|
LE DROIT POSITIF BELGE
Le
droit est un phénomène incontournable : il est partout autour de
nous !
Nous
ne devons pas nous en plaindre, même si l'on aspire à un minimum
de libertés : les règles de droit sont en effet indispensables
lorsque l'on vit en société car il convient de protéger les intérêts
légitimes de chacun de nous et de préserver les droits
fondamentaux du groupe social dans lequel nous évoluons.
C'est
la raison pour laquelle il existe actuellement dans notre pays un
ensemble de règles juridiques que les juristes désignent généralement
par un vocable peu connu du public : le
droit positif belge.
Celui-ci
évolue sans cesse, même si certaines règles juridiques sont
anciennes et, parfois, mal adaptées à l'évolution de notre société
: il va en effet de soi que le droit positif belge de l'an 2000 n'a
pratiquement plus rien à voir avec celui de 1900 (heureusement !).
Nous
assistons en outre à une véritable "surréglementation"
depuis la seconde guerre mondiale : nos lois sont de plus en plus
complexes et elles couvrent pratiquement tous les domaines, même
les plus inattendus (il existe, par exemple, en Belgique un arrêté
royal qui classe les torchons en 5 catégories, du gris à
l'extra-blanchi …) !
Le
volume de nos Codes (lesquels ne contiennent pourtant que les lois
principales) est devenu de plus en plus important au fil du
temps : s'il était encore possible de les tenir dans la main à la
fin du siècle passé, un caddie ne suffirait même plus aujourd'hui
pour pouvoir les transporter !
Il
est finalement impossible à notre époque de connaître
parfaitement le droit positif belge car nos règles sont beaucoup
trop nombreuses et souvent très compliquées.
Cette
inflation extraordinaire de nos règles juridiques poussent tous les
juristes, et plus particulièrement les avocats, à se spécialiser
dans un ou plusieurs domaines spécifiques du droit.
Si
l'immense majorité de ceux qui sont licenciés en droit sont
parfaitement conscients de l'impossibilité de connaître à la
perfection le droit positif belge, la plupart des gens ont néanmoins
tendance à s'imaginer qu'ils connaissent suffisamment la loi et la
justice, ce qui les amène à donner leur avis sur des questions
juridiques parfois très pointues qui, en réalité, leur échappent
totalement !
Certes,
ces gens qui ont généralement l'excuse de la bonne foi ne
s'avanceront sans doute pas pour vous exposer la pratique de
l'anatocisme ou le principe du nominalisme monétaire dont ils ne
soupçonnent probablement pas l'existence, mais ils n'éprouveront
certainement pas la même gêne pour vous donner leur avis sur la
culpabilité du prévenu dans un procès pénal et sur la peine
qu'il convient de lui infliger pour ses méfaits.
On
retrouve d'ailleurs cette tendance à tous les niveaux et dans
toutes les matières : vous trouverez toujours parmi vos proches une
personne qui vous certifiera que l'on peut divorcer pour
"incompatibilité d'humeur" ou que la facture de votre
entrepreneur est prescrite après un an, trois ans ou cinq ans …
Les
choses ne sont, malheureusement, pas toujours aussi simples !
Nul
ne songe à conseiller un chirurgien qui s'apprête à procéder à
une opération du cœur.
La
plupart des gens s'estiment cependant capables de conseiller leurs
proches, et même leur propre avocat (c'est très fréquent !), sur
telle ou telle question juridique considérée, à tort, comme
relativement facile.
Une
de nos clientes - particulièrement agressive - nous a ainsi expliqué
qu'il n'était pas obligatoire de passer devant un notaire lorsque
l'on achète un immeuble.
Nous
avons vainement tenté de lui faire comprendre qu'elle faisait
fausse route mais elle n'a rien voulu entendre, nous répondant même
qu'elle se demandait où nous avions obtenu notre diplôme !
Cette
dame qui pense détenir le monople de la connaissance a fini par
changer d'avocat ...
Cette
attitude n'est évidemment pas raisonnable.
Qui
peut vraiment se vanter de connaître le fonctionnement réel de la
justice en Belgique ?
Qui
a déjà pris la peine de se rendre dans un palais de justice pour
assister à une audience ?
Qui
a déjà eu l'occasion de consulter un dossier de procédure ?
Comment
peut-on raisonnablement affirmer, comme le font beaucoup de gens,
que la justice fonctionne mal dans notre pays et que l'on doit impérativement
la réformer si l'on ne connaît pas l'essentiel de nos lois, si
l'on ne sait pas comment les choses se passent et si l'on ne vit
pas, quotidiennement, au coeur de l'institution judiciaire ?
Il
est facile de critiquer et de répéter sans cesse que "tout le
monde est pourri" ou qu'il y a "une justice à deux
vitesses" mais il est, par contre, beaucoup plus difficile de
faire les démarches nécessaires pour comprendre afin de ne pas
raconter n'importe quoi lors des discussions animées du café de la
gare ...
En
réalité, nous pensons, au risque de décevoir certains de nos
lecteurs, que les critiques seraient beaucoup moins virulentes si
les justiciables prenaient la peine de s'informer et, inversement,
si les gens de justice faisaient preuve d'une plus grande
transparence car, de manière générale, on accepte toujours mieux
ce que l'on comprend que ce qui nous échappe.
Elles
seraient aussi moins nombreuses si les gens ne cherchaient pas systématiquement
à se persuader eux-mêmes qu'il y a forcément "quelque chose
là-dessous" ...
De
grâce, oubliez les fictions américaines et revenez sur terre !
Certes,
tout n'est pas parfait mais tout n'est pas non plus imparfait comme
le pensent certaines personnes très mal informées qui s'imaginent
tout savoir sur tout ...
Nous
pouvons en tous les cas vous assurer que la plupart des acteurs de
la justice sont intègres et de bonne volonté ...
Tel
est précisément l'objet de notre introduction au droit : informer
un minimum tous ceux que le droit intéresse et qui veulent faire
l'effort de comprendre comment les choses fonctionnent réellement
dans notre pays.
Il
ne s'agit bien sûr pas de vous offrir une étude complète du droit
positif belge (il faudrait un site beaucoup plus grand que celui de
Microsoft !) mais de vous présenter, le plus simplement possible,
les rouages de la justice et de vous faire partager notre passion
pour "le juridique".
Nous
avons ainsi pris la peine de développer certaines branches du droit
afin de vous donner un aperçu des principales règles qui régissent
ces matières parmi les plus courantes :
le
droit civil : le nom, le domicile, le mariage, la séparation,
le divorce, les obligations, la responsabilité, la vente, le bail,
le contrat d'entreprise, etc.
le
droit pénal et la procédure pénale : les contraventions,
les délits, les crimes, les peines, les juridictions répressives,
le juge d'instruction, la chambre du conseil, la chambre des mises
en accusation, etc.
le
droit judiciaire : les gens de justice, les juridictions de
l'ordre judiciaire, les juridictions administratives, le Conseil
d'Etat, la Cour d'arbitrage, etc.
le
droit commercial : l'acte de commerce, le commerçant,
l'entreprise, les sociétés, etc.
le
droit administratif : l'acte administratif, la
responsabilité, le contentieux administratif, la domanialité, la
fonction publique, etc.
Vous
y trouverez peut-être une première réponse à vos problèmes
juridiques (nous abordons en effet des questions aussi variées que
les causes de divorce, la manière de lancer une procédure, les
peines privatives de liberté, la détention préventive, les permis
de bâtir, etc.).
Il
va cependant de soi que rien ne remplacera le conseil d'un
avocat
pour les questions de droit plus pointues.
Nous
espérons que cette initiative contribuera à rapprocher l'avocat du
citoyen.
Pour
le reste, nous vous rappelons que le texte ci-dessus n'engage que
son auteur : elle ne traduit pas nécessairement le point de vue de
tous nos confrères en Belgique.
remonter
au début de la page
|