Grippe aviaire et oiseaux migrateurs : qu’en penser ?
La dissémination de la grippe aviaire fait actuellement la une des médias. Des messages alarmistes mettant en cause les oiseaux sauvages migrateurs comme vecteurs de cette dissémination sont quotidiennement entendus. Que faut-il croire, faut-il s’inquiéter et prendre des mesures pour tenter de contenir cette dissémination ?
La grippe aviaire est une maladie des oiseaux, pas une maladie humaine, mais elle peut se transmettre occasionnellement à l’être humain lorsque celui-ci est en contact direct avec des oiseaux malades.
Ce virus H5N1 ne se transmet pas d’homme à homme.
L’existence de la grippe aviaire est connue depuis plus de 100 ans et
elle a été observée depuis dans le monde entier. Elle
s’est répandue à plusieurs reprises à travers l’Asie
du sud-est. Actuellement ce virus a été détecté chez
des oiseaux sauvages en certains endroits d’Asie du sud-est et de Sibérie,
cependant les cas de grippe aviaire chez l’homme cette année sont
rares et aucun cas humain n’a pu être associé à un
contact avec des oiseaux sauvages.
Extraits de la réponse de Pierre Leprince, Président d’Aves-Natagora
et chargé de cours en sciences biomédicales à l’Ulg.
Aves - Natagora, Rue Fusch 3, 4000 Liège.
Tél : 04/250.95.90 - Email : aves@aves.be
Sites utiles :
World Healht Organization
Propose un dossier à télécharger en plusieurs langues dont le français.
Avian Influenza - birdlife.org En anglais.
Avian flu and wild birds - birdlife.org
En anglais.
Il semble établi que la souche H5N1 rencontrée chez les oiseaux
sauvages est relativement bénigne et que c’est uniquement lorsqu’elle
est transmise à des oiseaux domestiques, élevés en batterie
dans des conditions stressantes, qu’elle devient par mutation, agressive
et mortelle y compris pour l’être humain.
Comment un oiseau sauvage atteint de grippe aviaire pourrait-il transmettre cette maladie à très longue distance ?
On imagine en effet mal
un oiseau migrateur atteint d’une maladie potentiellement mortelle qui
franchirait pourtant des milliers de km à travers des contrées
inhospitalières et des chaînes de montagne. Un tel oiseau a sans
doute plus de (mal)chance de mourir sur place.
Il n’y a pas d’argument sérieux pour accuser les oiseaux
migrateurs de transmettre la grippe aviaire à travers le continent asiatique.
Par contre, les échanges commerciaux et les transports de volailles
ont bien lieu dans ces régions, le long des axes de dispersion actuelle
du virus, et il ne faut sans doute pas chercher ailleurs les causes actuelles
de la propagation de l’épizootie.
On connaît les causes du maintien et de la dissémination du virus
de la grippe aviaire en Asie :
ce sont les conditions sanitaires déplorables
dans les élevages de volailles, canards et poulets et l’existence
d’un trafic incontrôlé d’oiseaux domestiques et sauvages.
En Europe, nous avons la possibilité si nous le voulons d’interdire
de telles pratiques qui devraient suffire à contenir une éventuelle épizootie.
C’est à nos responsables nationaux et européens qu’il
revient de prendre les mesures nécessaires pour éviter celle-ci,
et ce n’est pas contre les oiseaux sauvages migrateurs que de telles
mesures doivent être envisagées.

