En 1946, la Grande-Bretagne prête à la Force navale Belge, pour la durée de leur mission de dragage de nos eaux côtières et des embouchures des fleuves, 8 petits dragueurs de mines en bois du type anglais MMS (Motor Mine Sweeper), cette unité etait la 118e flottille belge commandée par le Commandant Petitjean Louis.

        Ils ne portaient pas de noms propres, seuls des numéros les identifiaient : M182-M187-M188-M189-M191-M193-M266.

        La deuxième série des MMS porta les numéros  réservés à la Belgique par l’OTAN : de M941 à M947.

 

 

Données techniques :

 

Déplacement : Standard 163 tonnes – Maximum 175 tonnes

Longueur totale : 36,37 mètres.

Largeur totale : 6,86 mètres

Tirant d’eau : 2,60 mètres

Vitesse maximum : 10 nœuds (1 nœud = 1,852 kilomètre)

Propulsion : 1 moteur diesel « Harland & Wolff » de 135 hp

Armement : 1 pièce de 50 mm.

                      2 mitrailleuses de 20 mm.

Equipage :  2 Officiers

                    22 sous-officiers et Matelots.

Dragage : 1 drague magnétique

                  1 drague acoustique

 

        Les MMS étaient de conception assez simple et peu sophistiquée, pas de radar, ni de compas gyroscopique, mais tout simplement un  bon vieux compas magnétique et pas de boucles de démagnétisation.

        Les câbles de dragage, très simple quoique fort lourd, se composaient de deux logs conducteurs flottants d’environ dix centimètres de diamètre, l’un à l’autre par des brelages qu’on enroulait sur des tambours énormes. Ces tambours étaient manœuvrés par les matelots au moyen de grosses manivelles. Le système « D » de la débrouillardise de nos petits belges, eut tôt fait de concevoir un plan ingénieux de va-et-vient et de poulies qui allait chercher à l’étrave, un entraînement automatique produit par le cabestan électrique.

        Le charbon assurait le chauffage des postes d’équipage avant et arrière, et la cuisine se faisait aussi au charbon. Seul le carré des Officiers était doté d’un appareil de chauffage électrique dissimulé derrière des chenets et dans de fausses bûches, comme un feu ouvert, pas de réfrigérateur, pas de douches, un bac à légumes était installé sur le pont il suffisait à satisfaire les besoins alimentaires quotidiens de nos marins.

        Les MMS. étaient de bons petits bateaux, robustes, faciles a manoeuvrer et tenant très bien la mer.

        Il n’en fallait pas plus pour faire du bon travail valable, ils furent même jugés dignes par l’Amirauté de la Royal Navy, nos équipages furent invités en 1948, à participer aux manoeuvres combinées de dragage interalliées à Portland, du nom de code “Verity”, les Anglais, Français, Hollandais et les Belges y participèrent.

        En 1951, dans le cadre de l’OTAN, les MMS. M941-M942-M943 et le M944 participèrent avec le "Adrien de Gerlache M900" et le

  "Georges Lecointe M901" à une nouvelle manoeuvre interalliée au nom de code Vélox.

        Il ne faut pas oublier qu’approximativement 205 mines à orins, 1986 mines à influence magnétique sans parler des 1035 katy-mines, mines anti-débarquement, avaient été reperées, l’équipe spécial de déminage de ces dernière reçut vite le nom de “Katy Mine Party” et opéra sous les directives du Lieutenant Pesch Jean.

        Ce fut pour la flottille de dragueurs belges une époque héroïque, une épopée, elle continuait sur sa lancée, comme pendant la guerre au sein de la Royal Navy, mais sans les moyens matériel dont elle avait été dotée durant cette période, les fonds manquaient ?, les réserves fondaient !, le matériel s’usait et cassait. Les équipages et les équipes d’entretien à terre durent déployer des trésors d’ingéniosité pour maintenir l’escadrille opérationnelle, l’un des dragueurs dut même être décomissionné pour servir de pièces de rechange.

        Dans la nuit du samedi au dimanche 01 février 1953, une tempête suivie d’un raz de marée s’abat sur le littoral, ravageant les côtes de la mer du Nord de la Belgique au Danemark. L’escadrille des MMS. appareilla pour la Hollande pour porter assistance aux régions les plus touchées.

        Les MMS. vieillissants, nos “Mickey Mouse” rongés jusqu’à l’os par le sel marin, quittèrent la scène entre 1953 et 1955.