| Planète BD - juillet 2009 :
Les Editions Daniel Maghen ont une solide formation de chercheur d’or : ils réussissent, quelques mois après Canoë Bay, à ajouter une nouvelle pépite à leur catalogue. Cette fois, le joyau prend les contours de l’orient via une intrigue aux tons chauds et dépaysants, qui nous rappellent les heures jouissives passées à voyager sur les tapis des Mille et une Nuits. Pourtant, loin de fournir une pâle resucée du célèbre recueil oriental, Christian Simon et Fuat Erkol s’approprient parfaitement cet univers pour un scénario qui décolle impeccablement : le propos est crédible, les personnages attachants, l’intrigue accrocheuse, sans avoir besoin de jouer l’épate à tout prix. Avec ce récit qui met finalement le doigt sur la difficulté de faire des choix et les conséquences de ceux-ci, on est très proche de la dramaturgie shakespearienne et on s’impatiente déjà des remous probables à venir. Allié à l’excellente mise en couleur de Guy Raives, le trait d’Ana Luiza Koelher, une artiste brésilienne qui signe ici sa première BD, participe amplement à la réussite du projet. Le graphisme nimbe d’une incroyable sensualité le propos, inspiré par les illustrations des années 40-50 et enrichi par un dynamisme étonnant, un soin unique à détailler décors, architectures ou vêtements. On est donc agréablement transporté dans la magie de cet orient incontestablement riche et fascinant. Un univers qui devrait, d’ailleurs, plus régulièrement donner envie aux créateurs de notre 9e art chéri. (Jean-Bernard Vanier - 07/2009)
Bédéthèque - 04 juillet 2009 :
Décidément l'éditeur Daniel Maghen nous offre toujours de très belles productions, avec Awrah il ne déroge pas à la règle. On remonte dans le temps pour se retrouver dans l'Iraq d'il y a 12 siècles, malheureusement les décors sont limités à quelques habitations et à quelques rues dans ce premier tome. Cela dit les intérieurs des maisons sont sublimes, ce qui compense tout de même le manque de vues extérieures. Les couleurs directes sont très belles et les personnages expressifs.
Les scènes où Nadia se retrouve nue sont à mon goût de trop, car elle apporte un petit côté racoleur dans cet univers des mille et une nuits qui pouvait aisément s'en passer. Ca m'a un peu gâché mon plaisir visuel.
Le scénario lui n'est pas très surprenant et surtout très prévisible. Le gamin qui se fait adopter et qui de ce fait s'attire la jalousie des enfants naturels est un sujet assez courant. Ajouté à cela une belle femme, Nadia, qui fait irruption au sein de cette famille un peu déstabilisée et qui va bousculer leur vie, ici non plus rien de très novateur.
Le point fort serait plutôt sur la fin, car si jusque là il n'y a aucune surprise, on ne sait pas du tout vers quoi va se diriger l'histoire, elle peut prendre plusieurs directions, elle s'arrête juste au moment propice pour installer enfin un peu de suspense.
Espérons que le scénario prendra vraiment un tournant vers l'aventure et que l'on pourra profiter des magnifiques vues de l'Iraq d'un autre temps. D'ailleurs, concernant le classement de la série je l'ai mise dans le genre aventure car elle est difficilement classable, n'appartenant pas pour l'instant à un genre bien défini.
Une note très généreuse de ma part pour ce premier opus, qui sera à confirmer ou non en fonction de la suite. (Miranda - 04/07/2009)
Bédéthèque - 08 juillet 2009 :
D'entrée la couverture m'a plu. J'avais une crainte toutefois, c'était de me retrouver dans un ersatz de Djinn, la série de Dufaux et Miralles.
Et en fait non, même s'il y a des points communs, notamment le cadre oriental, cette fois-ci le pays des Mille et une nuits. Le cadre d'ailleurs, on y croit assez vite, grâce au talent d'Ana Luiz Koehler, à ma connaissance une nouvelle venue. Son trait est toutefois d'influence classique, plus classique que celui de Miralles (désolé pour la dessinatrice, la comparaison me semble inévitable) ; j'ai un peu eu l'impression de lire une BD dessinée dans les années 1950 les époux Funcken. Cette impression est renforcée par un traitement des couleurs, signé Guy Raives, à mon goût un peu trop discret, trop frileux, alors que la série aurait peut-être besoin d'un peu plus de couleurs éclatantes. Cela écrase un peu le trait de Koehler, je trouve.
Quant à l'histoire, il semblerait que ce premier tome ne soit qu'un tome d'exposition, et pourtant il se passe pas mal de choses ; les pions sont placés, on sait qui fait quoi, et la fin du premier tome arrive sur un cliffhanger qui même s'il est un chouïa discret, titille le lecteur que je suis. Je lirai donc la suite.
Un petit 3,5/5, en attendant la suite. (Spooky - 08/07/2009)
Un monde de bulles - 08 juillet 2009 :
Nous sommes en l’an 800, Tahar, un jeune orphelin qui cherche à survivre, exerce la profession de voleur dans la ville de Bassorah. Tahar connaît par cœur les recoins et les ruelles de Bassorah, il va pourtant se faire arrêter, et c’est au moment où il va être puni que son destin bascule : Maître Nassim el Abar, l’homme fort et respecté de la ville lui offre sa protection et va l’élever comme son fils. La belle histoire s’arrête ici, Mounir le vrai fils de Nassim el Abar ne supporte pas l’intérêt que porte son père à Tahar, il va lui faire subir de nombreuses épreuves. Awrah la rose des sables aux éditions Daniel Maghen est une invitation au récit antique, à la tragédie sous le ciel flamboyant de Bagdad la fabuleuse. D’amours impossibles en vengeance sanglante, les personnages crées par Fuat Erkol et Christian Simon vont peu à peu se perdre et entraîner leur perte, pourront-ils se relever ? Le dessin est signée d’une dessinatrice brésilienne, Ana Koehler défini avec sensualité et grâce les contours d’un univers qui tient de la féérie orientale et du destin tragique. Un album parfait pour s’évader sur la plage ou ailleurs !
Bdblogsudouest - 08 juillet 2009 :
Après « Djinn » l’enchanteur, une autre Ana (que Mirallès) met ses crayons au service des charmes orientaux, ici aux environs de Bagdad au début du neuvième siècle. Et la Brésilienne Ana Koelher sait aussi y faire, bien que les couleurs aient été confiées à Guy Raives : une confiance bien placée. Au jeu des comparaisons, on retrouvera également une certaine sensualité, bien que celle-ci soit plutôt réprimée, ce qui n’empêche pas d’admirer de jolies courbes.
Bref, Simon et Erkol ont imaginé une tragédie digne de la Grèce classique dans un cadre qui fait songer aux 1001 Nuits. Un jeune voleur, Tahar, trébuche un jour sur un bâton tendu par un inconnu. Rattrapé par ses victimes, il échappe de peu au cimeterre grâce à l’intervention du maître Nassim el Abar, un riche et brave homme qui le prend sous son aile. Une attitude très mal vue par les deux fils de cet inopiné protecteur. Une jalousie qui vire peu à peu à la haine, et lorsque le maître s’éprend d’une nomade qui lui rappelle son épouse disparue, et que Tahar s’amourache également de la même beauté, le fils aîné en profite pour semer le trouble. Du triangle amoureux -Tahar doit-il trahir son maître avec la femme aimée ou se sacrifier?- on arrive à une impossible équation…
Le style est agréable (on reconnaît au passage et en guest star le lettrage de Warnauts), avec un soin particulier pour les décors, et cette introduction laisse présager la construction d’un univers attachant. On apprécie une fois de plus la démarche de l’éditeur qui a tenu à des couleurs directes (voir à ce sujet l’interview des auteurs dans le dernier numéro de « Casemate »), et les planches originales sont visibles sur www.danielmaghen.com. (Jean-Marc Lernould 08/07/2009)
Bédéthèque - 10 juillet 2009 :
Décidément la Bible est une source inépuisable !
Ah vous n’aviez pas fait le rapprochement ? Nous sommes en Iraq, un jeune homme voleur se fait adopter par un homme qui répand ses bienfaits autour de lui. De plus il n’est pas sélectif et accueille chaque homme, même ceux qui sont méprisés comme ces nomades. Evidemment les fils naturels vont jalouser ce fils adoptif en le raillant. Evidemment les caractères des uns tranchent avec celui des autres ce qui exacerbe les défauts et met en évidence les tensions. Le tout devient une poudrière lorsqu’une femme entre en jeu ! Cette femme intouchable qui va devenir le nœud visible des conflits. Evidemment fils et père en tombent amoureux, évidemment notre femme a ses préférences, évidemment le frère jaloux va profiter de la situation et commettra l’irréparable ce qui générera l’affrontement final, et comme dans l’ancien testament celui qui a péché est puni.
Voilà une vraie illustration de la bible que tant d’autres essayent de faire généralement avec maladresse. Ici les personnages sont très bien rendus et le lecteur n’a aucun mal à y croire. Même si les propos sont un peu mâchés dans la mesure où tout est dit avec une finesse relative, l’ensemble est fluide et agréable. Les caractères des personnages montrent toute leur palette : de l’inflexible au juste, de l’égoïste au tourmenté, du jaloux au sage. Evidemment certains traits sont extrêmes, mais n’est ce pas exactement le fait recherché dans ces récits bibliques ? Notre Héroïne encore discrète dans ce tome semble avoir un caractère de feu étant donné la fin du récit, cela nous promet de jolies suites !
Les dessins sont sobres, et si les extérieurs ne sont guère accueillants, les intérieurs en revanche présentent une richesse bienvenue. Les traits sont précis et malgré des prises de vues conventionnelles et quelques maladresses dans certains mouvements vifs, le rythme colle parfaitement au scénario. Seul reproche un panel de colorisation un peu fade à mon goût, j’aurais aimé voir plus de couleurs vives un peu partout. Mais peut être est mon esprit d’occidental qui caricature.
Voici donc une très jolie mouture de récits sans âges re-visitables à profusion. Dessin et scénario font un ensemble tout à fait pertinent. Néanmoins, le trop exigent que je suis espère voir des intrigues moins évidentes, des personnages plus complexes et surtout un discours moral sous jacent moins présent. Honnêtement là j’avais vraiment l’impression de lire un morceau du livre des Rois ! (Roedlingen
- 10/07/2009)
Bédéthèque
- 13 juillet 2009 :
Quelle heureuse et agréable surprise venant des éditions Maghen, si décriées ces temps-ci.
Après un Canoë Bay où l'accent était mis sur la démesure (grand format, grand espace, carnet de croquis), Daniel Maghen publie ici une bd plus intimiste, presque plus modeste, de part un format qui rappelle celui de Glénat ou de Delcourt et en abandonnant les luxueux carnets de croquis qui habituellement accompagnent ses sorties.
Et là, dommage, car le dessin d'Anna Koehler, tout en couleurs directes (signées Guy Raives) à la demande express de Daniel Maghen, est superbe ; et j'ai été presque frustré de ne pas en avoir plus à m'en mettre sous les yeux. Chaque turban, chaque étole, semble se mouvoir sous les pinceaux d'Anna Koelher.
Je lis ici ou là des comparaisons avec la série de Miralès et Dufaux, Djinn, et j'avoue que je n'ai trouvé aucune ressemblance même lointaine. Non l'univers décrit part Christian Simon et Fuat Erkol est plus intimiste, plus proche du conflit familial que de l'épopée féerique.
D'ailleurs, j'avais hésité à acheter cette bd car les personnages semblaient souvent confinés dans un cadre étroit, celui de leur demeure, mais les décors intérieurs sont fort bien maitrisés et l'on passe un agréablement moment de lecture.
Les évènements s'accélèrent dans les dernières pages, et c'est avec hâte que j'attends le second et dernier volume de cette aventure.
Bref, une petite réussite, un petit bijou qu'il faut lire en cette période de disette éditoriale. (Hervé - 13/07/2009)
Auracan
- 13 juillet 2009 :
Un conte des 1001 nuits...
Après le très réussi Canoë Bay de Tiburce Oger et Patrick Prugne, le jeune éditeur Daniel Maghen réitère avec un autre voyage, cette fois, au début du 9e siècle, au lendemain du règne d’Hârun Ar-Rachid, calife de Bagdad.
Dans une petite ville orientale - Bassorah d'après le dossier de presse –, l’orphelin Tahar est un jeune voleur qui échappe toujours à ses poursuivants. Jusqu’à ce jour où il ne doit de conserver sa main qu’à l’intervention opportune du notable respecté et veuf, Maître Nassim El Abar. Ce père d’une fille – Aïcha – et de deux fils est un homme sage et généreux. Il décide d’adopter le voleur et lui donner une éducation au désespoir de l’aîné Mounir, particulièrement jaloux de cet intrus.
Ce bonheur fragile se rompt le jour du mariage d’Aïcha à Othmane. Nassim découvre une ravissante voleuse dans sa chambre et tombe éperdument sous le charme. Nadia, c’est son prénom, appartient à une tribu de nomades installée aux portes de la ville et séduit aussi Tahar. Et donne l’idée d’une odieuse vengeance à Mounir… D’équilibrée et apaisée, la vie devient troublée et sanglante... Quel maléfice en est responsable ?
Auteurs de la série Lenny Valentino parue chez Bamboo, Christian Simon et Fuat Erkol retrouvent une écriture très cinématographique. « Awrah » pourrait signifier toute chose que l’être humain cache par pudeur : son intimité. Les deux scénaristes s’intéressent justement à l’intimité des personnages et le drame de cette histoire prend source quand Nadia est dévoilée à des yeux interdits avec un enchaînements de faits tragiques. Ce premier volet du diptyque révèle une pression croissante particulièrement envoutante qui se finit dans un fracas inattendu. De nombreuses scènes se comprennent sans un mot.
Le dessin qualifié de « naturaliste » par Ana Luiza Koehler elle-même transmet à l’histoire une fraîcheur, une sensualité et une émotion rares. Architecte de formation, elle réalise notamment de somptueux décors. Les couleurs directes ont été confiées avec bonheur à Guy Raives qui reconstitue l’atmosphère d’un vieux livre tandis que son compère Éric Warnauts réalise le lettrage.
Cette histoire d’amour doublée d’une solide intrigue, servie par un sublime dessin parfaitement mis en couleurs, aurait toute sa place parmi les Contes des Mille et une nuit.
La suite est annoncée pour début 2010. On a hâte. (Manuel Picaud - 13/07/2009)
Bédéthèque - 14 juillet 2009 :
Un scénariste qui participe à des forums pour présenter sa bd, ça attire l’intérêt les lecteurs bien entendu mais ça peut les rendre méfiant aussi… Pour ma part, c’est la planche montrée en exemple dans la galerie qui m’a donné l’envie de feuilleter le premier tome d’« Awrah ».
« Awrah » nous emmène en Irak vers 800 après JC. Le personnage principal prénommé Tahar est un jeune voleur futé et orphelin. Un jour, alors qu’il se fait attraper par ses victimes, il est sauvé in extrémis par l’homme le plus réputé de la ville, le dénommé Nassim el Abar. Ce dernier le recueille et l’adopte…
Incontestablement, le graphisme est le point fort de cette bd. J’admire la mise en couleurs directes aux tons chauds qui retransmet bien l’ambiance que je me fais des pays arabes. Il est à noter que le coloriste a été jusqu’à créer des motifs sur les étoffes et les vêtements !
J’aime aussi le coup de crayon épais d’Ana Luiza Koehler : les vues intérieures et extérieures sont magnifiques, les personnages sont facilement reconnaissables et expressifs. Bref, ça sent vraiment bon l’atmosphère des contes des mille et une nuits !
A noter que cette bd présente un grand format qui m’a permis d’apprécier pleinement le dessin.
Quant au scénario, l’histoire débute fort avec une séquence d’action et le reste se lit sans ennui même si la trame est assez classique (difficulté d’un enfant adopté d’être accepté par ses demi-frères par exemple). En fait, le récit plonge de plus en plus vers un drame familial puis se termine par un dénouement assez inattendu (je parie que la suite sera de plus en plus un récit de genre fantastique) qui me donne l’envie de feuilleter le prochain tome. La narration m’a semblé très correcte, ça se lit sans incompréhension et avec plaisir.
Ce que je retiens le plus dans ce scénario, c’est les dialogues et les coutumes des pays arabes qui y sont bien retranscrits : vraiment, on se croirait dans une histoire écrite par un écrivain du Moyen-Orient !
Ce premier tome d’« Awrah » m’est apparu très agréable à lire. C’est un récit d’aventure qui sent bon l’atmosphère des contes des mille et une nuits. L’histoire est convaincante et m’a semblé respectueux envers les coutumes des pays arabes. Cette bd est aussi servie par un graphisme qui est –à mon avis- très plaisant à contempler.
Bref, tout ceci pour vous avouer que je suis impatient de découvrir le prochain tome !
Note finale : 3,5/5 (iannick - 14/07/2009)
Sceneario.com - 19 juillet 2009 :
L'éditeur Daniel Maghen (DM) recèle bien des trésors en son sein qu'il est un plaisir de parcourir. Après avoir publié dernièrement un récit d'aventures liées à la découverte du nouveau monde "Canoë Bay", ce producteur met en avant cet autre ouvrage aux allures de conte oriental réalisé par un quatuor d'auteurs bien inspirés dont les deux scénaristes ont déjà fait largement leurs preuves sur la série "Lenny Valentino" chez Bamboo et sur "La marque du démon" chez Albin Michel.
"La rose des sables" est le premier opus d'une saga aux allures des "Contes des milles et une nuits" qui nous imprègnent grassement des saveurs orientales des années 800 à la fin du règne du calife Hârûn ar-Rachîd. On y croise le chemin aux origines tortueuses du héros du récit, à savoir Tahar, dont la destinée va être bousculée suite à la rencontre marquante de trois personnages clés. Nassim El Abar, notable très respecté de Bassora, sera le premier à assurer au petit voleur une éducation digne de ce nom, traité à égalité avec les véritables enfants du Maître. Nadia, fille de nomade, sera la deuxième à lui faire découvrir l'amour et la violence. Une troisième rencontre restant plus énigmatique, est celle du mendiant habillé de noir qui interviendra à des moments précis pour orienter la destinée de Tahar.
L'histoire est captivante, agréablement menée, empreinte d'une sagesse très perceptible dans les dialogues ô combien enchanteurs et respectueux. Cette plénitude (malheureusement éphémère) qui se dégage des discussions simples et pleines de bontés du Maître et de son fils adoptif est contrecarrée par la jalousie montante de Mounir dont les écarts vont être de plus en plus violents. Il est certain que les deux scénaristes ont su mêler splendeurs orientales et tragédie destructrice dans une histoire d'amour savamment dosée en émotions exotiques. Le charme opère indéniablement et nous entraîne là où ça va faire mal.
Question envoûtement, Ana Luiza Koehler en impose. Par ses dessins, pourrait-on dire d'un autre age, sortis tout droit des livres anciens d'histoire, cette dernière nous embarque dans son monde exotique plein de douceurs orientales mais aussi d'actes irréversibles. Grâce à son trait réaliste et sciemment vieillot, accompagné d'une superbe et riche colorisation bien à propos, elle fait l'étalage d'un travail hautement sophistiqué, plein de sensualité et de chaleur. Le détail auquel elle s'attache prouve ardemment sa quête de parfaire son univers dans une représentation historique la plus fidèle possible dans lequel des personnages expressifs et d'une grande beauté déambulent avec grâce.
Une très belle histoire aux effluences orientales à conseiller au plus haut point dans laquelle le charme déployé et l'orientation dramatique donnée ne pourront laisser le lecteur insensible. (Phibes - 19/07/2009
ActuaBD - 24 juillet 2009 :
Une histoire d’amour. Deux hommes aiment la même femme : un fils adoptif et son père. Au milieu de ce trio, un fils naturel jaloux. L’histoire est donc immanquablement tragique.
Le récit scénarisé par Fuat Erkol et Christian Simon n’a en soi rien de grandement original, mais la beauté des décors et ce ton délicieusement rétro donné par le dessin d’Ana Luiza Koehler et les couleurs de Guy Raives charment le lecteur. Le dépaysement et le voyage dans le temps sont au rendez-vous de cette série éditée par le galeriste parisien Daniel Maghen. (Laurent Boileau - 24/07/2009)
Coin BD - 1 0 aout 2009 :
Après avoir lu les trois tomes de la série " Les Nuits Écorchées" et le one-shot "Canoë Bay", également parus aux Editions Daniel Maghen, je n’ai pas pu résister à la superbe couverture de ce premier tome de "Awrah".
Ce nouveau scénario de Christian Simon et Fuat Erkol, les auteurs de "Lenny Valentino" chez Bamboo, nous emmène en Irak, en l’an 809, sur les pas d’un jeune orphelin qui est recueilli par un riche notable. Malgré un tome qui débute par une course poursuite, le rythme de cette BD est assez lent et l’intrigue assez classique. Les personnages sont cependant très attachants et le drame familial qui s’installe au fil des pages est dynamité par la belle Nadia. La narration retranscrit parfaitement l’ambiance orientale du récit et contribue à l’atmosphère des contes ders mille et une nuits qui se dégage de ce conte oriental.
Le dessin de l’artiste brésilienne Ana Luiza Koelher (qui signe ici sa première bande dessinée), superbement mis en valeur par la colorisation de Guy Raives, n’est sans doute pas étranger à cette immersion réussie dans le Moyen-Orient d’antan. L’architecture et la minutie des scènes intérieures, combinés à cette mise en couleurs directes aux tons chauds, constituent l’un des attraits de cet ouvrage. A l’instar de "Djinn", la superbe série de Miralès et Dufaux, le dépaysement est total et l’ambiance des pays arabes est parfaitement retransmise.
Un drame familial dépaysant au pays des mille et une nuits ! (Yvan - 10/08/2009)
Bodoï - 12 aout 2009 :
Le destin, toujours le destin. L’homme ne serait qu’un jouet entre ses mains, pantin impuissant dans le grand tourbillon de la vie et de la mort. C’est ainsi que Tahar voit son existence. Recueilli enfant par un riche habitant de Bassora vers l’an 800, il en devient comme le fils. Suscitant immanquablement la jalousie railleuse de l’aîné de la famille. Devenu adulte, Tahar s’éprend d’une jeune berbère envoûtante. Mais son père adoptif avait déjà jeté son dévolu sur elle. Que faire? Écouter son coeur ou respecter son père?
Un Orient mystique et mystérieux, une femme d’une beauté ensorcelante, des lumières somptueuses, la mort qui rôde… Tout est réuni ici pour une belle saga exotique et romantique, lecture idéale pour l’été. Hélas, l’intrigue est si convenue qu’elle ruine tout espoir et ne fait ressortir que les défauts de ce premier tome. L’élégant dessin réaliste d’Ana Luiza Koehler et les couleurs magnifiques de Guy Raives sont ainsi desservies par un scénario plan-plan, dont on devine tous les rebondissements à l’avance. Les dialogues ampoulés figent les personnages dans des postures affectées tout à fait désagréables. On s’ennuie donc ferme à la lecture de cette Rose des sables (titre de ce premier volume), dont on espère que la suite prendra une direction plus surprenante. (Benjamin Roure - 12/08/2009)
BDzoom - 15 aout 2009 :
Ce conte oriental, proposé dans un bel ouvrage édité par le galeriste Daniel Maghen, consiste certainement en la révélation graphique du moment : une architecte de formation, originaire du Brésil, qui n’avait, jusque-là, posté ses dessins naturalistes que sur le site des éditions Dargaud. Repérée par les scénaristes Christian Simon et Fuat Erkol (« La Marque du démon » chez Albin Michel avec Franco Pilotta et « Lenny Valentino » chez Bamboo avec Guillaume Poux), ces derniers lui proposent un projet qui abouti finalement chez Maghen : un récit empreint de l’atmosphère des « Mille et une nuits » et qui nous montre un Bagdad inconnu : une ville qui avait, alors, plusieurs longueurs d’avance culturelles sur l’Europe, alors enlisée dans le Moyen-Âge. Le graphisme aussi classique que sensible d’Ana Luiza Koehler, allié à l’adéquate mise en couleurs de Guy Servais (alias Raives) sur les matières et les formes, met parfaitement en valeur l’histoire de ce jeune orphelin obligé de voler pour survivre. Rattrapé par ses victimes, il n’échappe à l’amputation de sa main (sort réservé aux malandrins et voleurs) que grâce à l’arrivée de l’homme le plus respecté de la cité, lequel le prend alors sous sa protection. Mais ses rapports avec les enfants de celui qui ce considère désormais comme son père adoptif deviennent très difficiles… Des personnages attachants, partagés entre des sentiments contrariés et des combats entre la passion et la raison, une reconstitution historique exemplaire, un érotisme omniprésent…, et une perle rare aux pinceaux dont le trait dynamique et délicieusement rétro nous rappelle certaines bandes dessinées des années 50 ! (Gilles Ratier - 15/08/2009)
Librairie Critic - 16 aout 2009 :
7/10 Très joliement dessinée, une très belle ambiance qui nous transporte dans les pays arabes où une histoire d'amour va mal tournée et entraîner une famille dans la guerre. Superbe et classique, un plaisir assuré. (Eric - 16/08/2009)
Bédéthèque
- 12 janvier 2010 :
Une bonne surprise, la dessinatrice est inconnue mais livre là un dessin classique et sensuel de très bonne facture. Les ambiances chaudes de l'Orient sont réussies et nous plongent dans cette sorte de Mille et une nuits.
L'histoire est elle aussi classique mais très bien menée, avec des personnages intéressants et charismatiques, mais comme cela tourne autour de thèmes comme la vengeance, la jalousie ou le destin, il faudra voir où cela mène pour avoir un avis à la hausse ou pas. (Gros Robert - 12/01/2010)
Murmures info
- 20 janvier 2010 :
Non, tous les mystères envoûtants de l’Orient ne seront pas révélés. Un siècle avant les contes des mille et une nuits, en l’an de grâce 809, en Orient, ce qui ressemble à la Perse. Un jeune voleur, Tahar, est pris sous l’aile de l’homme le plus respectable de la ville, Maître Nassim, au mépris de la jalousie du vrai fils de celui-ci, Mounir.
Le nouveau protégé de Nassim va être choyé et paterné, proche de son père adoptif à tel point que ce dernier lui confie plus de secrets qu’à son propre fils. Ivre de jalousie, Mounir ne va pas hésiter à semer le doute dans l’esprit de son père et déclencher une guerre. L’objet de convoitise de Nassim, une belle nomade, va se retrouver malgré elle la cible du couplot mené par Mounir contre Tahar.
Le dessin est délicat et soigné, les expressions des personnes proches de la perfection. Le réalisme du scénario et des lieux rappelle les paysages existants et sont certainement basés sur de réelles villes et campagnes de l’Orient. (SN - 20/01/2010) |