La Sanctification

Editorial

LA NECESSAIRE SANCTIFICATION

« Recherchez la paix avec tous et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (Heb 12.14)

Nous entendons souvent utiliser dans les églises cette exhortation de l’épître aux Hébreux quand il s’agit de reprendre un croyant dont le comportement n’est pas jugé digne de ce qu’on attend d’un chrétien.

En général les reproches ne portent pas sur des choses graves mais sur des façons de se comporter trop conformes à celles du monde environnant.  

 Car nous avons souvent tendance à situer la sanctification au niveau de l’apparence extérieure, celle des vêtement ou du langage…Ces choses ont bien  sûr  leur importance pour le témoignage. Mais prenons garde à ne pas en arriver à imposer aux autres des comportements stéréotypés, confondant la sanctification que demande le Seigneur avec la conformité aux règles de conduite de notre groupe chrétien.

Il est certes nécessaire que la sanctification s’exprime dans des comportements, mais elle a une dimension autrement enthousiasmante que celle de la simple observation d’un catalogue d’obligations extérieures. Elle trouve son origine dans les aspirations nouvelles qui résultent d’une transformation du cœur de l’homme. Et elle nous entraîne dans une vie d’expériences intérieures dans laquelle nous conduit l’Esprit de sainteté. 

J.Gloaguen


LA SANCTIFICATION

Les deux mots sanctifier et sanctification ont un rapport avec l’adjectif saint . Sanctifier signifie rendre saint et la sanctification désigne le processus qui conduit à la sainteté .

Pour bien comprendre ce que le Nouveau Testament appelle sanctification, nous devons nous tourner vers l’emploi de ce terme dans l’Ancien  Testament. Cette étude permettra de mettre en lumière les aspects fondamentaux de la sanctification.

Dieu est saint

Dieu a dit à Moïse : « Vous serez saints car je suis saint, moi l’Eternel » (Lev 19.2)

Cette mention de la sainteté de Dieu est importante car elle justifie la nôtre. Elle ne parle évidemment pas d’une perfection morale de la divinité, ce qui n’aurait aucun sens, mais d’une séparation due à une différence de nature et de comportement par rapport aux dieux des autres nations mais aussi par rapport aux humains. Dieu est foncièrement ce lui qui est autre. C’est cette différence qui est communiquée à l’homme par l’appartenance à Dieu dans l’ancienne alliance (Lev 21.8) et à Jésus-Christ dans la nouvelle alliance (Heb 2.11) 

Nous pouvons découvrir trois nuances de signification complémentaires de la sanctification : séparation, purification, service

Séparation

La nuance qui nous frappe au premier abord est celle d’une séparation. Elle s’applique à :

Des lieux consacrés à Dieu comme le Temple (2 Chr 7.16)

Des choses comme l’huile d’onction (Ex 30.32) ou des objets réservés à l’usage exclusif du culte (Ex 40.9)

Des jours consacrés à Dieu comme le Sabbat (Ex 31.14)

Au peuple d’Israël que par son élection Dieu a séparé des autres peuples (Lev 20.26 ; De 7.6)

La sainteté et la sanctification ne parlent donc pas en premier lieu de la recherche d’une perfection morale ou rituelle mais d’une mise à part pour Dieu

Cette nuance de séparation qui concerne surtout des objets inanimés et un peuple souvent rebelle permet de comprendre pourquoi l’apôtre Paul peut appeler saints les membres imparfaits de l’église de Corinthe que Dieu a aussi choisis et mis à part (1 Cor 1.1)

Ainsi l’idée de base de la sainteté est celle d’une séparation pour Dieu.

Purification

Cependant, déjà dans l’Ancien Testament , la sanctification ne désigne pas seulement une mise à part, mais elle implique aussi une purification. 

C’est ainsi que lors du règne d’Ezéchias, la sanctification du Temple a consisté en des rites de purification qui ont duré huit jours (2 Ch. 29.16-17)

Dans le même ordre d’idée, l’Ecriture exhorte le peuple des croyants à se sanctifier. L’objet qui est mis à part pour Dieu devient ainsi le sujet qui met à part. Cet aspect de la sanctification ne peut concerner que les humains, car seuls ils ont le pouvoir de se sanctifier eux-mêmes.

Cette sanctification - purification se manifestait par des actes dont nous ne connaissons pas toujours le contenu comme lors du passage du Jourdain (Jos 3.5). Mais dans Ex 19.10, le peuple doit se sanctifier en nettoyant ses vêtements avant de recevoir la Loi de Dieu.

Encore, après la défait d’Aï, le peuple doit se sanctifier en faisant disparaître l’interdit, en lapidant Akan (Jos 7.13)

De même encore la mise à part des sacrificateurs pour leur service s’accompagne d’un cérémonial de purification (Ex 29.44) que doit suivre le respect de règles de vie particulières ( Lev 21.6)

Nous constatons ainsi que Déjà dans l’Ancien Testament la notion de sanctification pouvait comporter une nuance de purification qui renforçait celle de séparation.

On retrouve cette nuance à la base de nombreuses exhortations des épîtres du Nouveau Testament (1 P 1.14-16) Les règles de conduites exposées ont pour but de sanctifier les croyants même si, dans la nouvelle alliance, l’accent est davantage mis sur le changement de cœur d’où devra découler un changement de conduite.

Service

La mise à part et la purification sont importantes, mais elles ne trouvent pas en elles-mêmes leur raison d’être. On peut se mettre à part et se purifier par un simple amour de la pureté, mais on ne doit pas perdre de vue que dans les Ecritures, le but en est l’efficacité dans le service de Dieu.

Par exemple, faire disparaître l’interdit du milieu du peuple n’était pas une fin en soi. Cet acte avait pour but de permettre que le peuple renoue avec la victoire (Jos 7.13)

De même, dans le Nouveau Testament, le fait de livrer nos membres comme esclaves à la justice pour aboutir à la sanctification implique que cette sanctification comporte un service de Dieu (Rom 6.19)

Ou encore, la purification de notre vie nous sanctifie et nous rend utiles à notre maître et propres à toute bonne œuvres (2 Tim 2.21)

Ainsi, la sanctification selon l’Ecriture peut être définie comme une mise à part et une transformation en vue d’un service exclusif du Seigneur. C’est le processus qui conduit un homme de la déchéance due au péché à la gloire de fils de Dieu dont Jésus est le modèle. Elle se rapporte donc à notre état à la fois devant Dieu et devant les hommes.                                                              

SANCTIFIES EN CHRIST

Ce que nous sommes en Christ

L’épître aux Hébreux met en lumière la supériorité du sacrifice de Christ sur les anciens sacrifices par lesquels le peuple était sanctifié dans l’ancienne alliance. Elle dit : « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’offrande du Corps de Christ une fois pour toutes » (Heb 10.10)

En contraste avec la sainteté relative et temporaire que procuraient les sacrifices quotidiens dans le Temple, elle met en évidence l’aspect définitif et parfait de la sanctification que nous a procuré la mort de Christ.

La croix nous a sanctifiés

L’épître aux Hébreux dit encore : « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Heb 10.14) « Combien pire, ne pensez-vous pas, sera le châtiment mérité par celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié » (Heb 10.29)

Il n’est donc pas nécessaire, dans la nouvelle alliance de continuer à faire des sacrifices d’animaux. Nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus et cette sanctification ne dépend pas de nos efforts mais d’un événement unique dans le passé, de la mort de Jésus sur la croix.

Cette situation de mise à part qui est la nôtre dans le monde spirituel découle de notre rachat et de notre bénédiction par la mort de Christ. Elle exprime la volonté de Dieu pour nous car elle nous place dans une position de liberté par rapport au péché.

Comment nous est accordée cette sainteté ?

L’Ecriture nous dit que c’est une œuvre de l’Esprit : « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez é »té justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu » ( 1 Cor 6.11)  

L’Esprit Saint à une importance vitale dans tous les aspects de notre expérience chrétienne. C’est lui qui suscite les convictions dans notre cœur. Par son action, les événements passé »s de la mort de Christ deviennent pour nous présents et personnels. C’est dans ce sens qu’il nous a sanctifiés en nous faisant prendre conscience de notre position spirituelle. Comme le dit Paul : « La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort » (Rom 8.2)

Que devons-nous faire ?

Cette sanctification par l’Esprit Saint comporte un premier aspect où l’homme semble totalement exclu. Mais pour que l’œuvre de Christ soit effective dans nos vies, nous avons notre part à faire. Il est nécessaire dans un premier temps de croire à la réalité de cette mise à part et de l’accepter.

Paul rappelle les paroles par lesquelles Jésus lui signifiait sa mission qui était que les païens reçoivent un héritage avec ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi (Act 26.18)

Il ajoute aussi, au cours d’un développement sur le baptême que nous sommes morts avec Christ, nous qui avons cru en lui. Croire à cette mort nous met à part du monde des vivants (Rom 6.22)

La délivrance de la dépendance du péché que notre mort avec Christ entraîne fait que le péché n’a plus de pouvoir sur nous. Cette sanctification-mise à part par l’œuvre de Christ correspond à une résurrection spirituelle ou à une nouvelle naissance.

Ainsi cette sanctification instantanée des croyants a des effets dans le monde spirituel. Elle concerne notre position en Christ. Mais elle aura aussi des prolongements dans le monde matériel par notre volonté de vivre à la hauteur de notre nouvelle nature.

LA SANCTIFICATION-TRANSFORMATION

Devenir ce que nous sommes en Christ    

Cet aspect de la sanctification est celui auquel on pense habituellement. Il s’agit de la transformation progressive de tous les domaines de notre viE. Son but proche est de nous rendre pus aptes au service du Seigneur et son but ultime est de nous rendre semblables à Christ.

Elle est progressive

Paul dit aux Thessaloniciens : « Ce que Dieu veut c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de l’inconduite. C’est que chacun de vous sache tenir son corps dans la sainteté et l’honnêteté » (1 Th 4.3) 

Si Paul se fait le porte-parole de Dieu pour exprimer ce souhait, c’est que les chrétiens de cette église doivent encore progresser dans la sanctification de leur conduite.

De même, quand Paul dit aux Corinthiens : « Bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit en développant jusqu’à son terme la sainteté dans la crainte de Dieu » ( 2 Cor 7.1)

Cela veut dire que les Corinthiens ont commencé à se sanctifier mais qu’ils doivent poursuivre leurs efforts dans la sanctification qui est donc progressive.

Enfin quand l’apôtre Jean dit dans l’Apocalypse : « Que le juste pratique encore la justice et que celui qui est saint soit encore sanctifié » (Ap 22.11)

Cela signifie que ce processus de sanctification doit se poursuivre jusqu’au terme de l’existence.

C’est dans cette optique d’une transformation progressive que nous devons comprendre les nombreuses exhortations à la sainteté et au changement de comportement que l’on trouve dans les épîtres.

C’est pourquoi aussi le Nouveau Testament présente la vie chrétienne d’une manière dynamique, comme une marche et parfois une course vers un but.

« Vous avez appris de nous comment vous devez marcher et plaire à Dieu » (1 Th 4.1) Marchons honnêtement » (Rom 13.13) « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez point les désirs de la chair » (Gal 5.16) Ou encore : « Oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but » (Phil 3.13-143)

La sanctification est progressive comme l’est la marche qui se compose d’une suite de pas. Elle tend vers un but, comme la course.

Sanctifiés par la Parole

En priant pour ses disciples, Jésus a demandé au Père : « Sanctifie-les par la vérité. Ta Parole est la vérité » (Jn 17.17)

L’importance de la Parole du Seigneur dans notre sanctification est encore soulignée par ce que Paul dit de l’église que Jésus a sanctifiée après l’avoir purifiée par l’eau et la Parole (Eph 5.26)

On ne peut pas surestimer ce rôle de la Parole dans notre sanctification. Elle nous fait connaître la volonté de Dieu pour notre conduite dans le monde en nous montrant le chemin que nous devons suivre, les obstacles que nous pouvons rencontrer et le but qui nous est assigné. Par elle nous savons que nous devons devenir semblables à Jésus (Ep 4.13). Il est le premier d’entre plusieurs frères sanctifiés (Heb 2.11)

L’Ecriture nous entraîne ainsi dans une marche perpétuelle, de transformation en transformation. Cette marche est faite d’expériences qui reprennent et éduquent comme le dit Paul : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne » (2 Tim 3.16-17)

Sanctifiés par l’Esprit

Les apôtres Pierre et Paul vont chacun pour leur part, parler de la sanctification de l’Esprit (1 P 1.2 ; 2 Th 2.13). Paul ajoute encore qu’il « S’acquitte du service sacré de l’Evangile afin que les païens lui (Dieu) soient une offrande agréable, sanctifiée par l’Esprit Saint » (Rom 15.16)

Ainsi le Saint Esprit qui était déjà actif et essentiel dans la découverte de l’action sanctifiante du sacrifice de Christ  est encore à l’œuvre dans la mise en pratique de cette sanctification acquise. Il conduit le croyant dans toute la vérité et pas seulement dans la vérité doctrinale mais encore dans la mise en lumière progressive du péché incrusté dans notre vie. Il remplit ainsi les fonctions d’un sage économe qui propose une tâche accessible à chacune de nos journées, nous rendant progressivement aptes à la réalisation du modèle qui nous semble trop élevé au premier regard : la stature de Christ

L’ETENDUE DE LA SANCTIFICATION

L’apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens :« Que le Dieu de paix vous sanctifie tout entiers ; que tout votre être , l’esprit, l’âme et la corps soit conservé sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui vous a appelés est fidèle et c’est lui qui le fera » ( 1 Th 5.23)

Ces paroles expriment un souhait doublé d’une certitude que Paul fonde dans la fidélité de Dieu. Le Seigneur accomplira son œuvre de sanctification de l’être tout entier des croyants. Mais le souhait de Paul fait allusion à un processus déjà commencé et qui court vers sa pleine réalisation. Il est donc question ici de cette oeuvre que Dieu réalise dans l’homme par le Saint Esprit. Elle concerne toutes les composantes de l’être humain qu’elle va transformer radicalement en le débarrassant de tous les aspects de la vaine manière de vivre héritée de nos pères.

La sanctification de l’esprit

Il ne s’agit pas ici du Saint Esprit , mais de l’esprit de l’homme, cette faculté qui lui permet d’entrer en relation avec la divinité. Dans la sanctification, l’Esprit de Dieu agit dans l’esprit de l’homme pour d’une part débusquer les restes des cultes anciens et les conceptions fausses de Dieu que notre milieu nous a transmises ainsi que celles qui chercheraient encore à s’infiltrer dans notre esprit.

Paul dit : « Quand vous étiez païens, vous étiez entraînés et dévoyés vers les idoles muettes » (1 Cor 12.2) « …autrefois vous ne connaissiez pas Dieu et vous serviez des dieux qui par nature ne le sont pas » (Gal 4.8)

A cause du culte rendu dans notre passé à des dieux païens, nous devons laisser transformer notre conception de Dieu par l’action conjointe de la Parole et de l’Esprit Saint.

Mais le deuxième aspect de la sanctification de l’esprit est aussi important. Paul interpelle vigoureusement les Corinthiens : « Si le premier venu vous prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien » ( 2 Cor 11.4)

La sanctification de l’esprit nous amène à accueillir le Dieu vrai et à rejeter les fausses conceptions de Dieu qui voudraient s’introduire dans notre esprit.

La sanctification de l’âme.

Paul exhorte les croyants d’Ephèse : « Vous dépouiller à cause de votre conduite passée de la vieille nature qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence et à revêtir la nature nouvelle » (Eph 4.21)

Ce dépouillement de la vieille nature et ce revêtement d’une nature nouvelle comportent le changement de notre mentalité et de nos sentiments à l’image de ceux de Christ. 

Notre intelligence doit être sanctifiée : « Vous ne devez plus marcher comme les païens qui marchent selon la vanité de leur intelligence » (Eph 4.17) « Soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence » (Rom 12.2) 

Notre façon d’apprécier les choses de ce monde subit une transformation par l’Esprit de Dieu.

Il en est de même de nos pensées qui doivent être semblables à celles de Christ : « Ayez en vous la pensée qui était en Christ » (Phil 2.5) « Que le Dieu de la patience et de la consolation vous donne d’avoir une même pense les uns à l’égard des autres » (Rom 15.5)          

Cet aspect de la sanctification va jusqu’à la racine de nos comportements, jusqu’à notre cœur, car c’est là que se bousculent nos sentiments.

Paul expose clairement aux Galates le genre de sentiments que produits le Saint Esprit : « Le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Gal 5.22)

Cette liste n’est pas exhaustive. Nous pourrions y ajouter d’autres qualités tout aussi recommandables qui sont la fraternité, la persévérance …

La sanctification du corps

C’est l’aspect auquel on attache généralement l’idée de sanctification, car c’est le plus visible des trois. Il peut concerner des choses plus ou moins graves . Ainsi Paul dit : « Marchons honnêtement, comme en plein jour, sans excès de table, ni de boisson, sans luxure ni dérèglement, sans discorde ni jalousie » (Rom 13.13)

Certaines de ces choses que nous devons éviter se trouvent être mentionnées dans l’épître aux Galates comme étant des œuvres de la chair, directement opposées au fruit de l’Esprit. Elles sont visibles et répréhensibles.

Paul aborde aussi la sanctification dans la façon de se vêtir : « De même aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, se parent , non pas de tresses ou d’or, ou de perles ou de toilettes somptueuses, mais d’œuvres bonnes , comme il convient à des femmes qui font profession de piété » (1 Tim 2.9-10)

L’apôtre Pierre le rejoint sur ce terrain : « N’ayez pas pour parure ce qui est extérieur : cheveux tressés, ornements d’or, manteaux  élégants, mais la parure cachée du cœur » (1 P3.3-4) 

Ne pensons pas que ces exhortations à une sanctification extérieure ne concernent que les femmes. La sobriété qui  leur ait demandée a bien évidemment son correspondant masculin.

Ainsi tous les aspects de notre vie, du plus vital au secondaire doivent porter la marque de la sainteté que communique la vie nouvelle en Christ

ATTEINDRE LE BUT

Le but de notre sanctification est de nous amener à la perfection. C ’est le défi que le Seigneur nous lance dans le Sermon sur la montagne : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mat 15.18)   

Nous avons en la personne de Jésus l’idéal parfait que Dieu place devant nous. Il est le modèle vers lequel nous tendons, celui de l’homme parfait à tous égards. La sanctification cherche comme nous l’avons vu à rendre nos pensées et nos comportements semblables à ceux de Jésus. Mais notre perfection demeure relative dans l’accomplissement de la tâche quotidienne que nous propose le Saint Esprit.

Nous connaîtrons certainement une croissance dans le développement de notre caractère comme aussi de notre compréhension des choses de Dieu. Mais, tout aussi certainement, notre humanité, même régénérée, n’arrivera pas à atteindre la mesure de la stature parfaite de Christ qui nous est proposée en modèle (Eph 4.13)

Nous n’atteindrons la sainteté finale et définitive que lorsque notre Seigneur, lors de son retour sur terre, aura transformé notre corps de péché en un corps glorieux comme le sien (Phil 3.21) car nous le verrons en ce jour  face à face tel qu’il est vraiment ( 1 Cor 13.12)

Faut-il perdre courage et renoncer à nous sanctifier en attendant ce retour ? Non, bien sur ! Ce retour de Jésus doit au contraire nous motiver dans la marche de sanctification. C’est ainsi que Paul le comprend quand il écrit aux Thessaloniciens : « Qu’il affermisse vos cœurs pour qu’ils soient sans reproche dans la sainteté devant Dieu notre Père à l’avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » (1 Th 3.13)

Ce qui comptera quand le Seigneur mettra un terme à notre course, ce ne sera pas tant le niveau de perfection que nous aurions atteint que le simple fait que nous soyons en mouvement. En réalité, ce que le Seigneur nous demande ce n’est pas la sainteté absolue, mais la sanctification.

J. Gloaguen

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