMBRAI ( unité administrative et diocèse religieux ) était exactement le territoire occupé anciennement par la tribu des Nerviens

3) à l'est de notre entité, il existe un grand chemin dit Grand Chemin d'Enghien ou CHAUSSEE BRUNEHAULT. Il s'agit de la route romaine de BAVAY-ASSE-UTRECHT passant par les deux Masnuy. Cette chaussée fut améliorée par les Romains sur l'emplacement d'une ancienne voie gauloise ou celtique.

Au départ de celle-ci, deux Diverticuli probables orientés d'est en ouest gagnent nos villages :

a) le chemin des Charbonniers par Masnuy-Saint-Jean, Jurbise ( rue A. Criquelion ), Erbisoeul ( rue des Chauffours, rue du Moulin ) vers Herchies ( Ronde Maison ) ou vers Ghlin

b) la rue de Soignies par Masnuy-Saint-Pierre, Masnuy-Saint-Jean (rue des Romains selon la tradition orale), rue du Moustier, rue du Caplot vers Erbaut (tumulus ou motte féodale) et vers Herchies -Village (motte féodale)

. A noter :

deux autres Diverticuli orientés nord-sud :

* le Vieux Chemin à Jurbise
* le vieux chemin de Mons à Herchies.

D. A L'EPOQUE FRANQUE ( 486-781 ), le Diocèse administratif de Cambrai fut divisé en plusieurs PAGI : le relief de notre entité, les obstacles naturels ( la géographie rejoint ici l'histoire ), ont fait qu'elle se situa à la frontière méridionale du PAGUS BRACBANTESIS ou Pays de Brabant, origine aussi de l' ARCHIDIACONAT DE BRABANT et à la frontière septentrionale du PAGIS HAINOENSIS ou pays de la Haine. Deux tombes probablement d'origine mérovingienne ont été repérées à la rue du Monceau à Jurbise.

E. A L'EPOQUE CAROLINGIENNE ( 781-987 ), les Comtes et les Ducs obtinrent l'autorité sur ces circonscriptions ( devenues des principautés féodales héréditaires avec le seul lien féodal ) : chez nous, dès 870, le COMTE DE CHIEVRES possède une des 4 subdivisions d'abord du Comté puis du Duché de BRABANT , à cette époque, formation des Doyennés de Saint Brice et de Chièvres dont dépendent nos paroisses.

F. De 1015 à 1057, de part notre situation dans le Comté de Chièvres, nous sommes devenus une TERRE DE DEBAT ENTRE LE COMTE DE HAINAUT ET LE COMTE DE FLANDRES

1) En 843, par le Traité de Verdun, la région située entre l'Escaut et le Rhin est attribuée à l'Empereur LOTHAIRE dont le fils LOTHAIRE II crée la LOTHARINGIE

2) En 925, la LOTHARINGIE est rattachée au royaume de Germanie par Henri l'Oiseleur et devient TERRE d'EMPIRE

3) Au Xème siècle, Otton Ier, Empereur d'Allemagne érigea le Comté de Biest ( région d'Alost ) et le Comté de Chièvres en MARCHE dite d'EENAME ; il confia le gouvernement de cette région frontière de l'Allemagne vers la France et la Flandre, sa puissante et principale vassale, au COMTE GODEFROID DE VERDUN.

L'ambition du Comte de Flandres au XIème siècle était de se rendre maître des deux rives de l'Escaut c'est-à-dire d'un territoire de l'Empereur d'Allemagne. La politique expansionniste du Comte de Hainaut n'était pas moins importante : agrandissement aux dépens du Pagus de Lomme ( Beaumont, Chimay, Couvin ), annexion de Hal, Soignies et Braine-le-Comte, tantôt de l ' ancien Comté brabançon de Chièvres, sujet de nos explications. A trois reprises différentes, le Comte BAUDOUIN DE FLANDRES franchit l'Escaut :

a) en 1033, il s'empare du château d'Eename (et le détruit) et de l'ancien Comté de Hainaut ; en 1034, il possède alors sur la rive droite de l'Escaut au moins l'ancien décanat de Saint Brice, peut-être aussi celui de Chièvres

b) en 1046, poussé par Godefroid le Barbu, Duc de Basse-Lotharingie, il se jette sur le Hainaut suite à l'avènement du Comte Hermann et de son épouse Richilde au Comté de Valenciennes ( le Comte de Valenciennes serait mort sans lignée et recueillement de sa succession par droit de parenté)

c) vers 1051, Richilde devenue veuve du Comte Hermann de Saxe, il envahit de nouveau le Hainaut, s'empare de Mons et donne pour époux à Richilde, en 1053-1054, son fils Baudouin, devenu BAUDOUIN DE MONS.

Pourquoi cette attaque en 1033 ?

Godefroid de Verdun, ou le Captif, possédait fin du Xème siècle le Brabant proprement dit, partie de l'ancien Pagus Bracbantius, c'est-à-dire les Décanats de Chièvres, de Saint Brice de Tournai, de Hal, de Grammont, de Pamele et d'Alost. Sa petite fille, vers 1015, épouse Regnier V, de la maison de Hainaut et amène en dot le Brabant proprement dit . Elle recevra le château et le Comté d'Eenham en 1033-34 quand son père se fait moine à Verdun. En 1047, les Comtes de Flandres et de Hainaut transigèrent sur leurs prétentions respectives vis-à-vis de Valenciennes et des territoires situés sur la rive droite de l'Escaut. Le Comte de Flandres renonce à ses droits sur Valenciennes qui lui étaient inféodés‚ et sur la partie romane du Brabant, la partie Sud de la Marche en sa possession, c'est-à-dire les DECANATS DE SAINT BRICE ET DE CHIEVRES ; en compensation, il reçoit la partie flamande du Brabant, la partie septentrionale de la Marche, c'est-à-dire Eenham ( ou Eename ), Grammont, Pamele (ancien Comté de Biest, futur Comté d'Alost). Malgré sa paix de 1049 avec l'Empereur, il envahit à nouveau le Hainaut. La guerre recommence et ce n'est qu'en 1057, avec l'application définitive du traité de 1047 que l' ANCIEN COMTE DE CHIEVRES est rattaché au HAINAUT.

G. DESTIN COMMUN avec le COMTE DE HAINAUT

1) sous Richilde, la seigneurie de Lens devient l'une des 12 pairies du Comté de Hainaut

2) depuis la moitié du XIème siècle, le Seigneur de Lens possède la Seigneurie de Lens et dans notre entité, la Seigneurie d'Herchies avec son donjon et son futur château, la Seigneurie de la Grande Mairie de Jurbise qui s'étend sur la majeure partie du territoire de Jurbise, de Masnuy-Saint-Jean et de Masnuy-Saint-Pierre. La Seigneurie de Lens passe successivement de la famille de Lens aux familles de Resseghem, Gavre, Rolin, Berlaimont, d'Egmond et d'Egmond Pignatelli.

a) à Erbaut, les fiefs de MOLRY appartiennent aux Sires de Lens

b) à Herchies, il possède dès 1178 trente fiefs : Barberie, le Sart Danneau, Wiart, Malbreau, le plus important le fief de Grez ( 70 bonniers de terres et de bois * voir note bas de page), le fief de la Motte ( début 18ème S ), le Colroit, fief Molry et la Barre; sont aussi sa propriété, la cense de Jupleux ou Jipleux, la cense du Colroy, l'étang du Moulineau ( Planche qui Bout ), le grand moulin à vent pour farine et enfin le CHATEAU : motte circulaire antéromaine, donjon avec différents bâtiments des XIV et XVème siècles, et enfin vers 1560-1600 un castel à la mode italienne construit par le comte Charles de Berlaimont ( reproduction dans album de Croy ) et brûlé en septembre 1655 par les Français lors du siège de Saint-Ghislain ( Fonds Perrot ). Les biens fonciers sont donc aux mains des Sires de Lens et d'Herchies et de quelques institutions ecclésiastiques (abbaye d'Epinlieu, les Chartreux d'Hérinnes, les Carmes de Brugelette et les Trinitaires de Lens)

c) à Jurbise, il s'agit de 13 fiefs : la cense ou seigneurie de Raduelz, le fief de Bourdeau, la Maison de Rosières, etc

d) à Masnuy-Saint-Jean, neuf fiefs dont la seigneurie de la Motte (famille Moreau et de Masnuy) ; y existent aussi les seigneuries de l'abbaye de Saint Denis en Broqueroie et du Chapitre de Soignies

e) à.Masnuy-Saint-Pierre, six fiefs dont la seigneurie de Beaufort, Arondel et la Melte de Ghlin ; aussi seigneuries de l'abbaye Saint Pierre d'Hasnon, de Rumigny et de Masnuy-Saint-Pierre

3) malgré la tendance expansionniste du Seigneur de Lens, trois domaines sont restés, dans notre entité, aux mains des mêmes propriétaires jusqu'à la Révolution Française :

a) à ERBISOEUL, il s'agit du domaine de l'abbaye des Dames Nobles Bénédictines de Ghislenghien : Eve de Chièvres, dite " Damisou " donne la moitié d'Erbisoeul pour le repos de l'âme de son second mari Rasse de Gavre ( donation déjà confirmée en 1132 par une charte de Liétard, Evêque de Cambrai ). Il s'agit d'une cense d'environ 118 bonniers de terre, 13 bonniers de prés, patûres, bruyères, aulnois et de sept étangs. L'abbaye y possède un moulin à vent et a sa propre juridiction de maïeur et d'échevins. Lors de la vente des Biens nationaux, ce sera l'origine de la Brasserie Distillerie GANTOIS et plus tard de la malterie.

b) à JURBISE, il s'agit de la CENSE de la CANESIE, propriété de 18 bonniers, appartenant au Chapitre Métropolitain de Cambrai jusqu'à la vente des Biens Nationaux et cela malgré les nombreux démêlés avec le Seigneur de Lens ( procès au sujet des justices à Jurbise allant de Décembre 1732 à Décembre 1734 faisant suite à la sentence de Novembre 1266 sur le même sujet ). Le Chapitre possédait ses propres maïeur et échevins ainsi qu'un scel échevinal. La Cense de Canesie devint ensuite la Ferme du Procureur ( possession du Procureur du Roi JONNART) et enfin la Cense RAFIN (pour Séraphin TURU)

c) sur ERBISOEUL, JURBISE , et MASNUY-SAINT-JEAN , les BRUYERES d'HASNON, dénommées aussi Bruyères de Brocqueroy ou Bruyères des Onze Villes. Bruyères d'Hasnon ou de Brocqueroie, c'est la moitié de la superficie de la Forêt de Brocqueroi ( partie de la Forêt Charbonnière après les défrichements du Moyen âge ), dévolue à l'abbaye d'Hasnon, après la charte de 1181 mais surtout après l'acte de partage de 1194 conclu entre l'Abbaye d'Hasnon, le Comte de Flandres et de Hainaut et le Sire de Rumigny et ses associés ; elle couvrait dans notre entité une partie du territoire d'Erbisoeul ( couture de l'Epaisse Haye et du Quesnoy, une partie de Jurbise (Bruyères des 11 Villes, les Bruyères et le Hameau du Vivier Roland), une partie du territoire de Masnuy-Saint-Jean ( la Bruyère Dincq, la Bruyère Saint-Pierre, les Bois d'Hasnon et de Mons, les Bruyères d'Erbaut et de Jurbise - devenue territoire montois).

Les Bruyères d'Hasnon prirent le nom de Bruyère des Onze Villes suite à la charte octroyée en 1246 par Marguerite de Constantinople, Comtesse de Flandres et de Hainaut, à douze villages . Il s'agit de Masnuy-Saint-Jean, Masnuy-Saint-Pierre, Jurbise, Erbaut, Erbisoeul, Herchies, Casteau, Lens, Montignies-lez-Lens, Nimy, Maisières et Saisinne pour Thieusies qui obtinrent droit de pacage, droit de pâturage et autres droits coutumiers. Différents projets de mise en culture et ici aussi nombreux procès entre les 11 villages et l'abbaye jusqu'à la Révolution Française. Grâce au Code Napoléon, les villages en devinrent propriétaires par un partage définitif en 1840 et s'empressèrent de vendre leur part respective.

4. TENDANCE EXPANSIONNISTE DU SEIGNEUR DE LENS

a) après avoir acquis les villes, terres et seigneuries de Lens et d'Herchies en 1444, Nicolas ROLIN augmenta son nouveau domaine en 1460 par le FIEF D'ERBAUT (village où se trouvait une Pierre Druidique qui aurait servi au culte des Celtes)

b) le 12 novembre 1473, acquisition par le Seigneur de Lens du MOULIN A EAU DE JURBISE

c) en 1478, la SEIGNEURIE D'AUBECHIES, avec échevinage propre, située surtout sur Jurbise mais aussi sur Masnuy-Saint-Jean et Lens, est vendue en même temps que le fief de Rumigny, par Michel de la Hamaide à Antoine ROLIN. Seigneur d'Aymerie et de Lens ( 1/3 des revenus car seigneurie indivise entre le Seigneur de Lens, l'abbaye de Cambron, la Grande Aumone de Mons et les Bénéficiaires des Chapelles Notre-Dame et Saint-Nicolas à Jurbise

d) en 1478, également le FIEF DE RUMIGNIES ou DE RUMIGNY, sous la juridiction des Echevins de la Grande Mairie est vendu par le même Michel de la Hamaide au même Antoine ROLIN. Il sera éclissé de la seigneurie au début du XVIIIème siècle. Ses origines : de la Famille de Rumigny passe par héritage à la Famille de Fagnolles et par mariage à la Famille d'Enghien, en 1410 , propriété de Jacques d'Enghien sire de Fagnolles; en 1431, en possession de Corneille de Gavre qui le vendit à Michel de la Hamaide. Terre directement tenue des Comtes de Hainaut, ce fief était situé sur Jurbise, Lens, Masnuy-Saint-Jean et Masnuy-Saint- Pierre.

5. SUITE DE LA CHRONOLOGIE

a) ANDRE DE JURBISE, chevalier et diplomate, participa à la 4ème croisade de Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut, devenu plus tard l'Empereur Baudouin de Constantinople. André pénétra un des premiers sur les murs de Constantinople et périt début 1206 dans une embuscade des Bulgares

b) de la Féodalité à la période bourguignonne et à la période espagnole (environ 1494-1714), nous arrivons aux guerres de Louis XIV (1667-1715) et notre région comme toute la Belgique devient aux XVII-XVIII siècles le champ de bataille de l'Europe le château d'Herchies a été brûlé‚ en septembre 1655 par les Français lors du siège de Saint-Ghislain ; le 13 mai 1674, l'armée du Grand Condé vient occuper le camp de Lens, la droite s'appuie sur Jurbise, la gauche entre Montignies et Masnuy-Saint-Pierre le 26 mai 1706, les Français du Duc de Vendome en déroute après la bataille de Rumillies ( Tirlemont ) campaient à Saint-Denis et à Chièvres et s'étendaient sur 3 lignes de Jurbise à Ath.

c) Pays-Bas autrichiens de 1714 à 1795 avec la création de la Chaussée d'Ath à Mons (voir plus loin).

d) Régime français (1795-1814) ; nous faisons partie du 86ème département , celui de Jemappe. Suite au concordat de 1802, les paroisses de l'entité passent du Diocèse de Cambrai au DIOCESE DE TOURNAI et au DOYENNE DE LENS.

e) Régime hollandais enfin.

f) Notre indépendance en 1830 et création du chemin de fer à partir de 1841 (voir plus loin).

En 1914, la première guerre mondiale de triste mémoire :

1) occupation de la Ferme Jonnart et de l'usine de Masnuy-Saint-Pierre par une Compagnie de Landsturm de Hambourg, chargée de la surveillance du chemin de fer dès les premiers jours de l'occupation

2) le 29 août 1914, sept habitants de Jurbise (presque tous de la rue des Martyrs) sont exécutés à la baïonnette et au revolver par les Allemands suite à l'explosion intempestive d'un pétard de signalisation du chemin de fer au devant d'un train de troupes blindé.

3) le 25 septembre 1914, épopée des 110 volontaires cyclistes à Masnuy-Saint-Pierre : venus d'Anvers pour saboter le chemin de fer, après avoir réussi sur la ligne Bruxelles-Ath, une quinzaine d'hommes dont le Sous-Lieutenant Artan de Saint-Martin, y perdirent la vie dans un combat inégal avec les troupes allemandes : ils sont ensevelis au cimetière de Masnuy-Saint-Pierre (Croix du Sacrifice)

4) création d ' une Feldkommandatur à Jurbise avec 7 Feldgendarmes à Jurbise et 2 à Herchies.

Jurbise devient une ville d'étape et 1500 hommes de troupe amenés par chemin de fer y viennent au repos venant du front.

Création aussi d'un Bureau du Travail à Jurbise et dans d'autres communes ce qui amena le 7 novembre 1916, la déportation par chemin de fer vers SOLTAU (Allemagne) de plus de 400 de nos compatriotes

5) le 6 novembre 1918, chute d'un biplan anglais et mort du pilote, venu attaquer le champ d'aviation allemand de campagne situé sur la Grande Couture

6) combat de la libération les 9 et 10 novembre 1918 à Herchies où périrent 8 militaires écossais, enterrés ensuite solennellement au cimetière d'Herchies

En 1940 :

1) Premiers jours de la guerre, chute d'un bombardier allemand au Grand Chemin à Masnuy-Saint-Jean. Bombes incendiaires le long du chemin de fer à Jurbise
2) Les Jeunesses hitlériennes occupent le village (les deux salons) et déchargent des munitions à la gare
3) Séjour de bataillons antitanks (4/7) à Erbisoeul (Malterie) et à Jurbise durant l'hiver 1940 à 1941
4) Installation toute la guerre des artilleurs antiaériens du champ d'aviation allemand de Chièvres au château Meurein
5) En 1943, bombardement de la gare de Jurbise par un avion anglais ou canadien isolé : 3 maisons détruites
6) Le seize juin 1944 vers 9 h, chute d'un V1 au Hameau du Vivier Roland ; après la libération de septembre 44, le douze novembre un V1 tombera à la rue Claus qui provoqua quelques dégâts à la ferme de Mr Delmotte .et un autre aux Hauts Aimonts (cette dernière n'a pu ête confirmée). Les deux autres chutes ont été consignées par une religieuse habitant à l'époque à proximité du Châteu .
7) 6 septembre 1944, essai de résistance des Allemands au Bois de la Bouclotte à Jurbise-Erbisoeul, résistance rapidement jugulée par des chars américains (voir çi-dessous la stèle commémorative)
8) Enfin, installation du camp de prisonniers allemands (POW no26) dans le bois de Ghlin en direction du chäteau Vanderton

III. HISTOIRE ECONOMIQUE

A. La construction de la chaussée de Mons à Ath en 1736 par l'Impératrice Marie-Thérèse durant la Période Autrichienne le fut dans un but économique ( transport des charbons du Borinage vers Ath où ils étaient embarqués ). Les habitants de la région furent obligés d'y collaborer gratuitement de leurs bras et de leurs chariots et malgré cela furent soumis au droit de barrière (sur Jurbise, perception à l'ancien café de la Barrière actuellement El Greco).

B. Deuxième réalisation économique dans l'entité jurbisienne : le CHEMIN DE FER

Sans doute, il exista une ligne de chemin de fer vicinal de Lens à Baudour (voyageurs et marchandises), située sur le territoire d'Herchies, l'inauguration du tram eut lieu le 28 janvier 1901, la ligne fut démontée et cessa toute activité après la seconde guerre mondiale. La ligne du Midi ou Dorsale Bruxelles-Mons-Quiévrain fut et resta toujours une ligne de chemin de fer de l'ETAT , mise en service de Bruxelles-Midi à Tubize le 16 ou 18/5/1840, de Tubize à Jurbise le 31/10/1841, de Jurbise à Mons le 19/12/1841 ( inauguration des sections de Tubize à Mons et de la Station de Mons par le Roi et la Reine), enfin Mons-Quiévrain le 7/8/1842. Le 11/11/1848 est inauguré le chemin de fer de Tournai à Jurbise financé par des Anglais et qui de Jurbise gagnait Tournai par Lens-Maffle-Ath. La section Jurbise-Maffle était déjà terminée le 29/09/1847 mais énormes retards au passage de la place fortifiée d'Ath. L'Etat racheta définitivement cette ligne en 1922. Le 13/03/1878 : création de la courbe à Jurbise. Le chemin de fer de Saint-Ghislain à Erbisoeul dit aussi de Saint-Ghislain à Jurbise fut fondé le 1/3/1876 et repris par l'Etat le 16/09/1879 après seulement quelques mois d'exploitation.

C. Le chemin de fer amena la création de plusieurs usines :

1) à Masnuy-Saint-Pierre, une verrerie, une sucrerie, des entrepôts de grains et surtout une usine ( toujours en activité ) de PRODUITS REFRACTAIRES : (Walref)

2) à Erbisoeul, c'est la Brasserrie Distillerie et Malterie GANTOIS, puis Brasserie CERESIA, transformée en ce moment en dépôt de grains

3) à Jurbise, enfin, c'est la construction en 1876 de l'usine de carreaux de laitier par la Société UTZSCHNEIDER-JAUNEL et Cie ( Sarreguemine en 1861 - Wasserbilig en 1876). Devenue CERABATI en 1922, elle s'orienta vers les carreaux de grès cérames aux nombreux formats et en uni, porphyré, dessiné, etc.. , entre 1933 et 1955 sous l'impulsion de son directeur Mr Gsell. Elle a cessé toute activité il y a quelques années.

Auteur : Mr Victor FIEVEZ , 35 rue de Ghlin à B7050 Jurbise

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Le bonnier valait 3 journels ou 1ha 26a et le journel 144 verges ou 42a le verge était de 18 pieds ou 29ca 31.

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