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Au départ, j’ai commencé à peindre afin de donner une image du corps de quelqu’un qui avait disparu. Pour palier cette disparition, j’ai voulu en donner une image liée à mon imaginaire et à ce que j’avais ressenti lors de cette perte : une absence, un vide.

Par la suite, un langage pictural s’est créé autour de l’idée du corps absent. A chaque fois que je peignais, je tentais de créer un corps avec une structure qui lui était propre : une grille, un élément figuratif, une ossature et quelque chose qui l’effaçait, la recouvrait, la rendait flottante ou lointaine.
A présent, mes peintures sont toujours liées à l’idée du corps, du vivant et du mort. Chaque toile est plutôt à percevoir comme un dialogue : ce qui émerge du support doit devenir vivant.

Auparavant, j’avais une image en tête avant de peindre qui était la transposition de mes souvenirs, de l’idée que je me faisais de la mort.
Maintenant, mon premier geste de peinture est issu du hasard ou de ce qui est inconscient et c’est à partir de cette première trace que tous les autres gestes se construisent.

Mon travail se déroule un peu comme un jeu. J’imagine des règles mais ce qui m’intéresse c’est ce qui va déborder des propositions : les accidents.
Grâce à ce qui émergera de manière accidentelle, je pourrai passer à une autre étape de la réalisation de la peinture. Cette nouvelle étape viendra révéler ce que j’aurai observé en peignant.

Même si certains gestes se renouvellent d’une peinture à une autre, l’important est de les rejouer comme si c’était la première fois, pour que les accidents ne deviennent pas prévisibles.
Grâce au décalage et à la diversité des gestes opérés, je cherche à me retrouver dans une nouvelle aventure quand je peins.

J’ai envie d’assembler des éléments opposés, fragmentés et distincts, de trouver un équilibre qui permet à chacun des éléments d’être perçu différemment que s’il était vu seul et qu’à la fois leur union forme une image, un tout.

 

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