L'église Saint-Martin


Historique de la paroisse Les anciennes églises L'église actuelle Les cloches
L'Orgue et le Jube Le cimetière Le presbytère Saint-Martin

Historique de la paroisse

Les découvertes archéologiques réalisées à Basècles depuis deux siècles font remonter l'origine du village à près de deux mille ans . Cependant, aucun document officiel ne nous apprend l'époqie à laquelle il prit naissance.

En effet, notre région était composée de petits groupes d'hommes, vivant presque exclusivement de chasse, éparpillés dans une immense forê. Petit à petit, l'évangélisation atteint nos contrées et le village s'organise sous l'influence de quelques religieux ; c'est probablement dès le IXème siècle que la jeune paroisse de Basècles est confiée à l'abbaye de Saint-Ghislain.

Au XIème siècle, après le passage des Normands qui ravagent tout le Hainaut Occidental, l'empereur d'Allemagne Henri III fait don de notre village à l'abbaye de Saint-Ghislain. C'est le premier acte mentionnant le nom de "Basilicas", il est daté du 27 mai 1040.

A cette époque, Basècles relève encore d'un état embryonnaire. Ses habitants (probablement moins de 200) vivent de leur récoltes, de leur élevages mais restent sous la dépendance du Seigneur, l'abbé de Saint-Ghislain.

La paroisse fait partie du diocèse de Cambrai et du doyenné de Chièvres. Il faut attendre la révolution française pour que Basècles soit annéxé au diocèse de Tournai et au doyenné de Beloeil.

 

Les anciennes églises

La très petite chapelle, érigée par le Seigneur de Basècles, non loin de sa ferme-château, constituait certainement la première église du village. Au cours des siècles, elle fut rebâtie plusieurs fois mais toujours au même emplacement.

 

L'église actuelle

Au milieu du XVIIIème siècle, l'ancienne église se trouve dans un piteux état, certaines parties menacent de tomber en ruine. De plus, la population qui s'est considérablement développée ne peut plus s'y réunir.

En février 1771, le mayeur et les échevins adressent une lettre à dom Amand Cazier, abbé de S'oint-Ghislain, lui demandant de remédier au plus vite à cette situation alarmante.

Cet appel se concrétise en 1779par le commencement des travaux. L'église est bâtie aux frais de ces religieux.Accompagné des Armes de l'abbaye, le chronogramme situé sur le fronton de pierre au-dessus de la porte principale nous le rappelle :

"CUNCTIS HIS OPTANTIBUS

AMANDO PROELATO SURREXI"

"Per amore fraterno"

qui signifie

LE CIEL BENIT VOTRE VOEU

SOUS AMAND PRELAT JE SURGIS

Par amour fraternel

Toute la construction est en briques et le soubassement en pierres. (Provenant probablement de l'ancienne église). Sur certaines d'entre-elles apparaissent des marques irrégulières qui ne peuvent être définies avec certitude.

Photo de l'église
Quand aux dimensions : la bâtisse mesure 31 mètres sur 14. La tour mesure à la base 5 mètres sur 3 et la flèche s'élève à environ 30 mètres du sol. L'église comprend 3 nefs séparées par des colonnes en pierre de tailles à fût monolithique. Certaines d'entre-elles portent les initiales (R.B.D.) de l'ouvrier qui les tailla voici plus de deux siècles.

Malgré ses 17 baies, la bâtiment n'est pas très lumineux. Le choeur comprend cinq fenêtres garnies de vitraux représentants l'Adoration des Mages, le Sacré-Coeur de Jésus le Saint Coeur de Marie, Saint Isidore et Saint Louis.

Photo de l'Autel
Les trois premières furent offerts par Mademoiselle Pacifique Battaille tandis que les deux autres sont des dons de la famille Legrand.

 


Les cloches

Le 15 janvier 1784, Jean-théodore Barbieux, fondeur à Tournai, livre trois cloches d'un poids total de 4.930 livres, poids de Tournai, ou 4536 livres, poids de Mons, pour remplacer la seule existante.

Ces cloches pondereuses peuvent être posées, puisque les abbés de Saint-Ghislain ont certifiés, le 19 juin 1779, que la tour de la nouvelle église était suffisamment solide pour les supporter.

Quant au prix (9.715 livres, à raison de 17 patards moins un liard par livre de poids), il a fallu recourir à la générosité des habitants pour en régler le montant.

Le 2 août 1786, les échevins commandent une cloche d’environ 2.500 livres, poids de Mons, à livrer dans six semaines, pour remplacer une de celles fournies en 1784.

Elle sera décorée en relief de la scène du partage du manteau de saint Martin, sur une face, et d’un calvaire classique (le Christ et deux larrons en croix), sur l’autre, avec la liste des mayeur et échevins.

Cette cloche existe toujours (en 1971) ; les deux autres furent enlevées par les Révolutionnaires français vers 1790.

En novembre 1928, on monte les cloches sur roulements à billes. Le coût de l’entreprise s’élève à 4.105 F ; une souscription volontaire des habitants a rapporté 4.015 F ; le reste, 90 F, est versé par la caisse communale.

Le mauvais état des cloches avait été remarqué au cours d’une visite en vue du remplacement de l’horloge du clocher.

Les 13 et 14 août 1943, les Allemands volent deux cloches, Amélie-Henri et Marie-Aldegonde, à l’église Saint-Martin. Elles provenaient d’un don de J.-B. Dauderni en 1876.

 

Sur l’une d’elles (Mi, poids : 1,230 kg), on pouvait lire :

 

Sur la deuxième (Fa dièse) :

 

A l’office du l5 août 1943 (9), le curé L. Godefroit (qui fut un résistant actif) annonce : " Nous avons eu la douleur, cette semaine, de voir partir nos belles cloches. Hélas ! Elles ne seront pas ici pour fêter bientôt le jour de la victoire ! Il nous reste encore cependant un espoir de les revoir : c’est que les voleurs qui les ont fait enlever, n’auront pas le temps de les refondre : les événements, en effet, marchent très vite, malgré leurs efforts de retarder l’échéance fatale pour eux ".

Le 8 avril 1962, S.E. Mgr Himmer, Evêque de Tournai, baptise les trois nouvelles cloches de l’église. Elles ont été commandées à la firme Horacantus de Lokeren et proviennent d’une fonderie hollandaise.

 

La première cloche (Mi) s’appelle Suzanne ; elle pèse 1.270 kg et on peut y lire :

 

La deuxième cloche (Fa dièse) s’appelle Marthe-Véronique (Marthe étant le prénom, à la fois, de Mme Leroy et de Mme Barbieux, et Véronique, celui de la fille de William Landrieu ; elle pèse 932 kg et porte l’inscription suivante :

 

La troisième cloche, de choeur, pèse 25 kg et s’appelle Catherine-Bernard. On peut y lire :

Le lundi 9 avril 1962, Suzanne et Marthe Véronique sont hissées dans le clocher paroissial.

Le représentant de la firme Horacantus ainsi qu'une équipe de Baséclois effectuent cette délicate manoeuvre : Daniel Ledru, William Landrieu, Edouard Lekeuche, René Ghiot, Florimond Duelz, Manuel Parendès, André Laurent, l'installateur, Gabriel Ledru, Luc Dufrasnes.

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L’Orgue et le jube

Le 2 octobre 1833, Jean-Baptiste Dutilleul, facteur d’orgues à Orchies, s’engagea à fournir à la Fabrique d’église, un orgue avec clavier de quatre octaves d’ut en ut en six jeux : Bourdon, Prestant, Nazare, Tierce, Doublette, et dessus de chromarne, en jeu d’ange, ayant quatre soufflets, un buffet et façade en bois, pour la somme de 1.050 F payable en quatre fois.

Le jubé et les colonnes de support furent exécutés par Pierre-Joseph Pavot, menuisier à Basècles, pour la somme de 300 F (le 17 avril 1834). Vingt-cinq ans plus tard, le 25 avril 1859, le Conseil communal décidait d’acquérir un nouvel orgue à la maison Delmotte de Tournai et de faire construire un autre jubé.


Le cimetière

A l’origine, on enterrait les morts à proximité de l’église. Quelques pierres tombales, maçonnées dans les murs de l’édifice, s’ajoutent aux deux monuments funéraires précités, qui sont de véritables œuvres d’art.

- Sur la façade, à droite de la tour :

- et, sur le côté gauche :

- Sur le mur extérieur nord :

- A l’intérieur de l’église, sous le jubé :

- Sous le porche :

Devenu trop petit par suite de l’accroissement de la population, le cimetière qui entourait l’église fut remplacé, en 1826, par une nécropole située sur une partie du trieu des Préaux. L’endroit s’avéra rapidement mal choisi : l’étendue était insuffisante et le terrain, évidemment, très marécageux.

Le 13 juillet 1895, les Conseillers communaux décidèrent d’abandonner l’idée d’agrandissement de ce cimetière. Un terrain appartenant au Bureau de bienfaisance, section A, n° 795a de la couture Mille camps, fut acquis et aménagé pour la somme de 15.000 F (en 1897). Le premier enterrement civil dans le cimetière paroissial eut lieu le 19 mars 1899 (Vincent Duquenne)

La démolition du cimetière du Marais-Trieu (dans lequel il ne se faisait plus d’inhumations) fut décidée en 1920, afin d’y ériger un monument aux Morts de la Grande Guerre. Les noms des Baséclois morts pour la Patrie y figurent :

Edmond Chevalier, Clément Colinet, Léon Colinet, Edgard Dauchot, Agathon Largepret, Louis Legrand, Maurice Lembourg, Adolphe Marichal, Eugène Moreau, Armand Place, Emile Rombaut, Louis Saffre, Fernand Sauvage, Georges Sauvage, Laurent Sauvage, Gaston Surmont, Victor Thaon, Emile Cardon, Joseph Caulier, Edmond Caulier, Louis Destrebecq, Vincent Fourdin, Franqois Gowie, Gaston Leblois, Ferdinand Mirguet, Vandregile Mourin, Herman Saffre, Joseph Saffre, Etienne Cambier et Albert Delépine.


Le Presbytère

Un inventaire du 26 frimaire de l’an VI (16 décembre 1797) décrit l’état du presbytère à la fin de l’Ancien Régime : une vieille maison couverte de paille, dont le dessus est ouvert dans presque toutes les parties, endommagé partout, la pluye tombant dans le grenier et pénétre jusque dans les appartements et qui détériorent les carreaux et les murailles...

Cette masure ne fut pas vendue avec les biens nationaux : elle servit de gendarmerie jusqu’en 1803 ! Les ruines furent restaurées en 1841, mais le 9 juillet 1852, le Conseil communal décida de construire un nouveau presbytère. Les travaux furent adjugés pour 10.450 F (+ 2.108 F pour l’ajout d’une buanderie).


Saint-Martin

Martin de Tours (316-397), évêque de Tours.

Fils d'un tribun militaire, né en Pannonie (ancienne région d'Europe centrale bordée au nord et à l'est par le Danube, au sud par la Dalmatie et à l'ouest par le Norique et l'Illyrie) d'une famille païenne, il passa sa jeunesse à Pavie (ville du nord de l'Italie) où il songeait déjà à devenir moine. Mais il suivit naturellement la carrière de son père et dut servir dans la garde impériale à cheval. C'est au cours d'une de ses tournées que, rencontrant un pauvre, il partagea avec lui l'ample manteau dont il s'entourait, et, qu'à la suite d'une vision du Christ il demanda à recevoir le baptême. Il quitta alors l'armée et se rendit auprès d'Hilaire, l'évêque de Poitiers. Mais celui-ci se trouvait en butte aux fidèles de l'hérésie d'Arius qui l'obligèrent à s'exiler, ainsi que Martin, qui retourna en Pannonie où il convertit sa mère (356). Réfugié à Milan d'où il fut chassé par l'évêque arien, il s'installa sur la côte ligure où il mena une vie monacale. De retour à Poitiers où Hilaire était revenu en grâce après l'échec de l'arianisme, il fonda un monastère, le premier en Gaule.

En 371, il fut nommé, malgré lui, évêque de Tours, et fonda un monastère à Marmoutier, sur l'autre rive de la Loire. Il lança ses moines dans l'évangélisation des campagnes (Auvergne, Berry, Saintonge), mais sa vie de pauvreté et d'humilité et une attitude jugée trop complaisante envers les hérétiques suscitèrent des commentaires et des blâmes de la hiérarchie. Très populaire auprès des petites gens, il fut le premier saint à n'avoir pas subi le martyre.

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