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L’année
liturgique C
avec Luc, l’Évangile de |
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1er DIMANCHE
DE L'AVENT 2e DIMANCHE DE L'AVENT 3e DIMANCHE DE L'AVENT 4e DIMANCHE DE L'AVENT NATIVITE
DU SEIGNEUR
EPIPHANIE BAPTEME
DE JESUS LES NOCES DE
CANA 3e DIMANCHE ORD. 4e DIMANCHE ORD. 5e DIMANCHE ORD. 6e
DIMANCHE ORD.
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INTRODUCTION GENERALE
Certes, il n’y a qu’un Évangile : l’annonce inouïe, par Jésus-Christ,
que Dieu est Amour et Tendresse ; mais cette Bonne Nouvelle nous
est parvenue par quatre témoignages évangéliques, qui ont chacun leur
couleur et leur perspective. Fin 2009 (dès le dim. 29/11) et toute
l’année 2010, la liturgie (année C) nous propose une lecture de St
Luc ; il est donc important de nous rappeler qui est ce Luc et ce
qu’il a apporté à la tradition évangélique. Il
a d’ailleurs ouvert son ouvrage en deux tomes par un petit prologue,
à la manière des historiens grecs de son temps. Parmi
tous les auteurs du N.T., Luc est en effet le seul à ne pas être un
fils d’Israël ; il vient des Nations et est de culture
grecque, mais il sait se souvenir de la longue tradition biblique, dans
la traduction des LXX. Son
Évangile est le plus long des quatre (1150 versets), et il ne s’agit
là que du 1er tome d’une œuvre, qui se poursuit dans les Actes
des Apôtres (1000 versets) – une œuvre de grande ampleur qui
représente plus du quart du N.T. (27%) !
Nous allons tenter d’en dégager quelques caractéristiques,
pour nous préparer à cette année liturgique ; notre préoccupation
sera aussi de voir, dans la suite des dimanches, comment ce long récit
nous est à nouveau présenté.
Un prologue d’une seule phrase (Luc 1,1-4) Ce
texte ne se présente pas comme un ‘Évangile’, mais comme un ‘récit’
(diêgêsis) des événements
accomplis. En réalité, Luc n’emploie jamais le mot Évangile,
mais bien le verbe ‘évangéliser’ (une dizaine de fois) : en
quelque sorte, l’auteur reconnaît avoir lui-même reçu Son
prologue (repris le dim. 24/1) montre clairement les trois étapes que
l’exégèse actuelle reconnaît dans l’étude des Évangiles, ce qui
a aussi de l’intérêt pour situer son texte : **
la vie
publique de Jésus, vers les années 28/30 : ce sont les événements
accomplis et leurs témoins oculaires ; Luc précise ‘dès
le début’…, ‘à partir des origines’… **
la tradition des communautés,
soit entre 30 et 80 : beaucoup de premiers récits, une
transmission orale, les témoins devenus ‘serviteurs de **
le propos de Luc enfin, vers 80/85 :
sa décision d’écrire, son information réunie avec soin (akribös),
son récit ordonné, la solidité de tels enseignements…
Deux accents majeurs de
l’Évangile selon Luc Bien
entendu, Luc a fait des choix, mais ce sont de bons choix, qui ne sont
pas le fruit du hasard ; il a élaboré toute
une réflexion sur le sens et la portée de la vie, de la mort, de la résurrection
de Jésus-Christ, avec un bel accent sur la tendresse comme nous le
verrons. Deux traits, présentant
des accents fort contemporains, sont à retenir parmi d’autres : **
d’une
part, Luc entend ouvrir l’annonce de **
d’autre
part, Luc offre de Dieu un nouveau
visage, de bonté et de miséricorde ; car Jésus est le seul
à savoir vraiment qui est Dieu. Jésus lui-même l’appelle son ‘Père’
(à 17 reprises), depuis sa première parole à douze ans (2,49)
jusqu’à sa dernière parole sur la croix (23,46). Et
il est bon de nous souvenir de la trentaine de paraboles que Luc reprend
(autant que Mc et Mt ensemble !) : toute parabole est une
comparaison empruntée à la vie courante, mais elle nous conduit, en
vertu de sa logique propre, à une connaissance plus profonde du Dieu de
l’Alliance, du Dieu du Royaume. Or
plusieurs des paraboles de Luc sont inoubliables. Mentionnons enfin
l’accent de Luc sur l’aujourd’hui de Dieu (sêmeron
12 fois), également du début (2,11) à la fin de son Évangile
(23,43). Luc
n’a pas inventé toutes ces merveilles sur la bonté de Dieu ; il
les a reçues, accueillies et recueillies, avec son cœur d’artiste et
dans une belle langue grecque. On saisit dès lors que Luc nous rend
‘Dieu sensible au cœur’, selon les mots de Pascal : il a éclairé
le portrait de Jésus et de Dieu, son Père ; cette lumière nous
rejoint et peut vraiment illuminer cette année liturgique (année C).
Un
regard sur les multiples ‘titres’ donnés à Jésus de Nazareth Si
Luc n’a pas connu personnellement Jésus pendant sa vie parmi nous,
il demeure que la personne de Jésus est au centre de son ouvrage ;
nous pensons rendre service en présentant une douzaine
de titres qui lui sont
attribués, tout au long de l’Évangile selon Luc. Il
s’agit d’abord d’un homme,
d’un fils d’homme : Luc le sait fils de Marie (1,31 & 2,7)
et, pensait-on, fils de Joseph (3,23 & 4,22), ayant grandi à Nazareth
(8x nommée) ; or cet homme fait preuve de sentiments forts :
il admire (7,9), il est ému de compassion (7,13), il exulte de joie
(10,21), il pleure aussi (19,41), il fait part de son ardent désir
(22,15). Et sans cesse, il est situé devant Dieu, d’où un accent
constant sur ‘Jésus en prière’ (plus de dix fois), et parfois des
nuits entières (6,12 ; 9,28s ; 22,40s). Rapidement,
cet homme sera appelé le Saint
de Dieu (4,34 & déjà 1,35), celui qui est consacré par
l’onction (4,18, en référence à Is 61). Les gens ont vu en lui un prophète,
chargé de révéler Dieu (7,16 ; 7,39 ; 9,8 ; 9,19 ;
24,19) ; Jésus lui-même reprendra ce terme (4,24 & 13,33). Et
il est reconnu comme Celui qui
vient au nom du Seigneur Dieu (7,19s ; 13,35 ; 19,38). Ce
n’est pas assez dire : à sa façon, Luc insiste sur le
Fils de David (le nom de ce grand roi est cité 13 fois), et aussi
sur le titre de Roi : à
l’entrée à Jérusalem (19,38 – Luc seul), au cours de Jésus
est bien le Christ (ou Messie, en hébreu),
ce qui est répété 12 fois (la moitié dans le récit de Enfin,
Luc seul donne à Jésus le titre
de Seigneur (Kyrios),
dans les parties narratives de l’Évangile, dès le récit de Naïm
(7,13), et 20 fois en tout ! Or
c’est là le propre ‘Nom divin’, qui sera attribué au Ressuscité,
à la droite de Dieu… Oui, ce Jésus est par excellence le
Fils : le Fils du Très-Haut (1,32 & 8,28), le Fils
bien-aimé de la parabole des vignerons meurtriers (20,13),
et en vérité le Fils de Dieu (1,35 ; 3,22 ;
4,3.9 ; 4,41 ; 9,35), « le Fils » (10,22). Même
à l’agonie du Mont des Oliviers (22,42) et sur la croix au lieu dit
‘le Crâne’ (23,34.46), il se tourne vers son Père. Une
telle série de titres n’est-elle pas vraiment expressive de tout
l’amour de Luc pour le Seigneur Jésus-Christ ? Ces noms, il les
a reçus de la tradition chrétienne ?
Nous retrouvons bien les deux traits : ouvrir l’Évangile
à tous et offrir de Dieu un visage nouveau – Dieu sensible au cœur !
Un parcours de la répartition de cet Évangile dans
l’année C Nous
allons parcourir le 3e Évangile
en resituant les lectures des dimanches et fêtes pour
l’ensemble de l’année 2009/2010 – travail humble et patient, mais
éclairant sans doute, dans une perspective pastorale. Nous allons
suivre, en sept étapes, le fil de cet ample récit de Luc : au
total, ce ne sont pas moins de 44 passages qui sont relus, dont quelques
uns à deux reprises (ainsi ch.15). ***
L’Évangile de
l’enfance (1,5 – 2,52) : on sait comment Luc présente en
diptyque Jean le Précurseur & Jésus le Christ : double
annonce, double psaume prophétique, double naissance. Or quatre
textes sont repris : 4e
dim. Avent, Noël bien sûr, Ste Famille, puis Assomption. ***
La préparation du ministère
public (3,1 – 4,13) : l’annonce de Jean-Baptiste, le baptême
de Jésus, sa généalogie, ses tentations au désert. Quatre textes
également sont relus : 2e et 3e dim. Avent,
baptême de Jésus (10/1) et 1er dim. Carême (21/2). ***
Le ministère en Galilée
(4,14 – 9,50) : avec le déploiement de l’action de Jésus, à
Nazareth, à Capharnaüm, au bord du lac, dans des controverses, avec le
choix des Douze et le discours dans la plaine (nettement plus bref que
le ‘discours sur la montagne’ de Matthieu !), et diverses guérisons,
jusqu’à la mission des Douze et la foi de Pierre (« Le Christ
de Dieu » 9,20), avec le récit de ***
Au centre, la longue montée
vers Jérusalem (9,51 – 19,27), accentuée par Luc, avec ses trois
jalons nettement marqués (voir 9,51 ; 13,22 ; 17,11) :
s’il n’est guère possible de résumer le contenu de ces dix
chapitres, nous avons à souligner que vingt
évangiles du dimanche en
reprennent des passages : 3e et 4e dim. Carême
(mars), surtout du 13e dim.(27/6) au 31e
dim.(31/10) ; voilà une belle possibilité offerte pour dégager
les perspectives propres de Luc, peu à peu mises en valeur. ***
Le ministère à Jérusalem
(19,28 – 21,38), avec l’entrée messianique, les vendeurs chassés
du Temple, une série de controverses, l’annonce de la ruine du Temple
et le discours eschatologique ; de ces chapitres, trois textes
seulement sont repris : 1er dim. Avent,
puis 32e et 33e dim.(7 et 14/11). ***
Le récit
de ***
Et les rencontres du
Ressuscité (24,1-53), en un seul jour selon Luc : le début en
est relu à En
guise de conclusion :
Comment dégager une
perspective globale de cette rapide présentation ? À notre avis,
il s’agit surtout de mettre en évidence la « Tendresse »
dont il est partout question dans ce 3e Évangile. Nous
vivons certainement dans un monde rude et dur, souvent même violent ;
tant de crises se succèdent à divers niveaux : économique, démographique
et climatique ; relationnel, familial et culturel… Dès lors, il
est particulièrement précieux de souligner avec clarté une telle
perspective de synthèse (Loukas/Lucanus, Luc = clair !), ce que nous proposons en trois moments : **
Nous avons à reconnaître et à admirer la
tendresse de l’auteur Luc, avec sa sensibilité délicate et tout
son art littéraire ; c’est assurément un homme tendre et un écrivain
sensible ; il nous est bon et heureux de le prendre pour guide, lui
qui a ‘l’art de raconter Jésus-Christ’ (J.N. Aletti). **
À partir de là, nous pouvons aisément montrer toute la tendresse du Christ en
personne, avec ces noms et titres que Luc lui donne.
Dante avait raison de voir en lui « l’écrivain de la
tendresse du Christ » (scriba mansuetudinis Christi : De Monarchia I,16). Elle se
manifeste dans toutes les rencontres de Jésus
avec ceux et celles qui croisent sa route ; car de fait, Jésus
est sans cesse ‘en route’ (50 emplois de poreuesthai).
C’est ainsi tout le sens de sa mission de libération qui est exprimé,
à la lumière d’Isaïe 61 (4,18s) comme à la lumière des Béatitudes (6,20s)
: le souci de Jésus est vraiment celui des pauvres et des appauvris,
des prisonniers et des opprimés, de tous les laissés pour compte dans
la société. Bien sûr, **
Enfin, il s’agit de percevoir que, selon Luc, Jésus est
vraiment le visage de En
bref, Luc a l’audace de mettre sur les lèvres de Jésus (6,36) :
« Soyez donc tendres, comme votre Père est tendre / miséricordieux
(oiktirmôn) ; et ne vous
posez pas en juges… » Une
telle expression n’est-elle pas pleine de force ? Chacun peut réaliser
que Luc en a été ébloui et qu’il l’est durablement resté :
il est bien notre frère dans
la foi et dans l’amour pour Jésus, le Seigneur ! Pierre
Mourlon Beernaert
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