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Octobre 2002

France: les syndicats déterrent la hache de guerre

Financement: La FAPEO refuse la misère

Union Européenne: Livre Vert sur le Supérieur

Projet Erasmus World

Communauté Française: Renvois en augmentation

Analphabétisme


Informations plus anciennes

2002 juillet-septembre
2002 mars-juin
2002 janvier-février
2001 juin à décembre
2001 janvier à juin
2000
1999
très vieux

Financement
La FAPEO refuse la misère

La Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO) estime que les mesures de refinancement des Communautés adoptées au niveau fédéral sont insuffisantes. Particulièrement en vue de s’attaquer au problème de la pénurie d’enseignants. Selon son vice-président Pierre Spehl, nos gouvernements laissent s’anémier et dépérir l’enseignement public au nom “ d’une soi-disant impossibilité d’obtenir plus des budgets fédéraux sans contrepartie d’ordre linguistico-communautaire ”. Or, constate la vice président de la FAPEO, “ nos amis flamands sont devant les m^^emes difficultés ”. Un accord avec la Communauté Flamande devrait dès lors pouvoir ^^etre trouvé sur les transferts de budgets nécessaires, mais à la condition d’en avoir la ferme volonté, et d’en poser clairement les enjeux devant l’opinion publique, afin d’obtenir son soutien ”.
La FAPEO s’est également exprimée sur la co^^ut de la rentrée scolaire pour les familles. Pour son président Michel Gailly, “ la gratuité de tout ce qui est obligatoire est pour les parents de l’officiel un principe essentiel qui distingue l’enseignement public de l’enseignement privé. Ce principe n’est plus respecté depuis le Décre sur les missions de l’école de 1997 qui fixe une série de frais admissibles ”.
Conférence de presse, 29/8/02

Union Européenne
Livre Vert sur le Supérieur

Jamais avares de couleurs, les institutions européennes proposent un livre vert de l’enseignement supérieur. Le Parlement Européen a en effet adopté le 5 septembre dernier un texte qui demande à la Commission d’élaborer “ un Livre Vert sur la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur ”. L’objectif avoué est d’analyser les différents systèmes éducatifs au niveau du supérieur à l’intérieur de l’Union, d’en dégager les convergences et les divergences afin d’émettre des recommandations permettant d’avancer dans la mise en place d’un système éducatif commun. Ceci afin de permettre une plus grande mobilité des étudiants et des enseignants entre les pays membres. L’objectif non avoué est de créer ainsi une situation de concurrence effective entre les établissements, processus indispensable à la marchandisation et à la privatisation des systèmes éducatifs.
Alter Educ, 17/9/02

Projet Erasmus world

En juillet dernier, Viviane Reding, commissaire européenne à l’éducation a présenté le projet “ Erasmus World ”. Celui-ci veut rencontrer deux enjeux selon la Commission : celui de l’attrait de l’enseignement supérieur de l’Union dans d’autres parties du monde et celui d’accro^^itre “ la qualité et la compétitivité de notre enseignement supérieur ”. Nous avons du mal à discerner la différence. D’après V. Reding, il s’agit de “ l’instrument dont l’Europe a besoin, à l’intérieur comme vers l’extérieur, pour sortir gagnante de la mondialisation de l’éducation. En ouvrant nos universités au monde, nous les ouvrons aussi à l’Europe ” rajoute la commissaire. Les termes employés montrent qu’il n’est m^^eme plus question de nier le processus de marchandisation en cours. Le projet est doté d’un budget de 200 millions d’euros. Il est prévu de recevoir 4200 étudiants issus de pays extérieurs à l’Union Européenne. Mais le projet prévoit aussi d’accueillir 1000 professeurs pour des missions d’enseignement et/ou de recherche. De modestes émoluments seront évidemment proposés à ces derniers : 13.000 euros par mois. Qui a dit que les salaires étaient bas dans l’enseignement ?
Alter Educ, 17/9/02

Communauté Française
Renvois en augmentation

Durant l’année scolaire 2000-2001, 704 élèves ont été exclus uniquement dans le réseau de la CF. C’est deux fois plus qu’en 1997. L’augmentation la plus sensible se situe à Bruxelles (de 112 à 371). Les motifs de renvois sont principalement les “ incivilités “ (41,7 %), les violences physiques entre élèves (12,4 %) et les violences graves envers un enseignant (11,5 %). Il est difficile de dire si une telle augmentation est due à une recrudescence réelle de la violence scolaire ou à une plus grande sévérité des établissements. Quoi qu’il en soit, un renvoi scolaire constitue un échec m^^eme s’il est évident que l’école ou l’enseignant considérés ne sont pas forcément responsables. On ne peut en dire autant du système éducatif qui le génère. A moins que ce ne soit plus largement la société ?
Le Soir, 4/9/02

Wallonie - Bruxelles
Analphabétisme

Le réseau d’initiatives d’alphabétisation Lire et Ecrire fête ses dix ans et dresse un triste bilan : 10 % des adultes de 15 à 70 ans de la Communauté française de Belgique éprouvent des difficultés à lire ou à écrire un texte simple en rapport avec la vie quotidienne. Lire et Ecrire réclame - comme l’enseignement de plein exercice, d’ailleurs - des moyens supplémentaires. En effet, en 2000-2001, le réseau a dû refuser 3359 personnes par manque de places disponibles, par manque de locaux ou de formateurs !
(L’Essentiel, septembre 2002)

Wallonie-Bruxelles
Accéder à l’université ? Un privilège

La probabilité pour un enfant d’entrer - et de réussir - un jour à l’université est étroitement liée au niveau d’instruction de ses parents. Telle est la conclusion d’un étude menée par l’Université Catholique de Louvain (UCL) et le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) à partir de statistiques réalisées par l’UCL, mais qui peuvent être étendues à toute la Communauté, une enquête similaire y ayant livré des chiffres approchants. Si le nombre d’universitaires a quasiment doublé depuis 1967, cet accroissement s’est-il accompagné d’une démocratisation de l’accès ? Non, les étudiants issus des milieux modestes sont sous-représentés. Doux euphémisme ! Jugez plutôt : en 1999, un jeune de 18 ans dont le père était diplômé de l’enseignement universitaire avait 76,9 % de probabilité d’accéder à l’université et 44,1 % de réussir sa première année, contre seulement 3,2 % et 0,8 % pour un jeune dont le père n’était diplômé que du primaire. Et le recteur, Marcel Crochet, de s’inquiéter des jeunes qui n’achèvent pas leurs études secondaires, “ 37 % d’une génération. Sans doute est-ce dû à un déficit de conditions sociales et culturelles favorables au travail intellectuel, au manque d’information ou de conseil face aux problèmes de l’école “. (Le Soir, 17/09/02)
Somme toute, inversons notre façon d’appréhender la discrimination scolaire, arrêtons de nous demander pourquoi certains jeunes échouent à l’école, étudions plutôt attentivement les conditions - sociales, matérielles et culturelles - qui permettent à d’autres d’y briller ... et fournissons ces conditions à tous.

France
Hausse du coût de la scolarité

Sur base de milliers de données récoltées par ses militants dans les magasins et auprès des familles, la Confédération syndicale des familles (CSF) mesure chaque année le poids des frais de scolarité sur les budgets familiaux. A la rentrée 2001, l’augmentation moyenne était de 4,3 %, essentiellement à cause de la majoration du prix du papier. Mais il y a aussi l’ampleur que prend le marché de la scolarité : livres, cahiers et cédéroms d’éveil, d’exercices, jeux éducatifs, de révision, d’aide et de soutien dans toutes les matières. Sans oublier l’outil informatique. Les familles sont de plus en plus sollicitées par des fabricants faisant preuve d’une imagination débordante. Inquiets et prêts à tout pour favoriser la réussite de leurs enfants, les parents ne regardent pas à la dépense. Les parents les plus éloignés de la culture scolaire et les moins informés sont souvent les premières victimes des démarcheurs. Et puis, dans un tel système, l’inégalité ne peut que se renforcer. Les solutions préconisées par la CSF ? Limitation des listes de fournitures scolaires, TVA à 5,5 %, formation du jeune consommateur, gratuité des livres et du matériel technique, aide accrue aux familles à faibles revenus ... Rappelons que l’Aped a inscrit dans ses revendications la gratuité totale de la scolarité, seule capable, à nos yeux, de nous rapprocher d’une véritable égalité face à l’école.
(Le Ligueur, 21/08/02)

Wallonie-Bruxelles
Quelques pas vers la gratuité ?

La Ligue des Familles se réjouit de quelques avancées vers la gratuité de la scolarité. Quelques modifications du décret vont bien entrer en vigueur le 1er janvier 2003 : le Conseil de Participation de chaque école devra mener une réflexion sur les frais réclamés, étudier et proposer un mécanisme de solidarité; la liste des frais exigibles sera allégée (dans le fondamental, photocopies et journal de classe deviennent gratuits); les établissements devront prendre en compte les origines sociales et culturelles des élèves; les frais facultatifs seront calculés au coût réel; une estimation des frais réclamés aux familles leur sera communiquée avant la rentrée; le non-paiement ne pourra jamais motiver un refus d’inscription ou une exclusion ... (Le Ligueur, 21/08/02)
Mais sur le fond, nous pouvons craindre que rien ne change. Nous ne voyons en tout cas pas dans ce décret le début du commencement d’une solution à la misère de certaines écoles et de bon nombre de familles, ni d’une réduction de l’écart abyssal qui sépare les moyens mobilisables par les écoles “ d’élites “ d’une part et les écoles “ d’en-bas “ d’autre part, chaque école restant confrontée à sa réalité singulière.

Wallonie-Bruxelles
La presse à l’école

Du 16 au 20 septembre, 52 000 écoliers de sixième primaire ont eu l’occasion de se pencher sur la presse quotidienne francophone pour, à partir du 4 octobre, choisir deux titres qu’ils recevront en classe toute l’année scolaire. L’opération, menée conjointement par le ministère de M.Nollet et les éditeurs de journaux, a un coût : 40 000 euros. (Le Soir, 17/09/02)
Nous devrions nous réjouir de voir ainsi pénétrer dans les classes des outils pour comprendre le monde. Mais l’initiative ne va pas sans poser quelques questions embarrassantes.
Quelle initiative le ministre lance-t-il, parallèlement à l’opération presse, pour faire en sorte que désormais plus aucun enfant ne sorte du fondamental sans savoir lire couramment ? Ces enfants sont pourtant légions.
Passé le premier intérêt des enfants - pour les sports, les faits divers et les infos “people” -, les journaux seront-ils vraiment exploités, y compris les sujets qui demandent de solides références culturelles, historiques, géographiques, économiques ou scientifiques ?
Les journaux ne sont-ils pas des entreprises commerciales, d’ailleurs propriétés de puissants groupes industriels et financiers et essentiellement financés par la publicité ? Leur démarche auprès des enfants est-elle motivée par autre chose que le besoin de renouveler un lectorat en chute libre ? Jusqu’à quel point les quotidiens sont-ils encore capables de donner à leurs lecteurs un regard vraiment critique sur le monde ? Les média-mensonges ne se ramassent-ils pas à la pelle ces derniers temps ? Tous les enseignants auront-ils le temps, la formation et le courage nécessaires pour aller avec leurs élèves au-delà d’une lecture superficielle et consensuelle des informations ?
Quels titres choisir, enfin ? La presse quotidienne de gauche ayant disparu depuis belle lurette, les enfants et leurs enseignants n’auront qu’un choix limité, entre une presse populiste de droite (proximité, fait divers, obsession sécuritaire à la limite du racisme, sports, people ...) et une presse de “centre”-droit acquise aux mirages du libéralisme, présentant peu d’attrait, voire hermétique pour des enfants de 10 à 12 ans. Perspectives palpitantes ...