

Comme beaucoup de capitales ou de grandes villes, Bruxelles a, depuis des décennies, son marché aux oiseaux. Celui-ci se tenant chaque dimanche, presque toujours à la Grand-Place de Bruxelles jouit d'un cadre prestigieux et apparaît comme l’un des plus beaux marchés du genre. Pour les ornithophiles et les touristes souvent nombreux.
Pourquoi un tel marché ?
Si les gents canine et féline sont bien représentées
à Bruxelles, les amateurs d’oiseaux sont moins nombreux. Le
marché dominical de la
Grand-Place représente pour eux un point de
réapprovisionnement de premier choix vu le nombre assez réduit
d’oiselleries bruxelloises aux
prix, par ailleurs, plus élevés. En effet, il faut savoir
que l’ornithophilie et/ou l’élevage d’oiseaux, tant indigènes
qu’exotiques, nécessitent nombre d’accessoires, de variétés
de graines et autres pâtées.
1997, pas de hiboux mais des filous : un nouveau marché
Au fil des ans, le marché aux oiseaux a évolué.
Ces dernières années, il a dû s’adapter. D’abord
à une législation plus stricte réglementant la
tenderie chez nous. Ensuite, au niveau mondial, à
l’application de la Convention de Washington protégeant les
espèces animales en péril. C’est
surtout l’avifaune américaine qui vit fortement diminuer sur
le marché ses représentants ailés
souvent fort colorés et toujours appréciés
par les amateurs. Il est certes encore possible
d’acquérir des oiseaux protégés, mais il doivent
être nés en captivité et bagués, d’où
une hausse
considérable des prix les rendant quasi inaccessibles à
l’ornitophile disposant d’un budget
moyen.
Début 1997, et depuis plusieurs mois déjà, un certain
laxisme prévalait : des associations de
protection animalière avaient remarqué un trafic d’oiseaux
protégés parallèle à la mise en vente
de lapins, souris, hamsters, etc, sans rapport avec un marché
aux oiseaux. Le marché devint vite
le point de mire de la presse. Il fut même question de le supprimer,
ce qui aurait injustement
pénalisé les amateurs sérieux. Je me fis
donc un devoir d’informer le Bourgmestre F.-X de
Donnéa des motivations des ornithophiles et de leur voeu de
ne pas devoir payer pour les
mauvais. Dans cette démarche, je trouvai un allié
de poids en la personne de notre
Ministre-Président Charles Picqué qui, habilement, sut
mettre en valeur auprès du Bourgmestre
de Bruxelles sa passion envers les animaux.
Nos efforts furent récompensés, les autorités bruxelloises
maintenant le marché tout en le
réglementant de façon stricte : emplacement fixe pour
chaque commerçant, vente uniquement
d’oiseaux de compagnie (+ nourriture et accessoires) et contrôles
par un expert ornithologue.
Des mesures, certes énergiques, mais seules capables de donner
au marché un nouvel... envol.
