mardi, 11 novembre, 2008

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Musique

Orchestre tzigane
Théatre à Prenzlau - Belgique militaire 09
Les Tiborg Boys (CEGES 2587)
21/07/1941: Bruxelles, Colonne du Congrés, Révolution (CEGES 2627)
Théatre à Prenzlau - Le Mariage de Figaro (?) (CEGES 2633)
Théatre à Prenzlau - Demain les Blés seront plus beaux (CEGES 35546)


Posted by bertinj at 7:42 PM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 7:55 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Généralités

1936 : Inauguration du futur Oflag II A
12/04/1945: Bloc B bombardé
12/04/1945: Les 4 Blocs (dont le B) après le bombardement
Médaille LEOPOLDUS III REX BELGARUM
(revers) : OFLAG II.A PRENZLAU 21.VII.1942


Posted by bertinj at 7:32 PM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 8:19 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Persoons, Dessins

Six lits dans une Chambrée
Cuisine complémentaire
La Pesée
Les deux bons Amis
Flâneur sans chapeau
Flâneur au bonnet de laine tricotée
Flaneur au bonnet de Police
Devant la Porte
 
Retour de Promenade

Posted by bertinj at 3:38 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Keukeleire, Dessins

Blocs C et B, vue depuis le Bloc E
Mirador devant le Bloc B
Bloc E
Arrière du Bloc B sinistré

Posted by bertinj at 3:21 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Keukeleire, Aquarelles

 

Keukeleire

Barbelés
Garages
Potagers
Bloc C et Mirador Sud vus depuis le Bloc B
Bloc E et Corps de Garde de la Caserne
Bloc E, Garages H1 H2 et H3, Clochers de Prenzlau
Garages et coin N-O.
Panorama
Baraque 9 et Turnhalle
Panorama
Panorama
 
Route et Lac


Posted by bertinj at 3:07 PM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 3:10 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Patriotisme, Moral, Fronder

Routiers Baden-Powell

Départ Kotick (Carnets Gabriel)

 

  

 

 

Clans

         


Posted by bertinj at 11:48 AM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Ecrire

Les cachets Censure "Oflag II a geprüft"

 
 


Cartes postales polonaises, 1940


Carte postale russe


Posted by bertinj at 11:15 AM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 11:29 AM
Categories:

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Auteurs inconnus, Dessins

CEGES 2642 Chambrée Bloc B 16h00 lits 3 et 2 étages
... le même dessin, sans le cachet CEGES...


Posted by bertinj at 10:40 AM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 11:18 AM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A | De Lannoy, Dessins

Clan de la Framée

Départ du Routier


Posted by bertinj at 9:59 AM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

PHOTOTHEQUE | La Vie dans le Camp | Manger

Choubinette, Cubilo... faut choisir

Choubinette Steyaert

Velasquez - Les Forges de Vulcain

Prenzlau, Cantine, Geprüft#4


Posted by bertinj at 9:42 AM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 11:04 AM
Categories: La Vie dans le Camp, Photothèque

dimanche, 09 novembre, 2008

[Photothèque]

Photothèques des Camps

Oflag 2A Prenzlau
Oflag 2E Neubrandenburg
Oflag 3B Tibor
Oflag 4C Colditz
Oflag 6A Soest
Oflag 7B Eichstätt
Oflag 8C Juliusburg
Oflag 9A/Z Rotenburg
Oflag 10C Lübeck
Oflag 10D Fischbeck

Photos d'individus et de groupes

Galeries d'Images à propos de divers Thèmes

La Vie dans le camp
Posted by bertinj at 7:53 PM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 7:19 PM
Categories:

PHOTOTHEQUE | OFLAG II A Prenzlau | Charly Binamé, Dessins

 


Footing à l'arrière du camp (1943)


Garage côté gauche (1943)


Garage côté droit (1943)


La Balle du Roi (1943)


Le Pododrome (1943)


Fleurs d'Oflag (1943)


Noël, Minuit dans la salle de Gym (1943)


C'est à s'ta.. (1943)


Cauchemar (1943)


Vendredi Saint, sous les Combles du Bloc B (1944)


Amitié (Garages) (1944)


Trois Amis (1944)


Printemps dans les Garages (1944)


Grandes Vacances (1944)


Solitude, Toit Bloc A, dir.N-O (1944)


Le Phono (s.d.)


Corvée (Bloc E) (1944)


CEGES 2641 - Dessin non daté - Corvée (dé-)chargement d'un camion


Neige (Bloc E) (1945)

 

 

 

Posted by bertinj at 7:13 PM
Edited on: mardi, 11 novembre, 2008 9:44 AM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Photothèque

[Retour]

Interdiction de lâcher les pigeons

Veaux, vaches, cochons, couvées ? Selon Pierre Stéphany, vers le 1er janvier 1945, les journaux (belges) rappelaient l’interdiction de lâcher les pigeons. La crainte de l'ennemi, en effet, était partout présente. Et à la même époque, à l'opposé, "La Meuse" affirmait sur trois colonnes que "Pour tuer le marché noir, il faut libérer le porc et le veau."

N'en doutons pas: même si ce n'était pas les mêmes que ceux de nos journalistes, les pigeons de 1940 attendaient tout autant la liberté que les porcs et les veaux de 1945. "Nos" 67591 prisonniers attendirent pourtant quelques mois de plus... 67591 belges détenus dans le Reich était le chiffre d'un état allemand dressé en janvier 1945 (et cité par Jacques de Launay, dans son livre La Grande Débâcle.) Six mois plus tard, fin juin, il n'en était rentré que 60526, soit un peu plus de 7000 disparus.

Les citations de Pierre Stéphany sont extraites de son livre "Des Belges très occupés 1940-1945, Editions Racine, Bruxelles, 2005, pp.386, 387 et 419. Et cet auteur est de bonne foi bien sûr, tout comme la presse de l'époque. C'est nous qui avons l'esprit mal tourné. Sorry.

Posted by bertinj at 4:31 PM
Categories: L'Histoire

[OFLAG VIII C Juliusburg]

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Posted by bertinj at 4:29 PM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 5:03 PM
Categories: Oflag VIII C Juliusburg

[OFLAG X D Fischbeck]

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Posted by bertinj at 4:24 PM
Categories:

[OFLAG X C Lübeck]

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Posted by bertinj at 4:22 PM
Categories: Oflag X C Lübeck

[OFLAG VII B Eichstätt]

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Posted by bertinj at 4:22 PM
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[OFLAG VI A Soest]

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[OFLAG IX A/Z Rotenburg]

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Posted by bertinj at 4:19 PM
Categories: Oflag IX A/Z Rotenburg

[OFLAG IV C Colditz]

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Posted by bertinj at 4:18 PM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 4:19 PM
Categories: Oflag IV C Colditz

[OFLAG III B Tibor]

Description du Camp

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Historique du Camp

  • 1939
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Posted by bertinj at 4:18 PM
Categories: Oflag III B Tibor

[OFLAG II E Neubrandenburg]

Description du Camp

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Historique du Camp

  • 1939
  • 1940
  • 1941
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Posted by bertinj at 4:17 PM
Categories: Oflag II E Neubrandenburg

OFLAG X D Fischbeck | Le Service Santé

HACHEZ Freddy (Lettre clandestine, fin juillet 1943)

PARASITES

Parlons aussi des puces ! C’est la grande plaie du camp. Elles sont parfois dans les paillasses, faites de copeaux de bois (Je préfère la paille que nous avions à Prenzlau : elle était pourtant vieille de 4 ans !) dans les cloisons, dans les planchers, dans le sable aussi… Leurs morsures sont curieuses et fort désagréables : elles laissent des traces comme des pustules de vaccin contre la variole. Certains réagissent très fort : gourmes d’un rouge violacé qui se couronne d’une ampoule, s’envenime plus ou moins ! Quant à moi ce ne fut pas aussi grave, je suis resté dans une honnête moyenne : mes bras, mes jambes, mon ventre ont présenté l’aspect d’une bonne varicelle avec fortes démangeaisons mais cela va beaucoup mieux. Il parait qu’une certaine immunisation s’opère au bout d’un certain temps ; je suis disposé à le croire. Les dernières morsures dont j’ai été victime ont provoqué des réactions beaucoup moins fortes. Tu me demanderas : comment ne supprime-t-on pas ces sacrées bestioles ? – Tous les insecticides du monde n’y ont rien fait. On en est réduit à faire la chasse : matin et soir on passe une inspection méticuleuse de son linge, on visite sa housse et l’on est heureux comme un gosse au matin de la St-Nicolas quand la battue a été fructueuse.

OFLAG X D Fischbeck | Description du Camp

HACHEZ Freddy (Lettre clandestine, fin juillet 1943)

Nous voici dans un nouveau camp ! Que t’en dire que tu ne saches peut-être déjà ? C’est le moins bon de ceux que j’ai connus. A notre arrivée ici, nous avons tous trouvé que ceux qui s’y trouvaient déjà, avaient un aspect sale, le teint terne et poussiéreux de la population ouvrière des régions charbonnières de chez nous ! Quelques heures de séjour dans le camp ont suffi à nous donner l’explication de ce phénomène. Le camp est construit sur une colline de sable noirâtre et gras qui ressemble fort à de la poussière de charbon et que le moindre vent soulève en tourbillons ! Un de mes amis a fort bien dit de ce camp : « un terril dont on a essayé de faire une dune ! ». On a beau se laver 2 fois, 4 fois par jour ! Cela vous colle à la peau qui conserve un reflet sale ! Et le linge n’en parlons pas… (…) L’impression générale en arrivant de Prenzlau ici c’est qu’on descend d’un ou de plusieurs degrés dans le domaine du confort… Le passage d’un bel hôtel à une auberge de campagne : on paie moins cher, mais tout y est moins bien, moins bon, moins rapide, moins propre, moins confortable, moins select, moins régulier (le service des lettres et colis). Et je pourrais aligner encore toute une série d’épithètes : je te laisse le soin de les trouver.


Les baraques qui nous abritent (elles abritent puces et souris) sont fort primitives : en bois, pas très élevées, elles ne sont pourvues ni de lavoirs, ni de W.C. et comme nous y sommes enfermés du soir au matin (de 21h30 à 6h30 actuellement) la satisfaction des besoins, pendant ce temps, se fait dans des seaux sans couvercle placées près de la porte de la baraque… comme hygiène, il y a mieux… Après ce que j’ai vu et vécu en captivité, qu’on ne vienne plus me parler de typhus, de contagion, de maladies infectieuses ! J’ai acquis sur ce sujet des idées bien nettes ! Les lavoirs ne sont donc pas dans les baraques de logement : il y a 4 lavoirs dans le camp. C’est un sérieux inconvénient, car s’y rendre au saut du lit, par temps de pluie, manque totalement de charme et de confort… Quant aux installations sanitaires.

[Silence]

Le monde des prisonniers est "très fermé"

Le monde des prisonniers est "très fermé". (Citation de Jacques PERRET, Le Caporal épinglé, Contes de Fées, p.215)

Faut-il en rire?

Larvatus prodeo

Saint-Germain ou la Négociation

Ces marins de la Royal Navy, capturés par des soldats iraniens, prisonniers médiatisés à la une, en situation de guerre, libérés en avril 2007 tout aussi médiatiquement et tout autant à la une par l'Iran, au prix d'excuses publiques, confessant leurs (vilains) péchés commis contre les fidèles de M.Ahmadinejad, autorisés à décrire leurs pénitences moyennant rémunération de leurs interviewers... Puis le silence. On ferme le dossier. Rien ne s'est passé. Rien ne se passe plus. A-t-on cauchemardé?

Et ce journaliste italien, pris en otage par les Taliban, libéré gratis pro Deo (ou pro Prodi) par les généreux jihadistes, accueilli très médiatiquement par sa fille au-joli-coup-de-rein (comme aurait écrit Homère)... Puis, le chauffeur ou l'interprète du journaliste proprement découpé. Et nouveau silence de chapelle mortuaire.

Exemples! Tout démontre que le public n'est que très mal informé, que des "choses" se passent sous le manteau.

Comme l'écrivait Francis WALDER (né Waldburger), cet officier artilleur belge, ex-prisonnier des années 40-45, Prix Goncourt en 1958, né en 1906, décédé en 1997: ...le contraste m'a saisi de tant de puissance ressentie, tant de ressources exploitées, et du peu qui s'en est manifesté à la surface du monde visible. J'en ai conclu que toute activité véritablement humaine se referme sur soi, que les combats d'hommes se déroulent dans l'ombre, que ce qui en parait finalement à la lumière et qu'on appelle victoire ou défaite n'est qu'arrangement factice, fait pour les yeux de la multitude et sans rapport avec le fond. Dés lors celui qui aime construire se doit d'agir obscurément.

C'est ce que firent sans doute, mais pour la plupart sans s'en douter, contre leur gré plus que probablement, les 70000 prisonniers pour la plupart wallons ou bruxellois francophones (plus quelques flamands se sentant belges) que "la puissance détentrice" maintint derrière les barbelés entre mai 40 et mai 45. Des exilés, au sens du Dictionnaire dicté par le Diable vers 1911 à Ambrose Bierce. Exilé: personne qui sert son pays en résidant à l'étranger, sans être pourtant ambassadeur.

Larvatus prodeo, je m'avance masqué... (Devise de Descartes)

La Chute d’Icare

La fable de la Chute d'Icare. Dédale et Icare, récit mouvementé de l'évasion de 2 prisonniers célèbres. Evasion manquée d'Icare, réfléchir aux causes de son échec.

Considérer le tableau de Pierre Bruegel au Musée d'Art Ancien de Bruxelles. Pourquoi le peintre s'est-il braqué (avec discrétion) sur l'échec d'Icare? Pourquoi une réplique de ce tableau, qui présente aussi Dédale, est-elle en général moins appréciée?Andromède, première prisonnière

Le nom du premier prisonnier théorique de l'histoire humaine, Prométhée. Ce n'est pas la nuit des temps, mais c'est très loin.

Et le nom de la première prisonnière?

Andromède, fille de Céphée le roi d'Ethiopie et de Cassiopée sa femme. La cause était entendue: Cassiopée avait prétendu que sa fille était plus belle que les Nymphes. La beauté de votre fille ne se discute pas. Le père des Nymphes, Poséidon en personne, vengea l'honneur de ses filles non pas en augmentant la beauté de ses filles, ni en enlaidissant Andromède. Il enchaîna celle-ci sur un rocher que gardait (protégeait) un serpent-crocodile-baleine (Cetus ou Léviathan), qui se trouva ainsi prisonnier autant que sa prisonnière, mais sans chaînes. Cette captive ne fut qu'une chétive victime, le héros fut le grand Persée, qui passant par là, tua le serpent-crocodile-baleine et détacha sa captive.

Les noms changent, le récit demeure, fluctuant comme Protée.

Que Persée fut bien plus honoré de sa victoire que la victime libérée, qui s'en étonnerait? Tous les acteurs de cette histoire, sauf peut-être les Nymphes, sont aujourd'hui des constellations (Comprenez: des figures illusoires de l'humanité lorsqu'elle contemple le firmament sans l'obstacle des néons des autoroutes et des villes).

Les Hébreux célébraient le vainqueur du Serpent autant que les Grecs. Ils en faisaient même leur Dieu, Yahvé: "Ce jour-là, Il châtie de son épée, dure, grande et forte, Léviathan le serpent qui s'échappe, Léviathan le serpent tortueux, il tue le dragon qui hante l'océan." (Isaïe XXVII, 1)

Et les Egyptiens l'évoquaient partout dans leur Livre des Morts et sur les murs de leurs tombeaux.

Lui le victorieux, Andromède beaucoup moins.

On finira par l'omettre tandis que Persée sera christianisé en Saint-Georges ou Saint-Michel. Quant au Serpent-Crocodile-Baleine, lui aussi pourtant "libéré" de ses devoirs de tyrannosaure protecteur, il ne lui reste plus qu'à se faire oublier.

Comme l'écrivit Hergé, au lendemain du Débarquement de Normandie: "Seigneur, libérez-nous de nos Protecteurs et protégez-nous de nos Libérateurs." Mais le père de Tintin avait ses raisons pour prier ainsi.

Posted by bertinj at 8:58 AM
Categories: L'Histoire

[Les Colis]

Aumône

Bombardement ravageur d'Anvers et de Vieux-Dieu (Oude God, Mortsel, Usines Gevaert), 3 avril 1943. Les occupants s'associèrent pompeusement aux manifestations en l'honneur des morts et des sinistrés. Une collecte pour les victimes fut organisée parmi les prisonniers de l'Oflag II-A à Prenzlau (sources: lettres clandestines de Raymond GABRIEL (s.d.) et de Raymond TASSIER, 12.9.1943)

N'y ayant si pauvre, vil et abject, criminel et prisonnier, à qui cette permission (de faire l'aumône) soit jamais par aucune loi refusée. (Marie Stuart, lettre du 15 mai 1585, citée www.dicocitations.com)

Posted by bertinj at 8:56 AM
Categories: La Vie dans le Camp

[Mémoire]

Les vivants et les morts

Les morts ne vivent plus que par les vivants. Ce mot est de Valéry, je crois. Je sais, je sais, il en est qui n'apprécieront qu'à moitié la formule, et même pas du tout. Disons alors que les morts ne vivent sur cette terre que par ce qu'en diront encore les vivants. Est-ce que tout le monde est d'accord maintenant?

Notez qu'il y a mille façon de faire vivre, il y a en parler, en faire des livres ou des films ou des pièces de théâtre, des monuments ou des stèles ou des vitraux, les évoquer sur le net, retrouver et reproduire des photos, des dessins, des objets, se rendre dans les cimetières, péleriner sur le lieu de leur sacrifice. Ainsi vivent encore les morts de Crécy ou d'Azincourt.

Il y a aussi y penser, en transmettre la mémoire aux suivants. On peut même prier pour eux, si tant est que prier est souhaiter ardemment quelque chose, ne serait-ce que souhaiter ce que les morts eux-mêmes souhaitaient avec vigueur, quand ils avaient de la vigueur.

Posted by bertinj at 8:54 AM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 9:01 AM
Categories: L'Histoire

[Souffrances]

La pire des Déchéances

La pire des déchéances, celle de l'homme que d'autres ont dépossédé de lui-même (Raymond Guérin, préface à "La Peau et les Os" de G.Hyvernaud. Raymond Guérin est aussi l'auteur de "Les Poulpes") Tags: politique, vie,

La liberté selon les Stoïciens

Est libre celui qui vit comme il veut, qu'on ne peut pas contraindre ni empêcher, ni forcer, dont les volontés sont sans obstacles, dont les désirs atteignent leur but, dont les aversions ne rencontrent pas l'objet contesté. (Epictète, ex-esclave, Entretiens IV I.1

Illusions ?

Qu Yuan, dans les Elégies de Chu (Chant du Pêcheur), déclare: Le monde est ivre, moi seul suis lucide. C'est ainsi qu'on est libre d'esprit et de corps. A quoi Hong Zicheng, en ses Propos sur la Racine des Légumes, II, 18, répond: Laisser les autres courir après les honneurs et les profits, mais ne pas leur reprocher leur ivresse. Etre détaché et naturel, mais ne pas se targuer d'être le seul lucide. C'est là ce que le Bouddha appelle ne pas être prisonnier des phénomènes et des illusions. Mais laisser le monde à ses ivresses sans prétendre à la lucidité, était-ce là le vrai problème des prisonniers des oflags et des stalags derrière leurs barbelés ou leurs barreaux? Les miradors, les sentinelles, les corvées, les humiliations, la faim, le froid, la censure étaient-ce des illusions?

Droit à la Liberté

Tout homme a droit à 24 heures de liberté par jour.

Espoir

Souffrir un an, deux ans, bon! Mais répéter ça pendant des années et des années, sans jamais savoir si on en verra le bout, c'est cela qui, à la longue, paraissait inadmissible. Le condamné aux travaux forcés à perpétuité sait au moins à quoi s'en tenir. Avec un peu de philosophie, il peut encore essayer de s'organiser. Mais imaginer le gars qui, chaque matin, se demande s'il n'est pas là jusqu'à la fin des fins. Et qui par dessus le marché, se sent parfaitement innocent. Car il lui restait de l'espoir! On dit que l'espoir fait vivre. Mais aussi l'espoir fait mourir à petit feu. Il use les nerfs. C'est une drogue qui excite sur le moment. Après qu'elle a cessé de faire effet, on retombe plus bas encore... (Raymond Guérin, préface à G.Hyvernaud, "La Peau et les Os")

Une Cause juste

Words cannot express the exultation felt by the individual as he finds himself, with hundreds of his fellows, behind prison bars for a cause he knows is just. - trad.fr.: Aucun mot ne peut exprimer l'exultation d'un individu qui se retrouve, avec des centaines d'autres, derrière des barreaux pour une cause qu'il sait juste. (The Words of Martin Luther King, selected by Coretta King)

D'accord, mais s'il est seul? Et s'il est pris de doute?

Degré d'humidité

Dans "La Vie dans un Oflag - Cinq Années derrière les Barbelés" (Gembloux, Duculot, s.d.mais vers 1946), un livre consacré à l'Oflag X-D (Fischbeck-Harbourg, non loin d'Hamburg et d'Altona), l'Aumônier militaire J.KEMPENEERS, note, p.96: "Léon BLOY aurait écrit quelque part: "La captivité est comme une campagne où il pleut toujours..."

Et selon Jean-Paul KAUFMANN, otage au Liban pendant 3 longues années, écrit dans "La Chambre noire de Longwood", (Napoléon à Sainte-Hélène): "La captivité est d'abord une odeur... l'humidité qui exsude des murs et des cheminées."

Finalement on est très près de Job mon ami (VII, 12) quand il se demande s'il est une mer ou une baleine pour avoir été enfermé par son Seigneur comme dans une prison.

Posted by bertinj at 8:49 AM
Categories: La Vie dans le Camp

[Méditer]

Objectifs intemporels

L'homme contraint à l'inactivité se fixe des objectifs intemporels. (J.de Launay, La Belgique à l'Heure allemande, p.257)

Posted by bertinj at 8:49 AM
Categories: La Lutte contre l'Ennui

[Prisonniers célèbres]

XVIème Siècle

LUDOVIC SFORZA, duc de Milan, dit LUDOVIC LE MORE (1500-1508), Celui qui n'était pas content.

En 1500, le peuple de Milan, durement opprimé par un certain Trivulce, se révolte. Les Français assiègent la ville. Le duc Ludovic, qui a profité du soulèvement populaire pour reprendre le trône, tente de quitter Milan encerclé, en se cachant parmi des mercenaires suisses. L'un d'eux cependant le trahit et le vend aux assiégeants. Livré au général français La Trémoille, il est expédié comme prisonnier en France et enfermé par le roi Louis XII au Martelet du Château de Loches (où il mourra après huit ans de captivité).

On visite encore aujourd'hui son appartement. Il en orna les murs de ses graffiti, les signant des termes "celui qui n'est pas contan" (sic).

Il avait été le mécène de Léonard de Vinci et de Bramante, entre autres artistes et savants.

Lien: www.37-online.net/chateaux/loches.html

On comprend son mécontentement, pauvre homme. Pourtant ce genre de prisonnier avait bien des consolations. Il aurait pu lire par exemple les Pensées de Marc-Aurèle (VI, 48) "Rien ne rend plus content que les images des vertus apparaissant dans les caractères de nos compagnons de vie". Après tout, Ludovic le More n'était pas totalement isolé ou tournant en rond avec d'autres prisonniers mécontents comme lui. L'empereur stoïcien avait écrit auparavant "Si tu veux éprouver de la joie, songe aux mérites de ceux qui vivent avec toi, à l'activité de l'un, à la conscience d'un autre, à la générosité d'un troisième ou à telle autre qualité."

XIXème Siècle

Louis GARNERAY, compagnon de SURCOUF, peintre du Grand Amiral de France (1783-1857)

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Ce parisien venait d'une famille de peintres, les GARNEREY. Il changea l'orthographe de son nom et devint GARNERAY. Il s'engage à 13 ans dans la marine grâce à la recommandation d'un oncle capitaine. Il va vivre une vraie vie de marin jusqu'à sa capture par les Anglais. En 1806, ceux-ci le débarquent sur les pontons en rade de Portsmouth. Il y restera 8 ans (jusqu'à sa libération par la fin de la guerre) jusqu'en 1814.

Son livre "Mes Pontons" (ou Un Corsaire au Bagne) est fameux, tout comme ses autres livres et ses tableaux de marine.

Lien : Prisonniers des Pontons anglais pendant les Guerres napoléoniennes 

XXème Siècle

Iakov DJOUGACHVILI, le fils de STALINE (1903-1944)

Dans une lettre clandestine datée du 12 septembre 1943, un officier belge prisonnier à Prenzlau (Oflag II-A) évoque l’arrivée de compatriotes venant du camp de représailles de Lübeck. Ils « n'apportent guère de nouvelles. Les représailles ne consistaient qu'en une nourriture un peu plus serrée, mais le moral y était excellent car ils étaient en contact avec des Français, des Yougoslaves et des Polonais. C'est aussi là que le fils de Staline, se trouvait au début. ». Au début de quoi ? Cette dernière phrase laisse entendre qu’il n’était plus à Lübeck en septembre 1943. A Lübeck, se trouvait aussi le fils de Léon BLUM

Né en 1903, Iakov (Iacha) DJOUGAVICHLI était le fils aîné de STALINE et de sa première femme, Ekaterina (Kato) SVANIDZE. Après la mort de la mère en 1907, STALINE ne s’entendit pas avec le fils. En raison de la très grande dureté de son père envers lui, Iakov aurait tenté plus tard de se suicider une première fois avec une arme à feu. Mais il survécut. STALINE déclara simplement : « Il ne peut même pas tirer droit. » Iakov servit toutefois dans l’Armée rouge où il fût lieutenant.

Pris par les Allemands en juillet 1941 en des circonstances qui n’ont pas été élucidées, il ne connut plus la liberté.

On veut bien écouter les "leçons de courage" que donnaient les vétérans de 40-45 aux jeunes dans les écoles des Rouges, rappelant qu'il faut être "prêt à défendre sa patrie ». Mais on constate en même temps qu’il y eut dans ces leçons peu d'allusions à l'Ukase 227 signé par Staline en août 1942 (*), qui interdisait à tout soldat soviétique de faire un pas en arrière. Tout soldat soviétique qui se rendait, et donc tout prisonnier soviétique, était considéré comme traître.

En juillet 1943, STALINE refusa avec logique d’échanger son fils contre le Maréchal PAULUS, le vaincu de Stalingrad capturé par les Rouges (A Friedrich PAULUS, HITLER avait aussi implicitement interdit de se rendre en le nommant Feld-Maréchal le 30 janvier 1942, ce qui n’empêcha pas sa défection ). STALINE aurait biaisé en déclarant : « Un lieutenant ne vaut pas un maréchal… ». Certes ! D’après d’autres, le Petit Père des Peuples aurait aussi affirmé : « Je n’ai pas de fils.» Il reste qu’en vertu de ses propres dispositions répressives contre les prisonniers russes considérés comme des traîtres et comme exposant leurs familles à des représailles, STALINE fit encore arrêter quelque temps la jeune femme de son fils.

Après Lübeck, Iakov fut envoyé à Sachsenhausen, ce qui n’était certainement pas un traitement de faveur. Un rapport officiel indiqua qu’en 1944, à Sachsenhausen, Iakov s’était suicidé en se jetant contre des barbelés électrifiés du camp. Les circonstances exactes de ce suicide sont également obscures, la thèse du suicide n’est cependant guère controversée.

Friedrich PAULUS (envoyé à Nuremberg par les Russes sous le pseudonyme de SATRAP) accepta en 1945 de témoigner au fameux procès des criminels de guerre nazis. Il fut, quant à lui, fut libéré en 1953, 2 ans avt les autres combattants allemands de Stalingrad. Il n’en obtint que le mépris de ses compatriotes et de ses soldats. Il mourut dans son lit en 1957 à 67 ans

D’après Milan Kundera, De l’insoutenable Légèreté de l’être, 1984 (Nesnesitelna lehkost byti, en tchèque, 1982), « Sur le plateau de cette balance qui monte pitoyablement, soulevé par l'infinie légèreté d'un monde devenu sans dimensions », un seul personnage osa ouvertement y jeter son corps pour empêcher cette ascension : le fils de Staline qui a donné sa vie « pour de la merde ». Le fils de Staline, Iakov Djougavichli (Iacha) était prisonnier dans un camp allemand avec des officiers anglais (à Sachsenhausen ? Vraiment ?) qui voulaient qu’il nettoye les latrines comme tout le monde. Ne supportant pas l'humiliation, et n'ayant pu obtenir audience du commandant du camp, il se suicida. Kundera : « Si le fils de Dieu (comprenons « le fils de Staline ») peut être jugé pour de la merde, l'existence humaine perd ses dimensions et devient d'une insoutenable légèreté. Alors le fils de Staline s'élance vers les barbelés électrifiés pour y jeter son corps comme sur le plateau d'une balance qui monte pitoyablement… »Cette interprétation de Kundera n’est pas établie. Il s’en faut.


(*) Que l’URSS n’ait pas adhéré à la Convention de Genève de 1929 au sujet des Prisonniers de Guerre fut un immense drame tant pour les Allemands que pour les Rouges. Le fait ne freina pas la frénésie d’Hitler, lorsqu’il se dressa par traîtrise contre l’URSS, exposant ainsi ses propres soldats à la vindicte certaine d’un ennemi sans scrupules. L’ukase stalinien d’août 1942 confirmait les abstentions de 1929 ; il coûta la vie à 13 500 soldats soviétiques, rien qu’à Stalingrad, et décréta la formation de "bataillons disciplinaires", envoyés en première ligne de front et surveillés à l'arrière par des sections du NKVD exécutant les ordres de fusillade avec zèle. Des centaines de milliers d'"ennemis du peuple" ne méritant alors plus que d'être exécutés, ou d’être envoyés purger leur peine dans les camps du Goulag dès leur retour dans l’obédience communiste... Les prisonniers russes « délivrés » à Parchim et ailleurs en contrepartie des prisonniers occidentaux « libérés » par les Soviets, n’étaient pas très enthousiastes à l’idée de rejoindre leurs anciens camarades. La fidélité à la patrie soviétique n’empêcha pas non plus les 50 000 "Hiwis" (Hilfswillige), auxiliaires volontaires d’aller se battre du côté allemand, de même que les "Vlassovtsy", du nom du général Vlassov, passés, dès 1941, avec armes et bagages du côté hitlérien, dans l'espoir de libérer la Russie du bolchevisme. Ajoutons les Cosaques, dont une partie, encore traumatisée par la "décosaquisation" des années 1930, n'hésita pas longtemps entre les deux camps en 1941-1942. Comment en vouloir aux Lettons, aux Polonais qui voudraient reléguer ou relèguent effectivement tel ou tel monument érigé aux inconditionnels de Staline plutôt qu’à la gloire de la Russie? On pense à d’autres statues trônant encore dans certaines autres capitales, à la Karlsplatz de Vienne par exemple. Se souvenir enfin que la victoire de l’Union soviétique n'appartînt pas qu'aux Russes. Des bataillons entiers de Kirghizes, de Kazakhs, des Tadjiks, maîtrisant encore très mal le russe, étaient envoyés stopper l'ennemi nazi sur le front de Stalingrad ; tout comme des Caucasiens, (Karatchaïs, Ingouches, Tchétchènes, Balkars) qui furent à leur retour "récompensés" par la déportation. Comment oublie-t-on enfin cette autre phrase de Staline : "Nos soldats ne défendent pas une ville vide", sans penser aux familles vivant sous des tapis de bombes, dans l'interdiction d'être évacuées de Stalingrad, la ville de Staline.?
Posted by bertinj at 8:22 AM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 8:41 AM
Categories: L'Histoire

[Les Prisonniers]

Captifs! Chétifs!

Le latin captivus a donné au français le mot chétif qui, plus tard, a pris le sens particulier que nous lui connaissons. Et l'on a fait un mot nouveau: captif.

Captifs! Chétifs!

Lire: Les Chétifs, Récit, par Roland CRAHAY, Charles Dessart Editeur, Bruxelles, s.d.vers 1946

Posted by bertinj at 8:20 AM
Categories: Les Hommes du Camp

[Synthèses et Réflexions]

L'Histoire

La seconde Guerre mondiale
  • 1939
  • 1940 - Capture. - Acheminement,colonnes,wagons - Transits - Premiers oflags : Soest, Rotenburg, Eichstätt, Tibor.
  • 1941 - Stabilisations
  • 1942
  • 1943 - La chute de stalingrad. - Séparation Prenzlau/Fischbeck.
  • 1944 - Avant le Débarquement. - Le Débarquement - Libération du pays et conséquences.
  • 1945 - Bombardements - Exode - Période russe - Libération des camps - Le retour.
Prisonniers célèbres
Souvenir

Descriptions des Camps

Les Hommes du Camp

  • Les Prisonniers - Listes - Psychologie du prisonnier - Les évadés - Les malades "Dienstunfähig" - Les punis : droit de punition, les cachots, envoyés en camp de représailles, envoyés en forteresse - Les morts et évadés surpris - Les blessés et les invalides - Les PG belges des Stalags, les ordonnances - Les prisonniers des autres nations - Les Prisonniers politiques et les Déportés
  • Les Gardiens - Les Uniformes - Les officiers des camps - Les sentinelles - Le logement des gardiens - Les chiens - Les furets (ferets) - Les censeurs et les caches de censure - Leurs surnoms - L'armement- L'outillag
  • Les Réfugiés et les Passants
  • Les Alliés - Description et comportements des Anglais, des Américains, des Russes et autres.

La Vie dans le Camps

  • Horaires
  • L'Organisation des Services - Les commandements - Le secrétariat - Les compagnies - Les rassemblements - Les chambrées - Les repas - Les appels - Les fouilles.
  • Corvées - Corvée de Quartier - Corvée Distribution & Bouteillons.
  • La Lumière - Extinctions - Loupiotes, lumignons.
  • Le Chauffage - Chauffage central - Chauffage de secours - Couvertures.
  • Le Service Santé - Médecins, dentistes - Infirmerie du camp - Les médicaments - Les épidémies - Les parasites:poux, puces, pucerons - Hôpital, Lazarett.
  • Manger - Les menus: matin, midi, soir - L'eau - Les distributions - Le rationnement - Les partages - La qualité et la quantité - Cuisiner : popotes, choubinettes / cubilos, combustibles - Cultiver, récolter - Chasse au petit gibier - Festins.
  • Les Soins corporels - Se laver - Douches - Bains, baignades - Gymnastique.
  • La Lessive et le Repassage
  • Coudre et réparer vêtements et chaussures.
  • Chambre de Prisonnier de Guerre
  • Les Souffrances des Prisonniers - Subir -Privation de liberté: confinement et surpopulation, limitations des mouvements, durée de détention inconnue - Limitation des occupations vitales - Brimades - Mésententes.
  • Les Colis - Ce qui est permis, ce qui est prohibé - Les colis dans la Correspondance.
  • Ecrire - Courrier - Agenda et Memoranda - Recopier - Résumer.
  • Informer et s'informer - Journaux admis - La Recherche d'Info : tuyaux, canard, boîtes à canards, journaux de camp, journaux muraux (affiches), périodiques polycopiés - Le Journal oral : le Facteur.
  • Métiers autorisés - Bibliothécaire, coiffeur, cousette/couturier, électricien, horloger, jardinier, menuisier, pompier, relieur.
  • Commerce, Marché noir, Solde
  • Tabac et Alcool
  • Le Service religieux - Foi, pratique religieuse - Différents cultes présents - Aumôneries organisées - Chapelles - Messes en plein air - Commémorations religieuses : Noël, Pâques - Obsèques.

L'Utilisation des Loisirs; la Lutte contre l'Ennui

  • Ne rien faire - Chômage forcé (officiers) - Les Neuvaines.
  • Se Promener
  • Méditer
  • Lire - Quelle Lecture ? - Livres interdits - La Bibliothèque.
  • Formation
  • Cours, Universités - Conférences - Auto-formation.
  • Sports - Pratique courante - Compétitions.
  • Arts - Peindre, dessiner - Ecrire un Livre - Musique, Orchestres, Chorales, Concerts, Danse - Théatre - Exposer - Poser pour un Dessin ou une Photographie.
  • Jeux - Echecs - Jeux de Société - Jeux de Cartes: Dames, Réussites, ... - Compétitions organisées - Casinos, Loteries.
  • Les Cercles - Cercles politiques - Cercles d'Amateurs - Scouts - Loges.
  • Bricoler

Résister

  • Patriotisme, Moral, Fronder - Observer, Espionner - Humour.
  • Subvertir, saboter - Métiers interdits: serrurier, photographier, faux papiers, radio-reception, fabrication d'outils prohibés - Métiers autorisés en partie interdits : coudre et vêtements civils, forger et les outils, imprimer et les faux-papiers - Courrier interdit : sous-entendus, messages codés, envois clandestins,colis interdits - Corrompre : les civils, les gardiens.
  • Fuir, s'évader - Motivations et Conditions - Types d'évasion - Evasion : préparatifs, méthodes, moyens - Destination : famille, pays neutre, alliés combattants - Recapture et Sanctions.
Posted by bertinj at 8:05 AM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 4:32 PM
Categories:

[Service religieux]

Dieu en geôlier

Lectures pieuses et interprétations

Numquid - Mare sum ego, aut cetus - quia circumdedisti me carcere? - Trad. franc. Mon Dieu, suis-je une mer ou une baleine pour avoir été enfermé par vous comme dans une prison ?

Cette traduction de Job VII, 12 est de Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Job. - La Bible de Jérusalem explique la mer comme les eaux antérieures à la séparation des eaux et de la terre à la création, et la baleine comme une personnification des monstres marins peuplant ces eaux.

Mais ce qui compte, c'est que Job se sent prisonnier, il est emprisonné et il considère son Seigneur comme un geôlier qui l'enferme et non comme un libérateur.

Après tout, Caïn eut la même impression avec l'œil de Dieu (et elle ne fut pas passagère)

Posted by bertinj at 7:44 AM
Categories: La Vie dans le Camp

[Ecrire]

Ecrire - Courrier - Agenda et Memoranda - Recopier - Résumer.

Censure

Lettres : quand on les écrit, on a l'impression d'être le prisonnier qui parle à sa femme à travers une grille sous l'œil d'un gardien à casquette et trousseau de clefs qui compte les minutes.

(G.Hyvernaud, Carnets d'Oflag, Le Dilettante, p.112)

On n'est tout de même pas Caïn parce qu'on est prisonnier. Dans un poème de La Légende des Siècles, poème intitulé La Conscience, Victor Hugo consacre une centaine de vers à Caïn, poursuivi par un œil omniprésent. Protégé par ses enfants, nomades, derrière des murs de toiles de tentes, de bronze et de granit, Caïn va jusqu'à s'enterrer, mais rien ne peut arrêter l'œil de Dieu: « L'œil était dans la tombe, et regardait Caïn ». L'œil du Dieu geôlier?

Posted by bertinj at 7:28 AM
Categories: La Vie dans le Camp

samedi, 08 novembre, 2008

[1942]

20-jan Allemagne, Wannsee Conférence secrète de Wannsee (extermination des Juifs)
M.Ferro,Questions s/la 2e Guerre Mondiale

04-mar France, Paris Bombardement de Paris

17-avr Allemagne, Königstein Evasion du Général français GIRAUD vers France via Genève - Fureur des Allemands - Sa tête est mise à prix (100.000 RM) - Toute complicité entraîne la mort - Retombées sur les PG, Français surtout.

27-mai Tchécoslovaquie, Prague Attentat contre HEYDRICH
Ferro, p.187

21-juin Afrique, Tobrouk Prise de Tobrouk par ROMMEL

27-juin  
Hitler: "J'ordonne que l'on fasse immédiatement le nécessaire pour que l'influence de Degrelle soit déterminante dans le choix des prisonniers belges qui doivent être libérés. Il va sans dire que ceux qui exposent leur vie pour l'Europe de demain doivent avoir par priorité l'audience du Reich. J'ajoute que jusqu'ici nous avons eu beaucoup trop d'égard pour les réactionnaires belges. Ce fut une erreur de ne pas emmener le roi Léopold en captivité et de lui avoir permis de rester en Belgique, par courtoisie envers ses intercesseurs italiens. Si le roi des Belges n'est pas une lumière, c'est en revanche un homme très intriguant..."
Hitler,Libres propos sur la guerre & la paix, pp.174-175 - V.ég.M.FERRO, Questions s/la 2e Guerre M.,p.105

03-juil Afrique, El Alamein ROMMEL à El Alamein

19-août France, Dieppe Echec du débarquement canadien

12-sept URSS, Stalingrad Pression et assaut des Allemands sur Stalingrad

23-oct Afrique, El Alamein Début de l'offensive anglaise à El Alamein
Ferro, p.188

07-nov Gibraltar GIRAUD "passe" à Gibraltar. De là il ira en Afrique du Nord

08-nov Afrique Opération "Torch"- Débarquement allié en Afrique du Nord (Casablanca, Oran & Alger)
Ferro, p.188

11-nov France Invasion de la zone Non-o (non-occupée ou libre)

13-nov Afrique, Tobrouk
Les Anglais reprennent Tobrouk

27-nov France, Toulon Sabordage de la flotte française

24-dec Afrique, Alger Assassinat de l'Amiral DARLAN. GIRAUD lui succède. Il est soutenu par Roosevelt

1941 <- | -> 1943

Posted by bertinj at 6:23 PM
Edited on: dimanche, 09 novembre, 2008 9:02 AM
Categories: L'Histoire

OFLAG II A Prenzlau | Jeux

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Divers...

De nombreux officiers jouaient aux cartes et de multiples tournois de bridge, de couillon et d'échecs ont été organisés, surtout l'hiver.

OFLAG II A Prenzlau | Lire

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Bibliothèque

Une bibliothèque de 6000 volumes environs existe au camp, composée de livres de tous les genres: délassement, études, étrangers. Un atelier de reliure les maintient en bon état et de nombreux officiers se sont initiés aux mystères de cet art.

OFLAG II A Prenzlau | Type de Camp

Le camp de Prenzlau était un camp pour officiers (Offizierlager) prisonniers de guerre.

Il était rattaché à la région militaire WK II (Wehrkreis) de Stettin.

voir aussi: Désignations des Camps et Carte de l'Allemagne de 1942

Posted by bertinj at 5:12 PM
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 5:17 PM
Categories: Description du Camp, Oflag II A Prenzlau

OFLAG II A Prenzlau | Ecrire

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Correspondance:

Les prisonniers reçoivent alternativement une lettre et une carte tous les 10 jours. Les officiers généraux un plus grand nombre et les pères de famille nombreuse (5 enfants au moins) ont droits à une lettre mensuelle en plus.

La correspondance est distrribuée deux fois par jour par un officier postier bénévole qui la remet dans les chambres après l'avaoir reçue du bureau centrale belge. Toutre la correspondance est censurée plus ou moins attentivement suivant le censeur et son humeur du moment. Les durées d'aller et retour des correspondances sont très variables : 10 à 25 jours pour la Belgique, jusqu'à 1 an pour les Etats-Unis.

OFLAG II A Prenzlau | Le Chauffage

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Casernement et Installation matérielle:

Chauffage des locaux. Les locaux disposent du chauffage central, mais celui-ci, par suite des restrictions de plus en plus fortes, est nettement insuffisant. L'hiver 42-43, on ne donnait que quelques coups de chaleur par jour et pendant la soirée et dans beaucoup de chambres, les radiateurs ne tiédissaient même pas; les caves sont supposées être chauffées par les tuyauteries d'amenée et de retour de vapeur garnies d'amiante. Les genriers étaient évacués l'hiver. Certains officiers viennent à l'appel enveloppés dans leurs couvertures et sont obligés de conserver celles-ci sur eux pendant toute la journée. L'hiver, de nombreux officiers circulent en sabots.

OFLAG II A Prenzlau | Informer et s'informer

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Correspondance:

Il existe dans tous les blocs et garages un organisme qui diffuse tous les soirs les nouvelles de toutes espèces et de toutes sources après la fermeture de ceux-ci. La traduction du communiqué allemand et des articles intéressants, des nouvelles de Belgique reçues clandestinement ou autres, des bruits "venant du dehors" sont ainsi lus journellement. Ces émissions sont très suivies surtout en période d'activité militaire et ont fortement contribué à soutenir le moral pendant les périodes sombres.

Les prisonniers sont autorisés à s'abonner à des journaux et publications allemands, belges et français. Les journaux allemands locaux sont reçus le jour même, les grands quotidiens le lendemain; les journaux belges et français avec un décalage de quelques jours. Un diffuseur placé dans la cour donnait les communiqués allemands et les émissions spéciales; depui les revers en Russier, le poste est soi-disant hors service.

De nombreuses publications bien illustrées rédigées par des associations régionales circulent sous le manteau.

OFLAG II A Prenzlau | Métiers autorisés

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Ateliers de Réparation

Il existe un atelier de couture et une cordonnerie; le personnel ouvrier est belge, sous direction et surveillance allemande. Les objets à réparer sont pris et remis toutes les semaines, mais le tour ne revient que tous les deux mois et on ne prend qu'un seul objet à la fois. Au moment de mon départ (fin juillet 1943), il fallait fournir les matières nécessaires aux réparations, cuir ou étoffe. Les débrouillards s'en tiraient et les ouvriers s'enrichissaient. Lorsqu'un objet était irréparable, les Allemands au début l'échangeaient, mais donnaient des effets polonais, norvégiens, français, anglais, etc... mais jamais belges. Actuellement, le magasin était presque vide et l'on obtenait d'effets qu'en soudoyant le sous-officier allemand.

Les chaussures hors d'usage étaientr remplacées par des sabots avec tige en cuir.

En mai-juin, des chaussures américaines et anglaises ont été distribuées aux prisonniers.

Coiffeur

Une petite chambre sans meuble ni eau courante sert de salon de coiffure; on vous y coupe tout juste les cheveaux "à la boche". Personnel belge, matériel difficilement remplaçable.

OFLAG II A Prenzlau | Formation

GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"

La lutte contre l'ennui....

(...) Pour passer le temps, de nombreux prisonniers se mirent à enseigner ce qu'ils savaient : langues, technique automobile, mathématiques, littérature, à quiconque voulait bien les écouter. Si l'on songe que certains officiers de réserve étaient historiens, professeurs d'université, artistes, on comprendra que les Oflags aient pu prendre des allures de petites universités (...)

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Utilisation des Loisirs

Les nombreux cours de toutes espèces qui avaient été organisés lorsque près de 1000 officiers de réserve, dont de nombreux professeurs, étaient à Prenzlau, ont dû être supprimés ou modifiés à leur départ. De nouveaux cours devaient reprendre en octobre, avec les éléments de l'active présents au camp. Des cours pour les différentes promotions de l'école militaire s'organisaient avec les professeurs et les répétiteurs de l'école. Certains groupements s'étaient aussi formés dans le but de maintenir et de développer les qualités morales et civiques des jeunes officiers et d'autres s'étaient donné pour tâche l'étude des questions sociales, des réformes à proposer après la guerre, etc..., etc... La plupart ont été désorganisés par le départ des officiers de réserve.

OFLAG II A Prenzlau | Sports

GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"

La lutte contre l'ennui....

(...) ceux qui ne se sentaient pas trop affaiblis firent de la gymnastique et pratiquèrent le deck-tennis, la balle-pelote ou même football.

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Sports:

De nombreux officiers de tous âges et de tous grades s'adonnaient au sport et à l'éductation physique. Des cours de moniteurs avaient été créés par les professeurs de l'I.M.E.P. et de nombreuses reprises se succédaient au gymnase et sur le terrain de sport. Un tennis couvert existait dans la salle de gymnastique mais les balles devenaient introuvables; de nombreux cours de deck-tennis existaient mais les anneaux sont rares. Un terrain de football existait entre les blocs, de nombreux matchs s'y sont disputés, mais les chaussures manquent.

Plusieurs fois par an, de grandes compétitions sportives avaient lieu parmi les nombreux athlètes du camp. Les bains de soleils étaient aussi très à l'honneur à la bonne saison et les adeptes du nudisme presque intégral très nombreux. Les tables de ping-pong avaient également de nombreux fervents.

Pendant la bonne saison, les officiers pouvaient aller au bain installé à 40 minutes du camp, au bord du lac. On s'y rendait par groupe de 100, avec un officier allemand et quelques sous-officiers pour encadrer; on devait signer une déclaration sur l'honneur par laquelle on s'engageait à ne pas s'évader à l'occasion du bain. Malheureusement, il y avait tant de désireux qu'on ne pouvait guère en profiter que 3 ou 4 fois pendant la saison.

OFLAG II A Prenzlau | Commerce, Marché noir, Solde

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Cantine

Une cantine existe au camp, vendant tout ce qu'elle peut acheter à l'extérieur, autant dire rien. De temps en temps, un peu de bière, de la poudre de dentifrice, du sel, des livres allemands, etc...

Foire aux Echanges

Une fois par semaine, une foire aux échanges a lieu au réfectoire. Objets ou aliments sont échangés ou vendus. Les prix sont fixés par une commission et un pourcentage servant à constituer des fonds de secours est prélevé sur les ventes. Cette foire permet aux non-fumeurs de troquer leurs cigarettes pour des vivres.

Solde

La solde est payée tous les 10 jours en lager marks et est proportionnelle au grade. Un major touchait 108 lager marks pour 30 jours. Tous les mois, un maximum de 150 lager marks peut être envoyé aux ayant-droits en Belgique, où les paiements ont lieu régulièrement endéans les deux mois.

Un prélèvement sur la solde permet de distribuer quelque argent supplémentaire aux soldats. Ceux-ci ont encore la ressource de lessiver le linge des officiers, de ravauder leurs chaussettes, etc... contre paiement, pour améliorer leur situation.

Oeuvres de solidarité

Par des collectes, des prélèvements sur les recettes du théatre, des concerts, etc..., de la cantine, des foires aux échangess, de grosses sommes ont pu être versées à divers oeuvres charitables en Belgique, dont l'objet principal était de venir en aide aux familles et aux prisonniers nécessiteux. Une commission décidait des secours à allouer ou des colis gratuits à fournir à ceux qui en faisaient la demande ou dont les noms lui étaient communiqués.

Une caisse d'assurance sur la vie avait été créée. Grâçe à des versements modiques proportionnés aux grades, la famille de tout militaire affilié décédant au camp recevait une somme de 50.000 francs. Des collectes étaient autorisées pour les cas non prévus et rapportaient en général sensiblement la meme somme.

Posted by bertinj at 4:53 PM
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 5:21 PM
Categories: La Vie dans le Camp, Oflag II A Prenzlau

OFLAG II A Prenzlau | Le Service Santé

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Soins médicaux:

Le personnel médical est constitué par 5 médecins belges (dont 1 de la réserve) et des infirmiers belges sous contrôle d'un médecin allemand et de sanitaires allemands.

Tous les matins, les officiers malades vont à la visite à l'infirmerie, sont soignés immédiatement ou désignés comme entrant, s'il y a lieu. Les cas graves ou urgents nécessitants une intervention chirurgicale sont traités à l'hôpital civil de Prenzlau ou dans des hôpitaux militaires situés à plus de 150 km du camp. La salle d'attente est trop petite et l'on attend souvent dans le couloir; les pansements se font en public, les trois médecins et les infirmièrs travaillant en même temps et il n'y a pas de distinction de grade. Le médecin allemand passe tous les jours dans les salles des alités, mais ne fait rien, les soins étant donnés par les Belges. Des visites périodiques désigner les malades proposés pour rentrer en Belgique. Presque toujours, ceux-ci attendent pendant de longues semaines, si pas des mois, l'arrivée du train sanitaire devant les rapatrier.

Il y a toujours eu discussion entre les médecins belges et le docteur allemand au sujet de l'envoi des malades à l'hôpital ou au sujet du rapatriement. Il y a eau plusieurs cas flagrants où les malades auraient pu guérir si le docteur allemand avait cédé devant les avis belges concernat l'évacuation ou le renvoi en Belgique. Depuis le début de la captivité, les médecins belges se sont toujours plaints du manque de médicaments et de matériel et, au fur et à mesure que la captivité se prolonge, il y en a de moins en moins et leur besoin se fait de plus en plus sentir. Les malades ne sont pas autorisés à faire venir de Belgique les médicaments qui leurs sont prescrits et que l'on ne peut se procurer, même contre paiement, en Allemangne; les colis qui les contiennent sont confisqués et les médicaments ne sont pas remis aux malades, même les spécialités. Il y a là une situation intolérable qui a déjà coûté la vie à plusieurs de nos camarades et tous les efforts devraient être faits pour obtenir une amélioration.

Autant que faire se peut, et avec l'approbation générale, des régimes adéquats sont réalisés pour les malades par prélèvement sur les envois collectifs : lait, viande, sardines, pâtes, etc... Les officiers souffrant de troubles digestifs ne reçoivent que du gruau.

Les chambres de l'infirmerie sont infestées de punaises, de cafards et autres insectes.

Dentisterie : Le camp ne dispose que d'un mécanicien dendiste belge avec une installation très précaire. Sans matières premières, et presque sans moyens, il doit soigner près de 3000 personnes. Il faut souvent attendre 3 mois après l'inscription avant d'être reçu et un plombage prend plusieurs mois.

L'installation itinérante belge n'est jamais passée par l'Oflag II A.

Posted by bertinj at 4:50 PM
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 4:51 PM
Categories: La Vie dans le Camp, Oflag II A Prenzlau

OFLAG II A Prenzlau | Arts

GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"

La lutte contre l'ennui....

Heureusement, des pays neutres expédièrent dans les camps des livres, des instruments de musique, du matériel de sport et de théâtre. On lut, on étudia, on constitua de petits orchestres; (...)

Cependant, le génie des captifs trouva son accomplissement dans le théâtre qui fut, pour la communauté cernée de barbelés, la distraction par excellence. Il ne fallut pas six mois pour que des troupes théâtrales naissent dans les camps. Les résultats étaient presque incroyables. On riait, on s'attendrissait, on perdait conscience d'être prisonniers, on oubliait totalement que la jolie jeune femme était sous-lieutenant et qu'un major tenait le rôle de la belle-mère jalouse. Dans les premiers temps, les hommes qui tenaient les rôles féminins se croyaient obligés de prendre une voix aiguë, mais cela sonnait faux; ils parlèrent bientôt avec leur voix naturelle, et nous nous y habituâmes rapidement.

On jouait des comédies, des drames, des opérettes. Je me rappelle les Amants terribles de Cocteau, Marius de Pagnol, Sixième Etage de Gehry, Zuster Beatrijs de Teirlinck, l'Arlésienne avec la participation de l'excellent orchestre à cordes du camp. Aussi, des pièces composées par des prisonniers, comme l'Echiquier du Roy du regretté Fernand Ducarme, de délicieuses revues poétiques de Camille Biver, des sketches où nos geôliers étaient moqués si adroitement que le censeur allemand embusqué dans la salle n'y voyait que du feu.

La salle de spectacle était un garage glacial en hiver et surchauffé en été. Les décors étaient à base de boîtes à converve, de planches prises à nos lits, de toiles d'emballage et de carton. Les perruques étaient faites de copeaux collés. Parfois, le gong sinistre de l'appel interrompait la pièce au meilleur endroit. Il n'empêche ! Ce théâtre de captivité nous fut plus cher, plus précieux que ne peuvent l'être pout nous, aujourd'hui, les belles réalisations des meilleures compagnies théâtrales, et nous avons une dette de reconnaissance envers tous ceux qui y collaborèrent, soit en scène, soit dans la coulisse, en dépit de leurs découragements, de leurs inquiétudes personnelles et de la sous-alimentation générale.

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Théatre, Chorales, Music-hall, Concerts...

De nombreuses troupes françaises, flamandes et régionales existaient avant le départ des officiers de réserve. Tout était en réorganisation lors de mon départ. Les résultats qui avaient été obtenus étaient magnifiques et vraiment incroyables; au début, peu de moyens et peu d'instruments, mais petit à petit, grâçe à des prodiges d'ingéniosité et à des envois de Belgique, les ressources étaient meilleures et plus nombreuses. Presque tous les jours, il y avait l'un ou l'autre spectacle, concert ou audition en dehors des cours et conférences. De nombreux auteurs, acteurs et artistes ont fait applaudir leurs talents variés par des salles enthousiastes et toujours combles. Ces délassements constituaient l'un des meilleurs dérivatifs pour les prisonniers.

Divers...

(...) D'autres (officiers) se sont adonnés à la marqueterie, au dessin, à la sculpture et à la peinture. Des expositions périodiques avaient lieu et de nombreuses oeuvres et objets ont pu être renvoyés en Belgique.

Posted by bertinj at 4:46 PM
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 5:36 PM
Categories: La Lutte contre l'Ennui, Oflag II A Prenzlau

OFLAG II A Prenzlau | Manger

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Nourriture:

Les rations allouées par les Allemands sont insuffisantes et les produits sont de qualité médiocre.

Tous les matins vers 7 heures, à l'ouverture des blocs, une boisson chaude -thé ou café (ersatz)- est apportée dans des cruches par les ordonnances et les thermos sont remplis; une deuxième distribution a lieu vers 14h. Le pain et les petits vivres sont distribués journellement dans l'après-midi, pour le lendemain? Ces denrées sont apportées dans les blocs par les ordonnances et réparties par chambre proportionnellement au nombre d'occupants. Les répartitions et distributions se font sous surveillance d'officiers belges : 1 par bloc et par étage.

Les aliments chauds sont préparés séparémeent dans les camps A et B et servis une fois par jour. Plusieurs services se succèdent dans les réfectoires depuis 11:30 jusqu'à 13:30. Tous les officiers recoivent une carte pour un service déterminé et poinçonnée à la réception du repas pour éviter les fraudes. En général, le repas se compose d'un potage (rutabaga 4 fois oar semaine, millet, choux, mauvaise farine de pois) et de pommes de terre cuites en chemise ou quelque fois écrasées et mélangées à un légume. Après avoir fait la queue à la porte et dans l'escalier, l'officier reçoit son repas à un guichet et, à son gré, mange au réfectoire ou rapporte sa nourriture dans sa chambre. Un officier peut emporter les rations de plusieurs de ses camarades et ce système était assez répandu. Dans les trois réfectoires, tables en bois sans nappe et bancs; un bol pour la soupe; l'officier doit amener son couvert et un récipient pour les pommes de terre qu'il doit éplucher et dont il laisse les épluchures sur la table; un seau d'eau plus ou moins chhaude et grasse permet de nettoyer les couverts au sortir de la salle. Quelque fois, dans l'après-midi, 2ème distribution de soupe dans les blocs faites avec des produits reçus des croix-rouge ou pays alliés : riz, haricots, pois, etc... Chaque fois que la chose est possible, la cuisine améliore l'ordinaire par l'adjonction de légumes fournis par le potager créé et entretenu par les officiers, ou reçus de Belgique : carottes, poireaux, céléris, choux, salades, etc...

Les cuisiniers sont des soldats belges; chaque cuisine est surveillée par un officier belge et leur ensemble est sous direction allemande : 1 sous-officier par cuisine toujours présent et l'officier. Les menus sont établis par les allemands. Malgré toutes les demandes souvent répétées, nous n'avaons jamais réussi à connaître les quantités exactes de denrées auxquelles nous avions droit.

La plupart des officiers améliorent la qualité ou le goût des aliments par l'utilisation de produits personnels préparés soit sur des réchauds collectifs ou au moyen de petits réchauds particuliers, à graisse, à bois ou à papier.

Après de nombreuses demandes, les autorités allemandes avaient permis de faire venir de Belgique un certain nombre de réchauds et cuisinières à gaz. Ceux-ci sont installés dans les vestiaires des salles de douches, mais des diminutions continuelles des quantités de gaz allouées en restreignent de plus en plus l'emploi; en juillet 43, une chambre de 6 officiers avait droit 2 fois 10 minutes de gaz par jour; un tableau fixe les heures d'emploi qui sont décalées journellement et le gaz utilisé est payé au Allemands.

Lt. TASSIER, Prenzlau, 15 septembre 1944

Nous avons des petits poêles pour la fristouille, et nous fabriquons nous-mêmes nos briquettes (de combustible) avec un mélange de poussière de charbon et de terre argileuse. J'ai passé mon après-midi d'avant-hier à faire au moyen d'une vielle boîte à conserves des petits pâtés avec ce mortier de charbon que nous laissons sécher au soleil... Et je me suis dit: "Si (mon fils) me voyait !"

OFLAG II A Prenzlau | Patriotisme, Moral, Fronder

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Obligations des prisonniers

Les Prisonniers sont astreints à deux appels par jour en temps normal; des appels supplémentaires ont lieu lors de circonstances particulières : évasions, punitions collectives, etc... Ces appels se font dans la cour en rang par 5, par compagnie et par bloc. Un major allemand les préside. Tous les mercredis, le Commandant allemand du camp passe les officiers en revue; le salut est alors exigé au commandement par blocs de 50 officiers et l'officier allemand défile le long des rangs la main au képi.

Contrairement à la Convention de Genève, les Allemands exigent que tous leurs officiers soient saluées par les officiers belges quel que soit leur grade. Ces exigences ont provoqué des frictions à différentes reprises et des réclamations restées sans suite. La plupart des officiers tournent le dos à l'approche des officiers allemands.

Les Allemands ont retiré aux Belges le droit de punir et l'exercent eux-mêmes; les punitions sont en général du cachot de 4 à 14 jours pour avoir fumé dans les rangs, attitude incorrecte ou insolente à l'appel, refus de saluer, tentative d'évasion, jet de cigarettes ou de vivres aux prisonniers étrangers venant à la visite médicale, etc..., etc... Plusieurs officiers ont été traduits en conseil de guerre pour menaces, tentatives de corruption ou calomnies envers l'armée allemande. En général, cependant, l'attitude des Allemands est correcte et rarement provoquante.

En plus des appels à l'extérieur, il y a des appels à l'intérieur des chambres et des contrôles de nuit. Périodiquement, des chambres sont fouillées pour prévenir éventuellement les évasions. De temps à autre, des inventaires sont faits et les manquants doivent être payés par la communauté.

Dans la cour, un fil de fer barbelé indique la limite à moins d'un mètre de laquelle on ne peut s'approcher sans courir le risque d'un coup de fusil sans avertissement (le fait s'est produit). Un officier, le Lt. ROUCHON ( ou ROULON W. ? + 4.11.1941), a été tué d'un coup de fusil lors d'une tentative d'évasion.

En général, lors du décès d'un officier, une délégation belge peut accompagner le corps au cimetière et les honneurs sont rendus par un piquet allemand. Les tombes sont entretenues correctement et peuvent être visitées par une délégation belge, lors de certaines circonstances, à la Toussaint notamment.

Moral des prisonniers

Le moral des officiers était excellent lors de mon départ. Les succès anglais en Afrique et en Italie, et l'avance ininterromue des Russes l'ont porté à un niveau très élevé et nul d'entre eux ne doute plus actuellement de la victoire finale. Ceux que cela chagrine sont heureusement très peu nombreux car les éléments collaborationnistes flamingants et rexistes sont rentrés au pays depuis longtemps sous un prétexte quelconque.

Humour

Photo du groupe tournaisien à l'occasion de la Fête nationale du 21 juillet 1941

Voici une photo qui est une aimable plaisanterie, une belle pointe d'humour !

Lors du cortège folklorique qu'ils organisèrent à l'occasion du 21 juillet 1941, de nombreux prisonniers grimés eurent l'occasion de poser pour la postérité. Ci-dessus le groupe des Tournaisiens. Ils sont irréprochables. N'est-ce-pas ?

Image sans reproche, échappant donc à toute censure.

Et pourtant !

La seconde image représente le même bâtiment, le bloc E, sous le même angle et dessiné en grisaille par le lieutenant Charly Binamé en 1943 ou 44. On y devine sur la façade - mais il faut le savoir -, au-dessus de la porte centrale et en dessous de la bordure du toit, un insigne monumental de la Wehrmacht :

L'aigle et la swastika ! Couple sinistre qui accompagna toutes les promenades des adeptes de la marche à pied à Prenzlau, pendant toute leur captivité.

Sur la photo des Tournaisiens, l'aigle germanique a cédé la place à un grand panneau illustrant les fameux Cinq Clotchis de la cathédrale de Tournai. Et la maquette du Beffroi de la ville trône à côté du Bloc E de l'Oflag II-A, comme à Tournai C'est un joli clin d'oeil des Tournaisiens prisonniers à leur ville écrasée par les bombardements de mai 1940.

Geprüft ! La photo passa la censure...

Le sous-lieutenant Paul HERMAND raconte dans ses souvenirs :

Le mardi 8 mai, ce fut la fin de la guerre ; le lendemain, les Russes fêtèrent leur victoire. Le jeudi 10 mai, -c'était la fête de l'Ascension (NB : et aussi le 5eme anniversaire de l'agression allemande contre la Belgique) - un Te Deum solennel fut chanté à 11h15 en présence du commandant de camp russe : les cinq hymnes nationaux russe, américain, anglais, français et belge furent exécutés. Cela plut fort au commandant russe qui apprécia tellement le faste de cette cérémonie qu'il demanda l'organisation d'une cérémonie identique le dimanche suivant (soit le 17 mai). Ainsi fut fait, et ce jour-là, on procéda en outre à la décapitation solennelle de l'aigle nazi, (...) celui qui se trouvait au fronton du Bloc E.
Posted by bertinj at 4:42 PM
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 5:00 PM
Categories: Oflag II A Prenzlau, Résister

OFLAG II A Prenzlau | Les Colis

Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)

Colis individuels et collectifs:

Les prisonniers reçoivent mensuellement 2 étiquettes donnant droit chcune à 5 kg de vivres; les officers généraux en reçoivent plus. Ces étiquettes sont adressées aux destinataires de leurs choix. Un colis arrivant sans étiquettte est délivré contre remise d'une de celles-ci que l'on peut obtenir à valoir. Mensuellement et en plus à l'occasion de quelques jours de grandes fêtes, les prisonniers reçoivent gratuitement un colis de 5 kg, de Belgique, appelé le colis des Secrétaires Généraux, dont le contenu indique de plus en plus les difficultés de ravitaillement en Belgique : moins de sucre (1/4 kg au lieu de 1 kg), moins de tabac et de cigarettes, de sardines, de pâtes, etc...

En plus de ces distributions, les prisonniers recevaient régulièrement par mois, depuis 7 ou 8 mois, environ 5 kg de vivres de colis venant d'Amérique ou d'Angleterre. Ces envois arrivent au camp sous forme de colis individuels de 5 kg, mais pour éviter de devoir donner une étiquette à leur réception, ils sont ouverts et leur contenu distribué comme envoi collectif; les allemands ne retiennent alors de nos rations normales que le 1/5 du poids des produits équivalents distribués : sucre, viande, fromage, margarine, etc... Toutes les protestations contre cette façon d'agir contraire à la Convention de Genève ne donnent aucun résultat.

Le contenu des colis est vérifé à leur remise, plus ou moins soigneusement par des soldats allemands pour dépister les lettres clandestines ou les produits interdits : poivre, vin, alcool, produits pharmaceutiques, etc... Les colis non conformes sont confisqués et leur contenu remis à la communauté.

Un dépôt de boîtes de conserves non ouvertes a été autorisé où les prisonniers peuvent laisser au maximum 25 boîtes; journellement ce dépôt est accessible pour l'enlèvement des boîtes.

Toutes les manipulations nécessités par le service des colis ou le dépôt des conserves sont effectuées par des soldats et des officers belges, sous contrôle allemand. Les soldats allemands se laissent souvent séduire par un paquet de cigarettes ou un baton de chocolat.

Par suite de la qualité de plus en plus médiocre des aliments allemands et de la difficulté de plus en plus grande de confectionner en Belgique des colis cintenant de la viiande, du beurre, des pâtes, etc... et du prix de revient énorme de ceux-ci, il serait souhaitable que les envois collectifs de nourriture soient augmentés. De même, le tabac et les cigarettes se raréfiant en Belgique, la ration de 100 cig. par mois devrait aussi être augmentée.

Différentes organisations en Belgique, ainsi que des officiers rapatriés, réussissent de temps à autre à faire parvenir des envois collectifs plus ou mons importants; les envois de légumes frais et de fruits étaient très appréciés.

Très peu de vols ou de disparitions de colis, mais des durées très variables pour leur réception, allant de 10 à 30 jours, aussi parfois, de nombreuses marchandises arrivaient avariées.

A mon avis, pour soulager les familles qui ne peuvent dépenser 3000 frs par mois pour expédier 2 "beaux colis" à leur prisonnier, les colis individuels devraient être supprimés et les envois collectifs augmentés jusqu"à représenter 25 kg de vivre par tête et par mois. Cette façon de faire permettrait à tous de recevoir la même chose et des prisonniers qui ne veulent pas grever le budget de leur famille ou manger les produits qu'elles économisent, ne seraient plus obligés de donner ou vendre leurs étiquettes au plus offrant.

Lt. FRINGS Eugène : Informations sur les colis reçus à l’Oflag II-A, extraites du courrier à son épouse Renée Dupont

29 mai 1941

Pour passer le temps, j'ai commandé un banjo il y a 10 semaines, mais il n'est toujours pas arrivé.

27 juin 1941

Nous avons reçu dernièrement 12 tonnes de colis venant d'Amérique et envoyés par les Belges résidant aux Etats-Unis, chacun a reçu environ 4 kg, c'était très varié et j'ai mis 100gr de café de côté, que je me propose de vous rapporter si par hasard on rentrait avant la fin de la guerre.

(...)

Mon banjo est arrivé, c'est une grande compagnie pour moi ; plus tard nous pourrons faire des duos, toi ou Fifille avec la mandoline de mon Père ; la musique ne devra pas être oubliée dans l'éducation.

7 janvier 1942

On ne peut vous envoyer du café américain. Nous avons reçu un colis de Belgique avec un faire part à l'intérieur : " La Belgique Reconnaissante vous présente ses meilleurs voeux de Noël et Nouvel An ". Enfin !

4 février 1942

La " Belgique Reconnaissante " nous a envoyé un colis de Noël. Pourquoi ? Pour s'attirer nos bonnes grâces après nous avoir oubliés pendant 20 mois ?

29 avril 1942

Nous avons reçu un colis personnel du Roi ; d'autre part, nous en attendons de Lausanne et de l'Amérique. On pense plus à nous à l'étranger que dans notre propre pays, on ne l'oubliera pas !

24 juin 1942

Nous avons reçu un colis de sous-vêtements d'Amérique : 1 chemise, 1 pull-over, 1 caleçon, 2 paires de chaussettes et 2 mouchoirs. Là bas au moins on pense à nous.

Lettre du 20 août 1942

Le 7 août j'ai reçu de mon parrain un colis contenant du beurre. C'est la première fois que j'en mange depuis le 12 juin 1940 !

12 novembre 1942

De temps en temps nous recevons des dons étrangers : anglais, américains, africain, consistant en vivres et en cigarettes.

31 mars 1943

Certains camarades ont reçu des disques enregistrés par leurs parents, femme ou enfant ; c'est une très touchante attention mais qui hélas provoque immanquablement un cafard de 8 jours.

28 avril 1943

La " Belgique Reconnaissante "nous a, à cette occasion (Pâques), envoyé à chacun un oeuf (un vrai) et 4 oranges .

28 mai 1943

Je me suis pesé la semaine dernière, j'ai en ce moment 68 kg, donc presque comme avant guerre ; j'ai gagné 5 kg depuis 4 mois, c'est probablement grâce au supplément apporté par les colis que nous recevons d'outre-mer et qui comportent des denrées telles que viande, lait, fromage et autre matières très nourrissantes. nous attendons du riz et du café du Congo Belge.

9 décembre 1943 (II A)

Un stock de vêtements américains est arrivé au camp et me voici donc en possession d'un pantalon en attendant d'être équipé complètement d'un " battle dress ".