La collégiale de Lobbes

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Lobbes la romane

l'époque romane, Lobbes était déjà une abbaye renommée pour sa richesse culturelle. Écrivains brillants et écoles monastiques performantes répandaient sa gloire dans l'Occident médiéval.

Depuis près de deux siècles aussi, Lobbes relevait de la mouvance de l'Empire germanique. A ce titre, les responsables de nos communautés chrétiennes n'ignoraient pas la Querelle des investitures qui affrontait le Pape et l'Empereur: chacun exigeait l'hommage de l'autre.

En terminant la Bible de Lobbes, Goderan écrivait sous le chef-d'œuvre qu'il terminait « alors  que l'Empereur Henri assiégeait la ville de Rome, là où le rebelle Hildebrand avait été emprisonné pour trois ans »!

    En 1084, l'abbé Arnoul était don un chaud partisan de la cause de l'Empereur. Il avait pourtant à Lobbes des problèmes bien plus concrets: là haut sur la colline, l'antique collégiale St Ursmer avait besoin d'une sérieuse restauration et « ça allait coûter cher ». Adélard, son prédécesseur, avait terminé le chantier de la troisième abbatiale qui était ouvert depuis le deuxième millénaire. Pour alimenter le budget de ses constructions, il avait organisé, vers 1060, une immense procession des reliques de St Ursmer par toutes les villes de Flandre et de Brabant. Cela avait été efficace, mais on ne pouvait pas recommencer de si tôt semblable expédition.

Il fit appel à Oilbaud, doyen des chanoines de la Collégiale. celui-ci fut énergique. Il récupéra l'argent des décors d'autel et des faces des châsses des saints de Lobbes. De cette façon, Saint Ermin participa aussi à l'érection de la crypte qui abrite encore son tombeau à ce jour. Et pour faire bonne mesure, Oilbaud recruta une ourse apprivoisée pour transporter les matériaux depuis la rivière Sambre jusqu'au sommet de la colline.


Désormais, l'architecture romane autorisait quelques décors extérieurs aux murailles de l'église: arcs aveugles et frises d'arcatures agrémentent les murs latéraux du chœur et le chevet de la Collégiale.

    Lorsqu'en 1095, l'évêque Otbert de Liège vint à Lobbes pour consacrer l'autel de la crypte, il y découvrit pratiquement le même décor que le visiteur du XXIe s. L'autel qu'il dédia à St Lambert était déjà cette grande pierre plate taillée assez rudement et gravée de quelques croix. De solides voûtes en croisées d'arêtes posées sur des pilastres carrées furent préférées au modèle ancien de la voûte en berceau: elles n'ont pas failli depuis lors à leur mission de soutenir le chœur de l'église. Et on peut faite confiance au plafonneur qui enduisit les murs avant d'y peindre en gros traits rouges un moellonnage symbolique: sa garantie professionnelle tient depuis neuf siècles!

Enfin, le sol fut recouvert de petits carreaux de terre cuite glacée au sel en différentes teintes. Certains carreaux sont toujours incrustés de motifs en pâte blanche: fleurs ou animaux. Il y a peu de temps, le cercle archéologique de Lobbes mit à jour une dizaine de sujets différents dans un carrelage d'autel de la même époque enfoui sous les fondations de l'église abbatiale St Pierre.

    L'inauguration des travaux dirigés par Oilbaud marquait aussi la fin de l'extension de l'église St Ursmer. Déjà, les hommes de ce temps étaient plongés dans une nouvelle passion: la Croisade vers Jérusalem

Voûtes en croisée d'arêtes. ici  dans la crypte N-D. de Bayeux

Voûtes en berceau: ici à Ste Foy de Conques

La technique de fabrication des carreaux au Moyen-Age

Pour en savoir plus…


* Les anciennes abbatiales et l'église carolingienne Saint-Ursmer - S. Brigode -1949

Carreaux de terre cuite glacée au sel

Le chevet et les fenêtres donnant sur la crypte

Dans la seconde moitié des années mille, la collégiale fut transformée et agrandie.

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Les premières entreprises démolirent ce qui était devenu branlant ou inutile. Ainsi, la grosse tour de croisée occidentale, deux tribunes et leurs tourelles d'accès disparurent de l'église carolingienne. Une nouvelle tour fut construite en surélevant l'extrémité de la tribune centrale. De lourds madriers dressés à l'intérieur des baies de la tribune portèrent l'escalier et la charpente de l'étage des cloches.

    Le massif oriental retint aussi l'attention des rénovateurs. On procéda à l'aménagement de la crypte, à l'allongement du chœur et à la ré-érection de certains de ses murs. Du côté sud, on peut voir une baie aveugle soutenue par deux colonnettes à chapiteaux cubiques. Elles sont intactes et uniques dans la région.

L'art roman influença les travaux de rénovation.


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