Financement
La FAPEO refuse la misère
La Fédération des Associations de Parents de lEnseignement Officiel (FAPEO) estime que les mesures de refinancement des Communautés adoptées au niveau fédéral sont insuffisantes. Particulièrement en vue de sattaquer au problème de la pénurie denseignants. Selon son vice-président Pierre Spehl, nos gouvernements laissent sanémier et dépérir lenseignement public au nom dune soi-disant impossibilité dobtenir plus des budgets fédéraux sans contrepartie dordre linguistico-communautaire . Or, constate la vice président de la FAPEO, nos amis flamands sont devant les m^^emes difficultés . Un accord avec la Communauté Flamande devrait dès lors pouvoir ^^etre trouvé sur les transferts de budgets nécessaires, mais à la condition den avoir la ferme volonté, et den poser clairement les enjeux devant lopinion publique, afin dobtenir son soutien .
La FAPEO sest également exprimée sur la co^^ut de la rentrée scolaire pour les familles. Pour son président Michel Gailly, la gratuité de tout ce qui est obligatoire est pour les parents de lofficiel un principe essentiel qui distingue lenseignement public de lenseignement privé. Ce principe nest plus respecté depuis le Décre sur les missions de lécole de 1997 qui fixe une série de frais admissibles .
Conférence de presse, 29/8/02
Union Européenne
Livre Vert sur le Supérieur
Jamais avares de couleurs, les institutions européennes proposent un livre vert de lenseignement supérieur. Le Parlement Européen a en effet adopté le 5 septembre dernier un texte qui demande à la Commission délaborer un Livre Vert sur la création dun espace européen de lenseignement supérieur . Lobjectif avoué est danalyser les différents systèmes éducatifs au niveau du supérieur à lintérieur de lUnion, den dégager les convergences et les divergences afin démettre des recommandations permettant davancer dans la mise en place dun système éducatif commun. Ceci afin de permettre une plus grande mobilité des étudiants et des enseignants entre les pays membres. Lobjectif non avoué est de créer ainsi une situation de concurrence effective entre les établissements, processus indispensable à la marchandisation et à la privatisation des systèmes éducatifs.
Alter Educ, 17/9/02
Projet Erasmus world
En juillet dernier, Viviane Reding, commissaire européenne à léducation a présenté le projet Erasmus World . Celui-ci veut rencontrer deux enjeux selon la Commission : celui de lattrait de lenseignement supérieur de lUnion dans dautres parties du monde et celui daccro^^itre la qualité et la compétitivité de notre enseignement supérieur . Nous avons du mal à discerner la différence. Daprès V. Reding, il sagit de linstrument dont lEurope a besoin, à lintérieur comme vers lextérieur, pour sortir gagnante de la mondialisation de léducation. En ouvrant nos universités au monde, nous les ouvrons aussi à lEurope rajoute la commissaire. Les termes employés montrent quil nest m^^eme plus question de nier le processus de marchandisation en cours. Le projet est doté dun budget de 200 millions deuros. Il est prévu de recevoir 4200 étudiants issus de pays extérieurs à lUnion Européenne. Mais le projet prévoit aussi daccueillir 1000 professeurs pour des missions denseignement et/ou de recherche. De modestes émoluments seront évidemment proposés à ces derniers : 13.000 euros par mois. Qui a dit que les salaires étaient bas dans lenseignement ?
Alter Educ, 17/9/02
Communauté Française
Renvois en augmentation
Durant lannée scolaire 2000-2001, 704 élèves ont été exclus uniquement dans le réseau de la CF. Cest deux fois plus quen 1997. Laugmentation la plus sensible se situe à Bruxelles (de 112 à 371). Les motifs de renvois sont principalement les incivilités (41,7 %), les violences physiques entre élèves (12,4 %) et les violences graves envers un enseignant (11,5 %). Il est difficile de dire si une telle augmentation est due à une recrudescence réelle de la violence scolaire ou à une plus grande sévérité des établissements. Quoi quil en soit, un renvoi scolaire constitue un échec m^^eme sil est évident que lécole ou lenseignant considérés ne sont pas forcément responsables. On ne peut en dire autant du système éducatif qui le génère. A moins que ce ne soit plus largement la société ?
Le Soir, 4/9/02
Wallonie - Bruxelles
Analphabétisme
Le réseau dinitiatives dalphabétisation Lire et Ecrire fête ses dix ans et dresse un triste bilan : 10 % des adultes de 15 à 70 ans de la Communauté française de Belgique éprouvent des difficultés à lire ou à écrire un texte simple en rapport avec la vie quotidienne. Lire et Ecrire réclame - comme lenseignement de plein exercice, dailleurs - des moyens supplémentaires. En effet, en 2000-2001, le réseau a dû refuser 3359 personnes par manque de places disponibles, par manque de locaux ou de formateurs !
(LEssentiel, septembre 2002)
Wallonie-Bruxelles
Accéder à luniversité ? Un privilège
La probabilité pour un enfant dentrer - et de réussir - un jour à luniversité est étroitement liée au niveau dinstruction de ses parents. Telle est la conclusion dun étude menée par lUniversité Catholique de Louvain (UCL) et le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) à partir de statistiques réalisées par lUCL, mais qui peuvent être étendues à toute la Communauté, une enquête similaire y ayant livré des chiffres approchants. Si le nombre duniversitaires a quasiment doublé depuis 1967, cet accroissement sest-il accompagné dune démocratisation de laccès ? Non, les étudiants issus des milieux modestes sont sous-représentés. Doux euphémisme ! Jugez plutôt : en 1999, un jeune de 18 ans dont le père était diplômé de lenseignement universitaire avait 76,9 % de probabilité daccéder à luniversité et 44,1 % de réussir sa première année, contre seulement 3,2 % et 0,8 % pour un jeune dont le père nétait diplômé que du primaire. Et le recteur, Marcel Crochet, de sinquiéter des jeunes qui nachèvent pas leurs études secondaires, 37 % dune génération. Sans doute est-ce dû à un déficit de conditions sociales et culturelles favorables au travail intellectuel, au manque dinformation ou de conseil face aux problèmes de lécole . (Le Soir, 17/09/02)
Somme toute, inversons notre façon dappréhender la discrimination scolaire, arrêtons de nous demander pourquoi certains jeunes échouent à lécole, étudions plutôt attentivement les conditions - sociales, matérielles et culturelles - qui permettent à dautres dy briller ... et fournissons ces conditions à tous.
France
Hausse du coût de la scolarité
Sur base de milliers de données récoltées par ses militants dans les magasins et auprès des familles, la Confédération syndicale des familles (CSF) mesure chaque année le poids des frais de scolarité sur les budgets familiaux. A la rentrée 2001, laugmentation moyenne était de 4,3 %, essentiellement à cause de la majoration du prix du papier. Mais il y a aussi lampleur que prend le marché de la scolarité : livres, cahiers et cédéroms déveil, dexercices, jeux éducatifs, de révision, daide et de soutien dans toutes les matières. Sans oublier loutil informatique. Les familles sont de plus en plus sollicitées par des fabricants faisant preuve dune imagination débordante. Inquiets et prêts à tout pour favoriser la réussite de leurs enfants, les parents ne regardent pas à la dépense. Les parents les plus éloignés de la culture scolaire et les moins informés sont souvent les premières victimes des démarcheurs. Et puis, dans un tel système, linégalité ne peut que se renforcer. Les solutions préconisées par la CSF ? Limitation des listes de fournitures scolaires, TVA à 5,5 %, formation du jeune consommateur, gratuité des livres et du matériel technique, aide accrue aux familles à faibles revenus ... Rappelons que lAped a inscrit dans ses revendications la gratuité totale de la scolarité, seule capable, à nos yeux, de nous rapprocher dune véritable égalité face à lécole.
(Le Ligueur, 21/08/02)
Wallonie-Bruxelles
Quelques pas vers la gratuité ?
La Ligue des Familles se réjouit de quelques avancées vers la gratuité de la scolarité. Quelques modifications du décret vont bien entrer en vigueur le 1er janvier 2003 : le Conseil de Participation de chaque école devra mener une réflexion sur les frais réclamés, étudier et proposer un mécanisme de solidarité; la liste des frais exigibles sera allégée (dans le fondamental, photocopies et journal de classe deviennent gratuits); les établissements devront prendre en compte les origines sociales et culturelles des élèves; les frais facultatifs seront calculés au coût réel; une estimation des frais réclamés aux familles leur sera communiquée avant la rentrée; le non-paiement ne pourra jamais motiver un refus dinscription ou une exclusion ... (Le Ligueur, 21/08/02)
Mais sur le fond, nous pouvons craindre que rien ne change. Nous ne voyons en tout cas pas dans ce décret le début du commencement dune solution à la misère de certaines écoles et de bon nombre de familles, ni dune réduction de lécart abyssal qui sépare les moyens mobilisables par les écoles délites dune part et les écoles den-bas dautre part, chaque école restant confrontée à sa réalité singulière.
Wallonie-Bruxelles
La presse à lécole
Du 16 au 20 septembre, 52 000 écoliers de sixième primaire ont eu loccasion de se pencher sur la presse quotidienne francophone pour, à partir du 4 octobre, choisir deux titres quils recevront en classe toute lannée scolaire. Lopération, menée conjointement par le ministère de M.Nollet et les éditeurs de journaux, a un coût : 40 000 euros. (Le Soir, 17/09/02)
Nous devrions nous réjouir de voir ainsi pénétrer dans les classes des outils pour comprendre le monde. Mais linitiative ne va pas sans poser quelques questions embarrassantes.
Quelle initiative le ministre lance-t-il, parallèlement à lopération presse, pour faire en sorte que désormais plus aucun enfant ne sorte du fondamental sans savoir lire couramment ? Ces enfants sont pourtant légions.
Passé le premier intérêt des enfants - pour les sports, les faits divers et les infos people -, les journaux seront-ils vraiment exploités, y compris les sujets qui demandent de solides références culturelles, historiques, géographiques, économiques ou scientifiques ?
Les journaux ne sont-ils pas des entreprises commerciales, dailleurs propriétés de puissants groupes industriels et financiers et essentiellement financés par la publicité ? Leur démarche auprès des enfants est-elle motivée par autre chose que le besoin de renouveler un lectorat en chute libre ? Jusquà quel point les quotidiens sont-ils encore capables de donner à leurs lecteurs un regard vraiment critique sur le monde ? Les média-mensonges ne se ramassent-ils pas à la pelle ces derniers temps ? Tous les enseignants auront-ils le temps, la formation et le courage nécessaires pour aller avec leurs élèves au-delà dune lecture superficielle et consensuelle des informations ?
Quels titres choisir, enfin ? La presse quotidienne de gauche ayant disparu depuis belle lurette, les enfants et leurs enseignants nauront quun choix limité, entre une presse populiste de droite (proximité, fait divers, obsession sécuritaire à la limite du racisme, sports, people ...) et une presse de centre-droit acquise aux mirages du libéralisme, présentant peu dattrait, voire hermétique pour des enfants de 10 à 12 ans. Perspectives palpitantes ...