insi que
je
vous conte,
beau maître, eut en ce temps
le duc d'Anjou
le chastel de Mauvoisin, dont il eut grand'joie; et le fit garder par un chevalier de Bigorre qui s'appeloit
Chiquart de la Perrière. Et depuis le donna-t-il au
comte de Foix, lequel le tient encore, et le tenra tant comme il vivra; et le fait bien garder par un chevalier de Bigorre, lequel est de son lignage, et le appelle-t-on
Raymon des Landes. Et quand
le duc d'Anjou ot la
saisine de
Mauvoisin, et délivré ce pays et toutes Landes-Bourg des Anglois et des pillards, il s'en vint mettre le siége devant
la ville et le chastel de Lourdes. Adonc se douta grandement
le comte de Foix du
duc d'Anjou, pour ce que il le vouloit voir de si près et ne savoit à quoi il tendoit. Si fit le comte son mandement de chevaliers et escuyers, et puis les envoya par toutes ses garnisons; et mit
son frère, messire Ernault Guillaume, en
Morlens, atout deux cents
lances; et
son autre frère, messire Pierre de Berne, atout deux cents
lances, en
la ville de Pau;
messire Pierre de Cabestain, en
la cité de l'Eskalle, atout deux cents
lances;
messire Monnant de Nouvailles, en
la ville de Harciel, atout cent
lances;
messire Ernault Geberiel en
la ville de Mont-Gerbiel, atout cent
lances;
messire Foucaut d'Orchery en
la ville de Sauveterre, atout cent
lances; et
moi-même, Espaing de Lyon, fus envoyé au
Mont de Morsen atout deux cents
lances. Et n'ot chastel en toute
Berne qui ne fût bien pourvu et de bonnes gens d'armes. Et il se tint à
Ortais en son chastel et
de-lez ses florins. — Sire, dis-je, au
chevalier, en a-t-il grand'foison? — Par ma foi, dit-il, aujourd'hui
le comte de Foix en a bien par trente fois cent mille, car nul plus large grand seigneur en donner dons ne vit aujourd'hui.» Lors lui demandoi-je: «Sire, et à quels gens donne-t-il ses dons?» Il
me répondit: «Aux étrangers, aux chevaliers, aux écuyers, qui vont et chevauchent par son pays, à ses hérauts, à menestrels, à toutes gens qui parlent à lui. Nul ne se part sans ses dons, car qui les refuseroit il le courrouceroit. — Ha! sainte Marie!
sire, dis-je, à quelle fin garde-t-il tant d'argent et d'où lui en vient tant? Sont ses revenues si grandes comme pour tout ce assouvir;
je le saurois volontiers
voirs, si il
vous plaisoit que
je le sache. — Oil, dit
le chevalier, «vous le saurez. Mais
vous
m'avez demandé deux choses; si faut que
je
vous conte l'un après l'autre, et
je
vous délivrerai premier de la première.
«Vous
m'avez demandé tout premièrement à quel fin il garde tant d'argent.
Je
vous dis que
le comte de Foix se doute toujours, pour la guerre que il a au
comte d'Ermignac et pour les envahies de ses voisins,
le roi de France ou
le roi d'Angleterre, lesquels il ne courrouceroit pas volontiers. Et trop bien de leur guerre il s'est sçu dissimuler jusques à ores; car
oncques ne s'arma de l'une partie ni de l'autre, et est bien de l'un et de l'autre. Et
vous dis, et aussi
vous le direz quand l'accointance et la connoissance de lui aurez et que
vous l'aurez ouï parler, et sçu l'état et l'ordonnance de son hôtel,
vous verrez qu'il est aujourd'hui le plus sage prince qui vive et que nul haut seigneur, tel que
le roi de France ou
le roi d'Angleterre, courrouceroit le plus envis. De ses autres voisins, du
roi d'Arragon ni du
roi de Navarre ne fait-il compte; car il
fineroit plus de gens d'armes, tant a-t-il acquis d'amis par ses dons et tant en peut-il avoir par ses deniers, que ces deux rois ne feroient à une fois ou deux.
Je lui ai ouï dire que, quand
le roi de Chypre fut en son
pays de Berne et il lui remontra le voyage du Saint-Sépulchre, il l'enamoura si à faire un grand conquêt par delà, que si
le roi de France et
le roi d'Angleterre y fussent allés, après eux ce eût été le seigneur qui eût mené la plus grand'route et qui eût fait le
greigneur fait. Et encore n'y renonce-t-il pas; et c'est en partie ce pourquoi il assemble et garde tant d'argent. Et
le prince de Galles, du temps qu'il régna ès parties d'Aquitaine et qu'il se tenoit à
Bordeaux sur Gironde, l'en mit en la voie; car pour
le pays de Berne
le prince le menaçoit, et disoit que il vouloit que il le relevât de lui; et
le comte de Foix disoit que non feroit, et que
Berne est si franche terre qu'il n'en doit hommage à nul seigneur du monde. Et
le prince qui, pour ce temps, étoit grand et
cremu, disoit que il le mettroit à
merci. Et en eût fait
aucune chose, car
le comte d'Ermignac et
le sire de la Breth, qui
héent
le comte de Foix pour les victoires qu'il a eues sur eux, lui
boutoient en l'oreille; mais le voyage que
le prince fit en Espagne lui rompit. Et aussi
messire Jean Chandos, qui étoit tout le cœur et le conseil du
prince, brisoit le propos du
prince à non guerroyer
le comte de Foix; et aimoit
messire Jean
le dit comte pour ses vaillantises. Mais
le comte, qui se doutoit et qui sentoit
le prince grand et chevalereux à merveilles, commença à assembler grand trésor pour lui aider et défendre si on lui eût couru sus. Si fit tailles en son pays et sur les villes qui encore y durent, et y dureront tant comme il vivra; et prend sur chacun feu par an deux francs, et le fort porte le foible; et là a-t-il trouvé et trouve encore grand avoir par an. Et tant volontiers le paient ses gens que c'est merveilles. Car, parmi ce, il n'est nul François, Anglois ni pillard qui leur fassent tort ni injure d'un seul denier; et est toute sa terre aussi sauve que chose peut être, tant y est bien justice gardée; car en justiciant c'est le plus crueulx et le plus droiturier seigneur qui vive.»
A ces paroles vînmes-nous à
la ville de Tournay où notre gîte s'adonnoit. Si cessa
le chevalier à faire son conte, et aussi
je ne lui enquis plus avant, car, bien savois là où il l'avoit laissé et que bien y pouvois recouvrer, car nous devions encore chevaucher ensemble; et fûme ce soir logés à l'hôtel à l'Étoile, et là tenus tout aise.
Quand ce vint sur le souper, le chastelain de
Mauvoisin, qui s'appeloit
messire Raymon des Landes, nous vint voir et souper avecques nous; et fit apporter en sa compagnie quatre flacons pleins de blanc vin, aussi bon que
j'en avois point bu sur le chemin. Si parlèrent ces deux chevaliers largement ensemble; et tout tard
messire Raymon partit et retourna arrière en
son chastel de Mauvoisin. Quand ce vint au matin, nous montâmes ès chevaux et partîmes de
Tournay, et passâmes à gué la rivière de Lèse, et chevauchâmes vers
la cité de Tharbes, et entrâmes en Bigorre, et laissâmes le chemin de
Lourdes et de
Bagnières et
le chastel de Montgaillard à sénestre, et nous adressâmes vers un village que on dit au pays
le Civitat, et le côtroyâmes, et vînmes dans un bois en la terre du seigneur de
Barbesen, et assez près d'un chastel que on dit
Marcheras, à l'entrée de
Pas du Larre, et tant que
le chevalier
me dit: «Messire Jean, vez-ci
le Pas au Larre.» Adonc avisai-je et
regardai-je le pays. Si
me sembla moult étrange; et me tinsse pour perdu ou en très grande aventure, si ce ne fût la compagnie du
chevalier; et
me revinrent au devant les paroles que il
m'avoit dites, deux ou trois jours avant, du
Pas au Larre et du
Mongat de
Lourdes, et comment il mourut. Si lui
ramentus, et lui dis: «Monseigneur,
vous
me dîtes devant hier que quand nous venrions au
Pas de Larre,
vous
me conteriez la matière du
Mongat de
Lourdes, et comment il mourut. — C'est
voir, dit
le chevalier. Or chevauchez
de-lez
moi et
je le
vous conterai.»
Adonc m'avançai-je et me mis
de-lez lui pour ouïr sa parole, et il commença à parler et dit:
«Du temps que
Pierre d'Anchin tenoit le chastel et la garnison d'Ortingas, si comme
je
vous ai conté par avant, chevauchoient ceux de
Lourdes
aucune fois à l'aventure moult en sus de
leur forteresse; et
vous dis que ils ne l'avoient pas d'avantage, car vez-ci
le chastel de Barbesan, et
le chastel de Marcheras, où
toudis à eu gens d'armes en garnison, sans ceux de
Bagnières, de
Tournay, de
Montgaillard, de
Salenges, de
Benac, de
Gorre et de
Tharbe, toutes villes et garnisons françoises. Et quand ces garnisons sentoient que cils de
Lourdes chevauchoient vers
Toulouse, ou vers
Carcassonne, ils se
recueillaient ou mettoient en embûches sur eux, pour eux ruer jus et tollir les pillages qu'ils ramenoient. Une fois en y avoit des rués jus d'une partie et d'autre; et d'autres fois à l'aventure passoient ceux de
Lourdes sans être rencontrés. Or advint une fois que
Ernauton de Sainte-Colombe,
le Mongat de Saint-Cornille, et
le Bourg de Carnillac et bien six vingt
lances de bonnes gens d'armes se départirent de
Lourdes et s'en vinrent autour des montagnes entre ces deux rivières Lisse et Lèse, et allèrent jusques à
Toulouse. A leur retour ils levèrent ès prairies grand'foison de bestail, vaches et bœufs, porcs, moutons et brebis, et prindrent moult de bons hommes au plat pays, et tout ramenoient devant eux. Et fut signifié au capitaine de
Tharbes, un écuyer gascon qui s'appeloit
Ernauton Bisette,
appert homme d'armes durement, comment ceux de
Lourdes se contenoient et chevauchoient le pays. Si le manda au seigneur de
Benac et à
Angelot des Landes, fils à
messire Raymond, et aussi au
seigneur de Barbesan, et dit qu'il vouloit chevaucher contre eux. Cils chevaliers et cils écuyers de Bigorre s'y accordèrent, et se
recueillirent tous ensemble, et firent leur
amas à
Tournay, par où leur passage étoit communément; et là fut aussi
le bourg d'Espaigne qui y vint de sa garnison de
Saint-Béat. Et étoient environ deux cens
lances; et envoyèrent leurs
espies sur le pays pour savoir quel
convine cils de
Lourdes à leur retour faisoient. D'autre part aussi cils de
Lourdes avoient leurs
espies pour savoir si nulles gens d'armes se mettroient contre eux sur les champs; et tant firent par leurs
espies que ils sçurent tout le
convinement l'un de l'autre. Quand ceux de
Lourdes entendirent que les garnisons françoises chevauchoient et les attendoient à
Tournay, si furent en doute; et se conseillèrent sur les champs comment ils se maintiendroient et comment leur proie à sauveté ils mèneroient; si dirent: «Nous nous
partirons en deux parts: l'une partie emmènera devant li, tout chassant, la proie; et là seront nos
varlets et nos pillards, et prendront le chemin à la couverte des Landes de Bourg et viendront passer le chemin au pont à
Tournay, et la rivière de Lèse entre
Tournay et
Mauvoisin, et les autres chevaucheront en bataille par les
combliaux des montagnes, et feront montre pour revenir au
pas du Larre dessous
Marcheras, pour recheoir entre
Barbesan et
Montgaillard; mais pourvu que nous puissions passer sauvement la rivière atout notre proie et que à
Montgaillard nous soyons tous ensemble, nous n'avons garde, car nous serons tantôt à
Lourdes.» Ainsi comme ils l'ordonnèrent ils le firent, et prirent
le bâtard de Cornillac, et
Guillonnet de Harnes, et
Perrot Boursier, et
Jean Calemin de Basselle, et
le Rouge, écuyer, et quarante
lances, et tous leurs
varlets, pillards et autres, et leur dirent: «Vous emmènerez notre proie et nos prisonniers toute Lande-de Bourg, et descendrez entre
Tournay et
Mauvoisin, et là passerez au pont la rivière, et irez tout à la couverte entre
le Civitat et
Montgaillard, et nous ferons l'autre chemin de
Marcheras et de
Barbesan, et nous nous retrouverons ensemble à
Montgaillard.». Si comme il fut ordonné il fut fait; et si
départirent là sur les champs; et demeurèrent en
route et en la plus grande partie,
Ernauton de Rostem,
Ernauton de Sainte-Colombe,
le Mongat de Sainte-Cornille et bien quatre vingt compagnons, tous hommes d'armes; il n'y avoit pas dix
varlets; et restraindirent leurs
plates et mirent leurs
bassinets, et prirent leurs lances, et chevauchèrent tous serrés, ainsi que pour tantôt combattre; ni autre chose ils n'attendoient, car ils sentoient leurs ennemis sur les champs.
«Tout en autelle manière que cils de
Lourdes avoient eu conseil de retourner, eurent aussi avis de eux trouver et rencontrer les François; et dirent là
le Mongat de Barbesan et
Ernauton Bisette: «Nous savons bien que cils de
Lourdes sont sur les champs et ramènent grand'proie et grand'foison de prisonniers; nous serons trop courroucés si ils nous échappent. Si nous faut mettre en deux embûches, car nous sommes gens assez pour cela faire.» Adonc fut ordonné que
Ernauton, le bourg d'Espaigne et
messire Raymon de Benac et
Angelot de Landes, tout cent
lances, garderoient
le pas à
Tournay; car il convenoit du moins que leur bestail et leurs prisonniers passassent là la rivière de Lisse, et
le sire de Barbesan et
Ernauton Bisette, atout autres cent
lances, chevaucheroient à l'aventure pour savoir si nuls en verroient ni trouveroient. Ainsi se
départirent les uns des autres; et s'en vinrent
le sire de Benac et
le bourg d'Espaigne, et se mirent en embûche au pont entre
Mauvoisin et
Tournay; et les autres prirent les champs,
droitement sur
le pas où nous chevauchons maintenant, qu'on dit au Larre. Ils se trouvèrent, et tantôt comme ils se virent tôt descendirent de leurs chevaux et les laissèrent aller paître; et appuigniérent et appointèrent leurs lances et s'en vinrent les uns sur les autres, car combattre les convenoit, en écriant leurs cris: Saint George,
Lourdes et Notre-Dame de Bigorre! Là vinrent-ils l'un sur l'autre; et commencèrent à
bouter et à pousser fort et roide les lances et les poings; et s'appuyoient en poussant de leurs poitrines, et point ne s'épargnoient; et là furent une espace en
férant et poussant de leurs lances l'un sur l'autre, tant que ce sembloit, comme
je ouïs recorder à ceux qui y furent, un pont; ni nul à ce commencement n'étoit porté par terre.
«Quand il eurent assez
bouté et poussé de leurs lances, ils les ruèrent jus; et étoient jà tous échauffés; et prirent leurs haches et se commencèrent de haches à combattre, et à donner grands et horribles horions, et chacun avoit le sien. En cel état et en ce parti d'armes furent-ils plus de trois heures; et se battirent et navrèrent si très bien que merveilles. Et quand il y en avoit
aucuns qui étoient outrés ou si mal menés que ils ne se pouvoient plus soutenir, et
foulés jusques à la grosse haleine tout bellement, ils se
départoient et s'en alloient seoir sur un fossé ou en-mi le pré, et ôtoient leurs
bassinets et se rafreschissoient, et puis quand ils étoient bien rafreschis, ils remettoient leurs
bassinets et s'en venoient encore recommencer à combattre. Ni
je ne
cuide pas que
oncques si bonne
besogne fut, ni si dur rencontre, ni bataille si bien combattue puis
la bataille des Trente qui fut en Bretagne, comme celle de
Marcheras en Bigorre fut. Et là étoient main à main l'un à l'autre; et là fut sur le point d'être déconfit
Ernauton de Sainte-Colombe, qui est assez bel écuyer, grand et fort et bel homme d'armes d'un écuyer de ce pays qui s'appeloit
Guillonnet de Salenges; et l'avoit cil mené jusques à la grosse haleine, quand il en avint ce que
je
vous dirai.
«Ernauton de Sainte-Colombe avoit
un varlet qui regardoit la bataille, ni point ne se combattoit, ni aussi on ne lui demandoit rien; quand il vit
son maître ainsi mené que presque à outrance, il fut moult courroucé, et vint à
son maître, et prit la hache entre ses mains, dont il se combattoit, et lui dit en la prenant: «Ernauton, allez vous seoir et reposer,
vous ne vous savez combattre.» Et quand il ot la hache, il vint à
l'écuyer, et lui donna tel coup sur le
bassinet, que il l'étourdit tout, et fit chanceler et presque cheoir à terre. Quand
Guillonnet se sentit ainsi
féru, si lui vint à grand'déplaisance; et voult venir sur
le varlet, et le
cuida
férir de sa hache en la tête, mais
le varlet se
muça sous le coup et ne fut pas consuivi; si embrassa
l'écuyer qui étoit travaillé de longuement combattre, et le tourna et l'abattit sous lui à la lutte, et lui dit: «Je
vous occirai, si
vous ne vous rendez à
mon maître. — Qui est ton maître? dit-il. — Ernauton de Sainte-Colombe, à qui
vous avez
huy tant combattu.»
L'écuyer vit que il n'avoit pas l'avantage; et qu'il étoit dessous
celui varlet, qui tenoit une dague pour le
férir, si il ne se rendoit. Si se rendit, à venir dedans quinze jours tenir son corps prisonnier à
Lourdes,
rescous ou non
rescous. Ce service fit
le varlet à
son maître. Et
vous dis,
messire Jean, que là eut fait par tels choses trop grand'foison d'apertises d'armes, et des compagnons jurés et fiancés, les uns venir à
Tharbe et les autres aller à
Lourdes. Et se combattirent main à main sans eux épargnier
Ernauton de Bisette et
le Mongat de Sainte-Basile, lesquels y firent maintes
apertises d'armes; et n'y avoit homme qui ne fût assez embesogné de lui combattre. Et tant se combattirent qu'ils furent si outrés et si lassés que ils ne se purent mais aider; et là furent morts sur la place deux des capitaines,
le Mongat de
Lourdes et d'autre part
Ernauton Bisette.
«Adonc se cessa la bataille, par l'accord de l'un et de l'autre car ils étoient si
foulés que ils ne pouvoient mais tenir leurs haches ni leurs lances, et se désarmoient les
aucuns pour eux rafreschir, et laissoient là leurs armures. Si emportèrent ceux de
Lourdes
le Mongat tout occis, et les François à
Tharbe
Ernauton Bisette; et pour ce qu'il fut remembrance de la bataille, on fit là une croix de pierre où ces deux écuyers s'abattirent et moururent. Velà là,
je la
vous montre.»
A ces mots chéimes-nous
droit sur la croix, et y dîmes-nous chacun pour les âmes des morts une patenôtre, un Ave Maria, un De profundis et Fidelium.