Chaque dimanche, depuis plusieurs années, Eric Van Tendeloo de
Nijlen participe avec son équipe de 2 ou 3 personnes au
marché dominical de la Grand-Place.
Yves Villers : Eric, d’où vient ton intérêt pour les oiseaux ?
Eric Van Tendeloo : Mon intérêt
envers les oiseaux a toujours été présent, dès
ma plus tendre
enfance. La première fois que je me rendis au marché
aux oiseaux bruxellois, c’était il y a
quelque 21 ans, âgé d’une vingtaine d’années.
YV : Te souviens-tu de ta première participation au marché ?
EVT : Oui, les premières fois je
venais avec une petite table, prêtée par un copain et la voiture
de mes parents; j’étais nerveux car le marché était
pour moi à la fois étrange et inconnu. Je
rencontre encore les gens de mes débuts, beaucoup sont devenus
des amis.
YV : As-tu à l’esprit une anecdote ?
EVT : Oui, précisément, je
me souviens d’un client, présent lors de mon premier marché
et ne
pouvant concevoir un dimanche sans un passage à mon échoppe.
Un jour, sa visite terminée, sur
le chemin du retour, il mourut dans le tram et cette tradition dominicale
fut poursuivie par sa
famille.
YV : Qu’ont changé pour ton commerce
la loi contre la tenderie et la Convention de Washing- ton ?
EVT : En ce qui me concerne, ces dispositions
n’ont rien changé. La plupart des oiseaux visés
par la Convention de Washington (perruches) sont élevés
en captivité et donc libres d’être
commercialisés. Il y a seulement un peu plus de paperasseries
administratives. Quant à la
tenderie, elle été abolie alors que j’avais 16
ans et la vente de ces oiseaux indigènes était donc
supprimée depuis bien longtemps. Il est triste que l’an
passé des gars furent pincés au marché
pour commerce d’oiseaux indigènes protégés, cela
a donné une si mauvaise image du marché
que même les personnes n’achetant pas ces espèces illégales
ont été montrées du doigt. L’on
crut donc que tous les commerçants se livraient à des
ventes illégales Il fut question de
supprimer le marché.
YV : Quel fut l’oiseau le plus cher que tu aies vendu au marché ?
EVT : C’est difficile à dire.
C’est probablement un mutation de l’une ou l’autre perruche; les
prix de ces animaux peuvent vite dépasser plusieurs milliers
de francs.
YV : Quel est le nombre le plus élevé d’oiseaux que tu aies vendu sur une matinée ?
EVT : La plus grosse quantité d’oiseaux doit se situer aux alentours de deux cents.
YV : La météo joue-t-elle un rôle important ?
EVT : Le temps est naturellement très
important, s’il fait mauvais temps, les amateurs viennent
avant tout pour se réapprovisionner en nourriture.
YV : Francophones et Flamands ont-ils des choix différents ?
EVT : Les francophones manifestent surtout
de l’intérêt envers un bon chanteur ou un oiseau aux
couleurs vives. Les Flamands recherchent plutôt de bons
oiseaux de volière aptes à la
reproduction.
(Interview faite en automne 1997)

