e comte de Flandre, qui se tenoit à
Lille, entendit que ceux d'Ypre étoient tournés Gantois, et ce avoient fait les menus métiers; si fut durement courroucé, tant pour la mort de ses chevaliers qui dedans étoient, qui avoient été occis, que pour autres choses. Toutes fois il se reconforta et dit: «Si
nous avons perdu
Ypre celle fois,
nous la recouvrerons une autre fois à leur male
meschéance; car
j'en ferai encore tant trancher de têtes, et là et ailleurs, que les autres s'en ébahiront.»
Le comte entendit adonc par espécial moult grandement à
pourveoir
la ville d'Audenarde de
pourvéances et de bonnes gens d'armes pour la garder; car il supposoit bien que les Gantois venroient là à leur effort pour l'assiéger, et ce lui seroit un trop grand contraire si ils en étoient seigneurs, car ils auroient la bonne rivière de l'Escaut et le
navire à leur aise et à leur volonté. Si y envoya premièrement grand'foison de chevaliers et d'écuyers de Flandre, de Hainaut et d'Artois, qui tous se
boutèrent et amassèrent
léans, et en furent maîtres,
voulsissent ou non les gens de
la ville. Les capitaines de
Gand, qui étoient retraits en
leur ville, entendirent comment
le comte
pourvéoit grandement
la ville d'Audenarde; si eurent conseil qu'ils la venroient assiéger, et ne s'en partiroient si l'aroient conquise et tous occis ceux qui étoient dedans, et les portes et les murs abattus. Si firent un commandement à
Gand, que chacun fût
pourvu bien et suffisamment, ainsi comme à lui appartenoit, pour aller là où on les voudroit mener. A ce ban nul ne désobéit; et s'ordonnèrent et chargèrent tentes et
trefs et
pourvéances, et partirent de
Gand, et s'en vinrent loger devant
Audenarde sur ces beaux prés contreval l'Escaut. Trois jours après vinrent cils de
Bruges qui furent mandés; et se logèrent au
lez devers
leur ville, et amenèrent grand
charroi et grosses
pourvéances; puis vinrent ceux d'Ypre aussi en grand
arroi, ceux de
Propinghe, ceux de
Meschines et du
Franc, et aussi ceux de
Grand-Mont; et étoient en compte les Flamands devant
Audenarde plus de cent mille; et avoient fait un pont de nefs et de clayes sur l'Escaut, où ils alloient de l'un à l'autre.
Le comte de Flandre, qui se tenoit à
Lille, eut en propos que il venroit à
Tenremonde, car il avoit mandé en Allemagne, en Guerles et en Brabant grand'foison de chevaliers et d'écuyers, et par espécial
le duc des Mons, son cousin, qui le vint servir à grand'foison de chevaliers et d'écuyers. Et se
boutèrent en
Tenremonde et y trouvèrent
le duc de Flandre, qui jà y étoit venu par les frontières de Hainaut et de Brabant, lequel fut moult réjoui de leur venue. Ainsi se tint le siége devant
Audenarde des Flamands moult longuement. Si y eut fait, le siége étant, plusieurs assauts et grands escarmouches; et presque tous les jours y avoit faits d'armes aux barrières et gens morts et blessés; car Flamands s'aventuroient follement et outrageusement. Et venoient jusques aux
bailles lancer et escarmoucher. Si en y avoit souvent des morts et des blessés pour leur outrage.
En
la ville d'Audenarde y avoit bien huit cents
lances de chevaliers et écuyers, et moult vaillans hommes. Là dedans en ce temps y étoient sept barons, tels que
le seigneur de Ghistelles,
le seigneur de Villiers et de Hullut,
le seigneur d'Escornay, Flamands; et Hainuiers:
le seigneur Watier d'Enghien,
le seigneur d'Antoing,
le seigneur de Briffeuil,
le seigneur de Lens,
le seigneur de Gommignies, les trois frères de Hallewyn,
messire Jean,
messire Daniel, et
messire Josse,
le seigneur de Scambourn,
le seigneur de Crane et
messire Girart de Marqueilles,
le seigneur de Cohen,
le seigneur de Montigny en Hainaut,
messire Rasse de Montigny,
messire Thierri de la Hamède,
messire Jean de Grès, et tant de chevaliers qu'ils étoient cent et cinq. Et si faisoient bon guet et grand, et n'avoient nulle fiance en ceux de
la ville; et avoient fait retraire les femmes et les enfans de
la ville
ens ès moustiers, et là se tenoient; et les seigneurs et leurs gens se tenoient en leurs maisons. Et pour le trait des canons et du feu que les Flamands lançoient et traioient soigneusement en
la ville pour tout ardoir, on avoit fait couvrir les maisons de terre, par quoi le feu ne s'y pût prendre.
Le siége étant devant
Audenarde, les Flamands et les capitaines qui là étoient entendirent que
le comte leur seigneur étoit à
Tenremonde, et avoit
le duc des Mons, son cousin, et grand'foison de chevaliers et écuyers
de-lez lui. Si eurent conseil qu'ils envoieroient là six mille de leurs gens, pour voir que c'étoit et pour livrer un assaut à
Tenremonde. Si comme ils conseillèrent ils le firent; et se partirent de l'ost tous ceux qui ordonnés y furent d' aller; et avoient à capitaine
Rasse de Harselle. Tant exploitèrent les Flamands que ils vinrent, un jeudi au soir, en un village à une petite lieue de
Tenremonde sur la rivière de Tendre, et là se logèrent. Cils Flamands avoient
pourvu grand'foison de nefs et fait venir aval sur la rivière pour entrer
ens et pour assaillir par eau et par terre. Un petit après mie-nuit ils se levèrent, armèrent et appareillèrent de tous points, ainsi que pour tantôt combattre quand ils seroient là venus; et vouloient surprendre les chevaliers en leurs lits; et puis se mirent au chemin.
Aucunes gens du pays qui sçurent ce
convenant s'en vinrent de nuit à
Tenremonde, et informèrent les gardes de cel affaire, et leur dirent: «Soyez sûrs et vous tenez sur votre garde; car grand'foison de Gantois gissent en-nuit moult près de ci, et si ne savons qu'ils veulent faire.» Les gardes des portes recordèrent tout ce au chevalier du guet, qui s'appeloit
Thierry de Brederode de Hollande. Lors qu'il en fut avisé, si fut sur sa garde, et le fit signifier au chastel et par tous les hôtels de la ville où les chevaliers se logeoient. Droitement sur le point du jour vinrent les Flamands par terre et par eau sur leurs nefs; et avoient si bien appareillé leur
besogne que pour tantôt assaillir. Quand cils de
la ville et du chastel sentirent qu'ils approchoient, si commencèrent à sonner leurs trompettes et à réveiller toutes gens; et jà étoient la
greigneur partie des chevaliers et écuyers tout armés.
Le comte de Flandre, qui dormoit au chastel, entendit ces nouvelles que les Flamands étoient venus et jà assailloient; et tantôt il se leva et arma, et
issit hors du chastel, sa bannière devant lui.
De-lez lui étoient à ce jour
Gassuins de Wille, grand
baillif de Flandre,
le sire de Grantmont,
messire Girard de Rosenghien,
messire Philippe le Jeune,
messire Philippe de Mamies et des autres, tels comme
messire Hugues de Rogny, Bourguignon. Si se trairent tous ces chevaliers dessous sa bannière, et allèrent à l'assaut qui étoit jà commencé, dur et horrible; car ces Flamands avoient apporté, en leurs nefs, canons dont ils traioient les
carreaux si grands et si forts, que qui en étoit consuivi, il n'y avoit point de remède qu'il ne fût mort. Mais à l'encontre de ces
carreaux on étoit moult
pavesché; et avoient les gens du
comte grand'foison de bons arbalestriers, qui donnoient par leur trait moult à faire aux Flamands. D'autre part, en son ordonnance et en sa défense étoit
le duc des Mons, se bannière devant lui. En sa compagnie étoient
le sire de Brederode,
messire Josse et
messire Thierry de la Naire,
messire Wivains de Chuperoyes, et plusieurs autres, et faisoient bien chacun son devoir. D'autre part et à une autre porte étoient
messire Robert d'Asque,
messire Jean Villain,
le sire de Vindescot et
messire Robert Mareschaux; et vous dis que cil assaut fut grand et fort. Et assailloient moult
ouniement par terre et par eau les Flamands en leurs nefs; et en y eut grand'foison de blessés d'une partie et d'autre, et plus des Flamands que des gentils hommes; car ils s'abandonnoient trop follement. Si dura cel assaut, sans point cesser, dès le point du jour jusques à haute nonne; et là eut mort un chevalier de la partie du
comte qui s'appeloit
Hugues de Rogny, Bourguignon, dont ce fut dommage; et y eut grand'plainte, car par son
hardement, et lui trop abandonner, il fut occis. Là étoit
Rasse de Harselle qui aussi se portoit vaillamment, et de sa parole avecques son fait rafreschissoit grandement les Gantois.
Quand ce vint après nonne l'assaut cessa, car
Rasse vit bien que ils se travailloient en vain et que dedans
Tenremonde il y avoit trop de bonnes gens pourquoi
la ville n'étoit mie à prendre; et se commençoient ses gens fort à lasser: si fit sonner la retraire. Adonc se retrairent les Gantois tout bellement selon la rivière et ramenèrent toute leur
navie, et s'en vinrent loger ce soir d'où ils étoient partis le matin, at au lendemain ils s'en retournèrent en l'ost devant
Audenarde. Si demeura depuis
Tenremonde en paix tant que pour celle saison; mais le siége se tint devant
Audenarde moult longuement. Et étoient les Flamands, qui là étoient, seigneurs de la rivière, ni nulles
pourvéances n'entroient en
Audenarde, si ce n'étoit en grand péril, au-lez devers Hainaut; mais à la fois
aucuns vitailliers qui s'aventuroient pour gagner, quand on dormoit en l'ost, s'assembloient et se
bouttoient
ens ès
bailles d'Audenarde; et puis on les mettoit en
la ville. Entre les assauts qui furent faits à
Audenarde, il y en ot trop durement grand qui dura un jour tout entier; et là furent faits plusieurs nouveaux chevaliers de Hainaut, de Flandre et d'Artois, qui être le volrent. En leur nouvelle chevalerie on ouvrit la porte devers
Gand; et s'en vinrent ces nouveaux chevaliers combattre aux
bailles contre les Gantois; et là ot bonne escarmouche, et fait très grands
appertises d'armes, et plusieurs Flamands morts et blessés; mais ils en faisoient si peu de compte et si
ressoignoient si petit la mort, qu'ils se abandonnoient trop hardiment, et quand ceux de devant étoient morts ou blessés, les autres qui étoient derrière les tiroient hors, et puis se mettoient devant et remontroient grand visage. Ainsi se continua cel assaut qui dura jusques au soir, tant que ceulx d'Audenarde rentrèrent en
leur ville et fermèrent leurs portes et leurs barrières, et les Flamands rallèrent en leurs logis. Si entendirent à ensevelir les morts et à appareiller moult soigneusement les navrés, les blessés et les mutilés.
Ces Flamands qui séoient au siége devant
Audenarde espéroient bien par long siége à conquerre la ville et ceux qui dedans étoient, ou par affamer ou par assaut, car bien savoient qu'ils l'avoient si bien environnée que par rivière ni par terre rien ne leur pouvoit venir, et le séjourner là ne leur grévoit riens, car ils étoient en leur pays et
de-lez leurs maisons; si avoient tout ce qui leur besognoit, vivres et autres choses, plus largement et à meilleur marché que si ils fussent à
Bruges ou à
Gand.
Le comte de Flandre, qui sentoit en
la ville d'Audenarde grand'foison de bonne chevalerie, se doutoit bien de ce point, que par long siége ils ne fussent affamés là dedans, et eût volontiers vu que
aucun traité honorable pour lui fût entamé; car au
voir dire la guerre à ses gens le hodoit, ni
oncques ne s'en chargea volontiers. Et aussi sa dame de mère,
la comtesse Marguerite d'Artois, en étoit moult courroucé et le blâmoit trop fort, et volontiers y eût mis accord si elle eût pu, ainsi qu'elle fit.
Cette comtesse se tenoit en
la cité d'Arras: si escripsit devers
le duc de Bourgogne auquel l'héritage de Flandre, de par
madame Marguerite sa femme, devoit parvenir, après la mort du
comte, que il se
voulsist traire avant et venir en Artois.
Le duc, qui bien étoit avisé de ces
besognes, car tous les jours il en oyoit nouvelles, vint à
Arras, et son conseil avec lui,
messire Guy de la Trémoille,
messire Jean de Vienne, amiral de France,
messire Guy de Pontarlier et plusieurs autres.
La comtesse d'Artois les vit moult volontiers et leur remmontra moult sagement cette guerre entre
son fils et son pays, qui étoit mal appartenant et lui déplaisoit grandement, et devoit déplaire à toutes bonnes gens qui aimoient raison; et comment aussi ces vaillans hommes, barons, chevaliers et écuyers, quoique ils geussent honorablement en
la ville d'Audenarde, si y étoient-ils en grand péril, et que pour Dieu on y
volsist pourvoir de conseil et de remède.
Le duc de Bourgogne répondit que à ce faire étoit-il tenu et que il en feroit son plein pouvoir. Assez tôt après ce il se départit d'Arras et s'en alla droit à
Tournay où il fut reçu à grand'joie; car ceux de
Tournay désiroient aussi moult à avoir la paix pour la cause de la marchandise qui leur étoit close sur la rivière de l'Escaut.
Le duc de Bourgogne envoya
l'abbé de Saint-Martin en l'ost devant
Audenarde, pour savoir comment ces capitaines de
Gand voudroient entendre au traité. Si rapporta
l'abbé au
duc de Bourgogne que pour l'honneur de lui ils y entendroient volontiers. Si leur donna
le duc sauf conduit jusques au pont de
Rosne; et aussi les Flamands lui donnoient et à ses gens, jusques à là. Si vint
le duc au pont de
Rosne parlementer au Flamands et les Flamands à lui; et duroit le parlement dès le matin jusques au soir que
le duc retournoit à
Tournay, le prévôt de
Tournay en sa compagnie, qui l'amenoit et remenoit. Ces parlemens durèrent quinze jours, que à peine y pouvoit-on trouver moyen
aucun; car les Flamands vouloient avoir
Audenarde abattue, et
le duc ni le conseil ne s'y pouvoient assentir. Les Flamands, qui se tenoient grands, fiers et orgueilleux, par semblant ne faisoient nul compte de paix; car ils maintenoient que
Audenarde et ceux qui dedans étoient ne s'en pouvoient partir fors que par leur
danger, et les tenoient pour conquis.
Le duc de Bourgogne, qui véoit ces Flamands grands et orgueilleux contre ces traités, avoit grand'merveille à quoi ils tendoient, et impétra un jour un sauf conduit pour
son maréchal aller voir les chevaliers à
Audenarde, et on lui donna trop légèrement.
Le maréchal de Bourgogne vint à
Audenarde et trouva les compagnons en bon convenant; mais d'aucunes choses avoient grand'deffaute. Toutes fois ils dirent moult vaillamment: «Sire, dites de par nous à
monseigneur de Bourgogne qu'il ne fasse pour nous nuls mauvais traités, car Dieu mercy nous sommes en bon point et nous n'avons garde de nos ennemis.» Ces réponses plurent moult grandement au
duc de Bourgogne qui se tenoit au Pont de
Rosne; mais pour ce il ne laissa mie à poursuir son traité. Au
voir dire, ceux de
Bruges et d'Ypre étoient aussi comme tout tenus, et aussi étoient ceux du
Franc, et
ressoignoient l'hiver qui leur approchoit. Si remontrèrent ces choses en conseil, au cas que
le duc de Bourgogne, qui pour bien s'ensoignoit de cet affaire, s'étoit tant travaillé qu'il étoit venu devers eux; et leur offroit à tout faire pardonner, et
le comte amiablement retourner à
Gand et là demeurer, et que de chose qui fût avenue il ne montreroit jamais semblant; c'étoit bien des choses en quoi on se devoit tôt incliner, et que
voirement on devoit reconnoître son seigneur, ni on ne lui pouvoit tollir son héritage. Ces paroles amollirent grandement ceux de
Gand, et s'y
accordèrent; et donna un jour
le duc de Bourgogne à dîner au pont de
Rosne moult grandement aux capitaines de
Gand et à ceux de
Bruges et d'Ypre et de
Courtray. En ce jour fut tout conclu que le siége se devoit lever, et bonne paix devoit être en Flandre entre
le comte et ses gens; et pardonnoit tout
le comte, sans nulle réservation, exception ni dissimulation; et devoit
le comte venir demeurer à
Gand et dedans l'an ceux de
Gand devoient faire refaire
son chastel de Andreghien que les Gantois avoient ars, si comme renommée couroit. Et pour toutes choses plus pleinement confirmer,
Jean Pruniaux devoit venir à
Tournay avec
le duc de Bourgogne; et là devoient les lettres authentiques être faites, escriptes et scellées. Sur cel état retourna
le duc de Bourgogne à
Tournay, et
Jean Pruniaux et
Jean Boulle retournèrent en l'ost. Au lendemain, la paix fut criée entre celles parties. Si se défit le siége et s'en alla chacun en sa maison et en son lieu. Et
le comte de Flandre donna tout partout congé à ses soudoyers, et remercia les étrangers grandement des beaux services qu'ils lui avoient faits, et puis s'en vint à
Lille pour mieux confirmer ces ordonnances que son beau-fils,
le duc de Bourgogne, avoit faites. Et disoient les
aucuns des pays voisins et lointains que c'étoit une paix à deux visages, et qu'ils se rebelleroient temprement, et que
le comte ne s'y étoit
accordé, fors pour ravoir la grand'foison de nobles chevaliers et écuyers qui gisoient en grand péril en
Audenarde.
Jean Pruniaux, après le
département du siége d'Audenarde, vint à
Tournay moult
étoffément, et lui fit
le duc de Bourgogne très bonne chère; et là furent parfaites toutes les obligations et ordonnances de la paix, et les scellèrent
le duc de Bourgogne et
le comte de Flandre. Et puis retourna
Jean Pruniaux à
Gand et montra ce qu'il avoit exploité. Et tant avoit prié
le duc de Bourgogne et remontré de douces paroles à ceux de
Gand, que
Audenarde demeuroit entière; car au traité de la paix et au lever le siége, les Gantois, s'ils eussent pu, vouloient au
lez devers eux abattre deux portes, les tours et les murs, afin qu'elle leur fût à toute heure ouverte et appareillée. Quand
le comte de Flandre ot été une espace à
Lille, et
le duc de Bourgogne s'en fut rallé en France, il s'en vint à
Bruges et là se tint et remontra couvertement, sans autre punition, grand
mautalent à
aucuns bourgeois de
Bruges de ce que sitôt l'avoient
relenqui et s'étoient mis au service de ceux de
Gand. Ces bourgeois s'excusèrent et dirent, et vérité étoit, que ce n'avoit pas été leur
coulpe, mais la
coulpe des menus métiers de
Bruges qui se vouloient prendre et mêler à ceux de
Gand quand
Jean Lyon vint devant
Bruges.
Le comte passa son
mautalent au plus bel qu'il pot; mais pour ce n'en pensa-t-il mie moins.