Avant-propos

 Un constat

 Des enseignants en question

 Quelle synergie possible?

 ... mais quelle valeur ajoutée!

 Le professeur, un réalisateur pédagogique

 Des scénarios multiples

 L'outil d'autoformation

Le forum

   

TECHNOLOGIES NUMÉRIQUES ET PÉDAGOGIE DIFFÉRENCIÉE : QUELLE SYNERGIE ?

par Françoise Toussaint,
Conseiller pédagogique pour l’enseignement des Langues romanes,
F.E.Se.C., Communauté française de Belgique

 

Des scénarios multiples

La combinaison des différentes composantes de la pédagogie différenciée, alliée avec les possibilités ouvertes par les technologies numériques, permet de multiplier à l’infini les scénarios d’exploitation pour tenir compte, au mieux, des profils d’apprentissage des élèves et des autres paramètres des situations d’apprentissage. Les rôles traditionnels du professeur qui enseigne et de l’élève qui apprend en sortent complètement bouleversés, mais résolument enrichis. Aidé par l’outil technologique, libéré de certaines tâches, l’enseignant va pouvoir se concentrer dans des tâches " de haut niveau ", en particulier :

  •  fixer des objectifs, planifier, organiser des parcours d’apprentissage au travers des divers domaines de pédagogie différenciée, procéder à l’évaluation sommative finale ;
  •  former à l’apprentissage en exerçant une pédagogie " par-dessus l’épaule " comme disent les pédagogues québécois.
  • - susciter des activités d'apprentissage collaboratif

Le fonction de l’enseignant consiste à concevoir des scénarios pédagogiques. Citons Ph. Meirieu : " Déchargé des tâches de pure information, il [l’enseignant] pourrait se consacrer au traitement de celles-ci : il guiderait l’élève dans le maquis des documents de toutes sortes, l’aiderait à effectuer les choix pertinents et les exploitations efficaces, et n’hésiterait pas à le renvoyer, quand cela serait nécessaire, aux ressources du milieu social, économique et culturel. Car il ne devrait pas craindre d’être dépossédé de son pouvoir, convaincu qu’il serait de troquer le rôle de distributeur contre celui de médiateur, de devenir le garant de l’assimilation et non plus le spectateur de l’incompréhension " (Références). Le rôle de l’enseignant n’est donc plus d’ " enseigner " dans le sens de débiter du savoir et de répondre à des questions, mais de former à chercher, à s’orienter, à trouver soi-même des réponses aux questions, à planifier, à évaluer.

C’est dans la mesure où les enseignants posséderont ces compétences, qu’ils seront formés à une pédagogie attentive à la diversité des élèves et capables d’utiliser à bon escient les outils techniques mis à leur disposition, qu’ils pourront contrer les effets négatifs de la mondialisation.

L’élève pourra devenir ainsi l’acteur de sa propre formation, un apprenant capable de se prendre en charge en se fixant ses propres objectifs, en s’auto-corrigeant, en gérant son temps, en s’auto-évaluant, en entrant dans un processus de formation continuée. Cette voie est d’ailleurs la seule possible si l’on veut que l’école reste " publique " dans le sens noble du terme.

La synergie entre technologies numériques et pédagogie différenciée, une hypothèse ? Non, un défi à relever !