Menu principal :
Retour à l'accueil - Textes de Flo - Invités - Textes-sources - Promenade au souq - Les passeurs de Lumière - Mimy Kinet - Sites à voir - Livre d'Or
Retrouvailles par |
"Mais ce n'est rien de posséder des puits, des jours de repos, des
diamants et la liberté dans l'amour;
de même que ce n'est point de les désirer sans y prétendre.
Car il faut la totale expression du désir et que tu rencontres non
d'absurdes obstacles mais l'obstacle même de la vie,
l'autre
danseur qui est rival - et alors c'est la danse.
C'est pourquoi je dis qu'il est un cérémonial des puits dans
le désert".
Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle
Petit dégradé de lumière sur mosaïque d’herbes hautes
Balbutiements de l’aube
reçois ce déplacement d’air
qui précède mes pas
ce désir de venir cette caresse de l’attente
reçois l’annonce faite à l’étreinte
Au liserée du chaumelà gémit tout le jour l’ombre déchue
dans le craquant des pailles
le sec des palabres les hommes assis
contre leur ventre
la gourde rutilante des soleils sans bagages
Près du cyprès que ceint le vent
nous n’avons plus de peurs à soumettre à l’orage
et le flanc doux de l’été nous ballote
enfants jamais assez assoupis des pardons
scellés sur nos joues rapiécées de vermeille
l’écorce, la feuille, la cime
toute louange des doigts ligneux
nos front, nos ventres, nos jambes
ascension digitale de l’offrande
Sous l’huis de la masure
Tu
à l’entre deux du jour
au tranché de la pulpe
Je
l’archet de tes bras
cette cape éclaboussée
sur un dossier de chaise
Tu
hésitation des ombres
en processions graciles
nuque si nue cabrée
Je
source et puis éveil
grand feu connu d’en haut
Puis
lézarde du grand sommeil
nos fantaisies fauves
A l’horizon cuit sous la braise
il s’en va le cheval mal soigné
des jours glaiseux où nous nous enfantions
si lentement si longuement sur l’herbe
il n’y a que le feu sur la lande
et quelques pas gravés dans ces rochers
prédiction de silences sculptés de mains de siècles
tandis que les rapaces recousent le ciel
en grand panache de cris et de plumes
Là où la vesprée trébuche un peu
reçois la louange qui s’accroît
les ombres cousues entre elles
sous la route qui enfile
tous les temps de l’attente
* photographies Florence Noël (Toscane, Périgord)
Petit dégradé de lumière sur mosaïque d’herbes hautes
Autres textes de Florence :
Présentation - Le don de simple vue- Textes en vrac - Levers d'encre- Amnios Stellaire- Aubes organiques- Petits textes corps et à cris - Dans L'effeuillage des souffles - Recueil naissance