« Auguste Mergaux, sa campagne des dix-huit jours »

Un livre émouvant, écrit soixante ans plus tard par son petit-fils....

 

Septembre 1939 : une période sombre de notre histoire commence : c’est la « drôle de guerre ». L’Allemagne Hitlérienne ayant attaqué la Pologne, par le jeu des alliances, la France et l’Angleterre sont amenées à déclarer la guerre à l’Allemagne. La Belgique qui avait opté depuis 1936 pour un statut de neutralité décrète la mobilisation générale. Ce statut de neutralité ne pouvant être rendu crédible que par un effort important capable de dissuader tout agresseur éventuel, le pays double ses fortifications et lève une armée imposante. La mobilisation générale porte ses effectifs à près de 700.000 hommes, effort considérable pour un petit pays de huit millions d’habitants.

 

A cette époque, Auguste Mergaux a 29 ans et habite Habay-la-Neuve, un paisible village gaumais.

Cinq ans plus tôt, il a épousé Louise Bechet de Habay-la-Vieille. Début 1939, le couple a deux enfants et habite rue du Paquis (devenue rue de la Libération après la guerre) à Habay-la-Neuve. En mars 1939, leur petite fille Colette décède des suites d’une mauvaise coqueluche à l’âge de 21 mois. Ils ne sont pas encore remis de cette perte qu’en septembre, Auguste doit quitter son foyer pour aller rejoindre son régiment dans la région d’Anvers.

 

Le 8 mai 1940, Auguste obtient une permission spéciale car son épouse doit accoucher de leur troisième enfant dans les jours qui suivent. Le 10 mai, c’est l’invasion du pays par l’Allemagne. Dès le lever du jour, les gendarmes font le tour des militaires en permission pour leur signifier que toutes les permissions sont supprimées et qu’ils doivent rejoindre leur régiment. Avec l’aide du Docteur Lamotte, Auguste conduit son épouse sur le point d’accoucher chez ses parents à Habay-la-Vieille.

 

Dans le courant de la matinée et alors que les Allemands arrivent déjà aux environs de Habay, c’est la mort dans l’âme qu’il quitte son épouse et son fils. A vélo, il doit  rejoindre son régiment qui se trouve quelque part dans les Flandres. Il est accompagné par Paul Grévisse de Habay-la-Vieille qui, lui aussi, a reçu l’ordre de rejoindre. Arrivés à l’entrée de Jamoigne, ils sont accostés par un jeune homme qui leur demande s’ils savent conduire une voiture. Madame Resteau, la châtelaine de l’endroit, est sans chauffeur et  désire rentrer à Bruxelles. Pour Auguste, ce qu’il croit être sa chance est en fait sa malchance. Il  parvient ainsi à rejoindre Bruxelles deux jours plus tard en passant par la France et, le 14 mai, il retrouve enfin son régiment près de Gand. A partir de cette date, la famille d’Auguste n’a jamais su exactement ce qui s’est passé. Ce n’est qu’en juillet 1940 que le père d’Auguste apprend par l’intermédiaire du Prince Louis de Mérode, Président de la Croix Rouge, que son fils a été tué le 27 mai au cours de la bataille de la Lys alors qu’il se portait au secours d’un camarade blessé.

 

Soixante ans plus tard, Pierre-Etienne Mergaux, petit-fils d’Auguste Mergaux, a voulu en savoir plus sur ce qu’avaient été les derniers jours de son grand-père. Pendant plus d’un an, il fait des recherches ; il a notamment pu avoir accès aux archives de l’armée et il y  découvre des choses étonnantes. Dans un livre d’une centaine de pages, il raconte dans le détail la « Campagne des dix-huit jours » vécue par Auguste Mergaux. Il découvre que son grand-père s’est comporté de façon héroïque dans des conditions physiques et surtout psychologiques très pénibles. A plusieurs reprises, il se sacrifie pour couvrir la retraite de ses compagnons. Du 16 au 25 mai, son régiment avait été presque continuellement en contact avec l’ennemi. Lui et ses camarades n’ont pratiquement pas dormi pendant ces neufs jours. Chaque nuit, ils doivent se déplacer à pied sur des dizaines de kilomètres pour reprendre de nouvelles positions. Le 27 mai, il trouve la mort dans les dernières minutes de la bataille de la Lys, sans savoir que depuis le 13 mai il est le papa d’une petite fille.

 

A une demande de citation pour action héroïque, son commandant de compagnie écrit : « Auguste Mergaux a été tué le 27 mai à la tête de son groupe de combat, son peloton ayant reçu l’ordre de protéger le mouvement de décrochage que devait exécuter ma compagnie. Grâce au sacrifice de son peloton, 93 hommes de ma compagnie ont eu la vie sauve et ont pu rejoindre les lignes amies ». En écrivant ce livre, basé sur des faits réels, Pierre-Etienne Mergaux a voulu rendre justice non seulement à son grand-père mais aussi à tous ceux qui se sont battus courageusement en mai 1940. Leur sacrifice a souvent été ignoré et, généralement, on ne retient de la guerre que la période de libération ; C’est une réaction humaine, on préfère oublier les périodes sombres et ne glorifier que les vainqueurs.

Il est bon de rappeler que si les armées alliées ont pu revenir en vainqueur quatre ans plus tard,  c’est notamment grâce au courage des combattants de 1940. D’après de nombreux historiens spécialistes de la seconde guerre mondiale, les Belges se sont plus qu’admirablement battus et ils auraient pu résister longtemps encore si leurs alliés, notamment les Français, ne s’étaient pas laisser enfoncer aussi rapidement du fait des erreurs de stratégie, commises par leur Etat-Major.

« Dès le 23 mai, la situation était devenue sans issue pour l’armée belge. Pourtant, en résistant quatre jours de plus, quatre jours au-delà du raisonnable, les Belges ont rendu possible le rembarquement de 335.000 soldats alliés à Dunkerke. Et cela, comme le fera remarquer un expert américain, ce fût la première victoire stratégique de cette guerre ».

 

 

 

 

Le livre « Auguste Mergaux – Sa Campagne des dix-huit jours »  est disponible au prix de 16,95 EUR

Pour commander, cliquer sur le lien suivant :  mailto:pe.mergaux@skynet.be

 

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