Jour 1
Le vol et l'arrivée
Jour 2
Le Quito Colonial
Village de Caldéron
Jour 3
Cratère du Pululahua
Midad del Mundo
Jour 4
Travel Agency Shopping
Jour 5
Tandayapa
La Cloud Forest à vélo
Jour 6
Marché d'Otavalo
Jour 7
Bus pour le Cotopaxi
Cheval près du volcan
 
Jour 8
Vélo sur le Cotopaxi
Jour 9
La cratère de Quilotoa
Jour 10
Bus jusqu'à Riabamba
Village de Guano
Jour 11
Balade dans la ville de Riobamba
Jour 12
Bus jusqu'à Banos
Eruption du Tungurahua
Jour 13
Balade sur les hauteurs de Banos
Jour 14
Rio Verde, Pailon del Diablo et Tarabita
 
Jour 15
Route de Puyo en VTT
Jour 16
Salasaca
et Montée au volcan (parc Sangay)
Jour 17
Bus jusqu'à Puyo puis Tena, Misahualli
Jour 18
Selva Viva
Foret amazonienne
Jour 19
Selva Viva
Foret Amazonienne
Jour 20
Tena - Quito en bus
Jour 21
Dernier achat et retour à Madrid

 


 

:: Jour 5 (le 17 septembre 2003) - Randonnée à vélo à Tandayapa

 

Comme d’habitude, ce matin est ensoleillé est frais. Tant mieux car aujourd’hui nous allons faire du vélo sur le flanc ouest du volcan Pichincha avec Biking dutchman. La promenade d’environ 40 kms nécessite de prendre un bon petit déjeuner, en terrasse avec les oiseaux qui chantent, comme tous les matins. Quelques croissants, des toasts à la marmelade d’ananas, confiture de fraises des bois et de mangues, des petit-pains et surtout un jugo de mora exquis feront l’affaire.

 

Le départ en voiture est fixé à 08:00 en face de l’agence, à deux blocs de l’hôtel. On se demande combien d’amateurs de vélo vont nous accompagner. Le matin est très calme dans Quito. Tout le monde se lève tard ou alors est très discret. Peu de voitures et de bus dans les rues. Même chose à l’agence, il n’y a que 2 personnes : la fille qui a pris le paiement la veille et une sorte de baroudeur avec un bonnet. On se présente mutuellement et on demande si d’autres personnes sont attendues. Le gars au bonnet vient vers nous en disant : Hello guys. My name is Jürgen. There are you and me. Génial, au moins on aura la paix.

Jürgen charge la 4x4 avec l’intendance et vérifie si les vélos sont bien accrochés. Véro et Denis prennent place à l’arrière sur des banquettes et moi je vais devant, à coté de Jürgen pour discuter en anglais et servir l’interprète pour Denis. Nous voilà parti en direction du volcan. On traverse la ville, la Pan Américaine là où nous l’avions laissée avant-hier en revenant de Caldéron et nous voilà parti dans les quartiers dangereux de Quito situés sur le flanc du volcan. La route en terre eest pleine de trous et nous sommes secoués dans tous les sens. Les habitants nous regardent passer sans broncher tout en continuant leurs activités de production de briques. C’est la spécialité du quartier. La route sur laquelle nous allons faire du vélo est une route quasi abandonnée. Il y a donc très peu de trafic si ce n’est des camions qui viennent chercher les briques. Après quelques kilomètres, nous traversons une foret d’eucalyptus et ne croissons plus le moindre véhicule. Qui viendrait ici alors qu’il n’y a rien. A part nous, personne! A partir d’une altitude de 3500 mètres, la végétation change complètement pour laisser place à des prairies jaunies. Le soleil commence à être voilé par les nuages présents au sommet du volcan.

 

Durant le trajet d’une heure environ, nous parlons de nous, de Jürgen et de sa Suède natale qu’il a quittée par hasard il y a dix ans, de l’Equateur et des aventures possibles dans ce pays que nous ne connaissons pas encore. Jürgen est un gars sympa et intéressant. Il prend son travail à cœur et nous fait partager beaucoup de choses. Passer la journée en sa compagnie sera un plaisir.

Arrivé au sommet du col, Jürgen arrête la voiture au bord de la route sur une sorte de parking improvisé. C’est le point de départ de notre randonnée à vélo. Jürgen nous averti que la piste est pavée à l’équatorienne durant les premiers kilomètres. Si l’on veut, on peut continuer en voiture et démarrer la promenade plus loin. Sportivement nous refusons.

 

Malgré le soleil, il fait froid à cette altitude. La vue sur Quito est magnifique. On voit tous les sommets enneigés aux alentours. Jürgen monte sur le toit du 4x4 pour décrocher les vélos et nous dit de nous équiper en prenant casques et genouillères à l’arrière de la voiture. Les trois vélos qu’il nous propose sont en bon état. Quelques réglages de freins, de selles et de fourches et nous voilà parti pour une randonnée de 40km exclusivement en descente. Départ à 3850m et arrivée à 1820m. Jürgen nous averti de la présence de chiens aux environs de la première maison que nous allons croiser. Pour éviter d’être mordu, il recommande de descendre de vélo et de passer à pieds. De toute façon, il va nous suivre en voiture avec tout le matériel, les vêtements, la bouffe et nous dépassera à l’approche de l’endroit aux chiens. Véro, qui n’est pas très franche avec les chiens, est rassurée.

 

La route est complètement défoncée. Nous devons rouler sur le bas coté pour éviter de s’exploser les épaules et le dos. Comme prévu, ça descend ferme. On fonce tellement qu’on en oublie de regarder autour de nous. Je ne comprends pas comment les vélos font pour résister à de tels chocs.

 

    

Le paysage des montagnes andines est très joli. On a l’impression qu’il s’agit plus d’énormes collines que de montagnes déchiquetées comme dans les Alpes. C’est un peu l’Auvergne en gigantesque. Tous les flancs de montagnes sont cultivés et forment un patchwork de différents verts et jaunes. Il y a des vaches, des moutons et des lamas qui paissent. Dans le fond de la vallée se trouvent quelques ranches. On dirait des haciendas andalouses perdues au milieu des montagnes. Personne ne circule sur cette route. Le calme absolu est de temps en temps troublé par le bruit du 4x4 bringuebalant qui nous suit à distance raisonnable. Ayant le matériel photos et vidéo dans mon sac à dos, je m’arrête régulièrement pour filmer et prendre quelques photos. Véro et Denis trouvent que je m’arrête tout le temps à un point tel que Jürgen me rattrape souvent pour me demander si tout va bien. Ce serait dommage de ne pas photographier cet environnement.

 

Le 4x4 nous dépasse. Nous devons arriver à proximité de la maison avec les chiens. En effet, quelques centaines de mètres plus loin, la voiture est arrêtée face à une maison où des chiens aboient. On passe à pieds sans aucun problème et remontons sur nos selles pour continuer la descente sur une piste en terre. Fini les pavés.

Dernière nous, on peut apercevoir le volcan Pichincha avec le sommet dans les nuages. Au fur et à mesure que nous descendons, le ciel se couvre de plus en plus. C’est normal, nous allons avec la Cloud Forest et le Pacifique d’où viennent les nuages de pluie arrêtés par les montagnes près de Quito.

 

 

 

Nous passons un petit pont au-dessus une rivière de montagne. Le paysage commence à changer. Il y a de plus en plus d’arbres et de nuages. La température et l'humidité augmentent. Après deux heures de descente, nous entrons dans un petit village perdu au milieu de nulle part. Il y a une épicerie, une église, une école, quelques maisons et Jürgen qui nous attend avec le thé. La température est plus agréable à cette altitude. Les gens du village ne font pas attention à nous. Beaucoup de chiens bien nourris se baladent tranquillement dans les rues ou dorment à l’ombre. Les équatoriens disent d’ailleurs qu’une vie idéale est une vie de chien : ne rien faire, manger, se balader, dormir.

 

Après cette petite pause et avoir déposé nos vêtements chauds dans la voiture, nous repartons à l’assaut de la seule et unique montée du parcours. Nous sommes à 2800m d’altitude et le petit kilomètre de montée parait insurmontable. Aucun des trois n’arrivera en haut sans mettre pied à terre. Malgré 5 jours d’acclimatation, nous sommes essoufflés comme si on venait de faire un marathon.

 

 

La suite de la randonnée se fait dans la forêt tropicale d’altitude (Cloud Forest). Nous longeons une rivière qui coule dans le fond d’un profond ravin. Autour de nous, les sommets des montagnes couvertes d’arbres dans lesquelles s’accrochent les nuages. Nous ne verrons plus le soleil. La route traverse des petites rivières, elle est bordée d’arbres à feuilles énormes, il y a même des balisiers. Après l’Auvergne nous voici dans les tropiques. Le changement est vraiment très rapide. Chose absolument incroyable, nous ne croiserons qu’un seul camion durant tout le périple. Une chance, la poussière soulevée est aveuglante.

 

Il est presque deux heures de l’après-midi et on commence à avoir faim. Le 4x4 nous a dépassé depuis un moment, on devrait donc approcher du village de Tandayapa où nous allons déjeuner. Comme on s’est arrêté souvent pour prendre des photos et filmer nos exploits, nous sommes en retard sur l’horaire habituel des autres bikers. Jürgen, commençant à s’inquiéter, a fait demi-tour avec la voiture pour venir à notre rencontre. Nous sommes à quelques kilomètres du village et, rassuré, il repart en disant que nous sommes libre de prendre notre temps. Ce gars est vraiment charmant.

 

    

 

Nous voilà au village de Tandayapa. Une dizaine de maisons multicolores, toutes en bois, sises au bord d'une rivière et perdues en plein milieu de la forêt. Jürgen a déjà installé la table pour le déjeuner à l'intérieur d'une des maisons. C'est l'épicerie du village. On rentre dans un autre monde. Tout est sale, plein de poussières. Dans la cuisine, les casseroles traînent par terre. Il y a un poêle avec de l'eau qui boue pour notre thé. Dans le fond de la maison, il y a une petite pièce avec les cobayes qui se baladent à même le sol. C'est le plat national des équatoriens. On n'y a pas goutté!

 

 

La propriétaire de la maison, une vieille dame sans dent, discute et rigole avec Jürgen. On ne comprend rien. J'ai les mains sales et, bêtement, demande s'il y a de l'eau. La dame m'indique l'évier dans la cuisine. C'est cra-dégueux. Des fromages sèchent à côté de l'égouttoir sur une serviette immonde. Je me lave les mains avec un savon plus sale que mes mains. Ce que je craignais arrive: la dame me tend une serviette pour une sécher les mains. Autant dire que j'aurais mieux fait de me jamais rien demander.

 

Sur la table, il y a des sandwiches, du thé, de l'eau, du jus de fruit, quelques salades et un cake au chocolat. Tout a été préparée par Anna. C'est très bon et nourrissant. On blague avec Jürgen qui est un vrai déconneur. Parlant d'alcool, il nous propose de goûter à l'alcool de cannes local: l'Aguardiante. Il se lève pour aller chercher une jerrycan jaune dans le fond de la pièce. C'est la réserve l'alcool. La propriétaire des lieux ne dit rien et souris bêtement. Il nous sert un verre. Fada de rhum, je me lance.  C'est fort. L'alcool titre 65°. En déconnant je dis à Jürgen que c'est de l'alcool à brûler. Il me prend au mot et fabrique une petite barquette, la rempli d'aguardiente et y met le feu. La barquette s'enflamme aussitôt. Elle n'est pas étanche et l'alcool en feu se répand sur la nappe. La propriétaire de la maison se marre. Réflexion de Denis: "elle n'a rien et ça la fait rire de nous voir bouter le feu à sa baraque en bois!". On jete la barquette par terre éteindre la nappe et voilà que l'alcool en feu se répand sur le plancher. On éteindra facilement le feu avec une serviette.

Le repas terminé, on sort pour aller voir le village. Deux chiens sont dans l'unique rue et sont heureux de jouer avec moi. Jürgen nous dit qu'ils n'ont pas l'habitude de jouer avec les hommes. Ils sont tout fou... et moi aussi. La pluie commence à tomber. Après avoir vérifié les vélos et regonflés les pneus, nous repartons pour les 10km restants. 

 

La piste rejoint la route principale. Nous croisons quelques enfants qui rentrent de l'école, l'un ou l'autre pick-up et traversons des bananeraies. Cette fin de parcours n'est pas très passionnante mais reste agréable.

Voilà la route. On s'arrête et on attend que le 4x4 arrive pour reprendre les vélos et nous ramener à Quito. Jürgen nous propose de monter sur le toit pour mieux voir le paysage forestier que nous allons traverser en rentrant. Avec la pluie qui tombe nous déclinons l'offre et nous installons à l'intérieur du 4x4 avec une dame du village qui vient avec nous jusqu'à Quito. On fera le bon choix. Une pluie diluvienne s'abat sur la forêt.

 

On passe à proximité de Pululaya et de Mitad del Mundo. Nous ne nous arrêtons pas y étant allé il y a 2 jours. Il faudra un peu plus d'une heure pour rentrer en contournant la vallée que nous avons descendue à vélo. Refaire le trajet à l'envers prendrait trop de temps.

 

A Quito, nous proposons à Jürgen d'aller boire un verre ensemble. Ne voulant pas laisser les vélos sans surveillance à cause du risque de vol, il refuse et préfère ramener la voiture et les vélos à la maison de Jan & Anna. Nous le remercions et espérons le retrouver dans quelques jours au parc du Cotopaxi pour faire la descente du volcan à vélo avec lui. Il ne nous promet rien et va faire le nécessaire pour participer à la journée au Cotopaxi.

 

Il est 17:00. On rentre à l'hôtel pour prendre une bonne douche. Au soir, nous irons dîner chez Mama Clorinda où nous avions pris la peine de réserver une table. La nourriture servie est typiquement équatorienne. Denis découvrira la soupe de Loccro de Queso.

 

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Récit par Benoit Gosselet - Décembre 2003 - Email: bgosselet@swing.be

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