Menu principal :

Retour à l'accueil - Textes de Flo - Invités - Textes-sources - Promenade au souq - Les passeurs de Lumière - Mimy Kinet - Sites à voir - Livre d'Or

  

Dans l'effeuillage des souffles


FLORENCE  NOËL

Livre 3- Initiation au crépuscule

« Descendre pour enlever à l'éblouissement de la nuit
un vol de rapace
une courtilière au sable
un souffle à ses louanges
Et comme écartelée à mes oreilles
une profondeur alanguie de mâture me souhaita
le vent de toutes ses risées"

"Descente aux vents", Bernard Flucha

 

 

on est toujours sans nouvelle du soir
et c’est si peu à l’orée des visages
cette crainte à peine lue qui ondule le front
comme naître et puis s’éteindre en sursis
de l’écho

 

pourrai-je jamais tailler
la matière ténèbres assise dans tes pupilles ?

 

on est toujours sans nouvelle et pourtant
sous tes mains d’argile bleuie
se modèlent des sentiers brûlés d’orages
l’or s’élève des boues douces à l’approche de tes pas

 

 

 

 

 

Copyright: © Gérard RHINN    grhinn@i2m.fr

Copyright: © Gérard RHINN    grhinn@i2m.fr

 

 

 

je fraie avec les loups
somnolents en boules tièdes au seuil des maisons

 

on est toujours, dit-on, sans nouvelle alors pourquoi
frissonnent-elles pour un rien
ces campanules assoupies contre la poitrine
bourdonnante des forêts ?

 

le vent pose sur la toile
juste à l'endroit de ce vide habité par ton ombre.

 

Copyright: © Gérard RHINN    grhinn@i2m.fr

c’est peu dire qu’il fait froid
froissement de paupières et lit d’humus rougi
les pluies passent sur la pointe des pieds
tout comme les années


les soirs se moutonnent
puis ma prière glisse mate
au galbe des bougeoirs
faudra-t-il rallumer les chandails
sur le ventre étiré
des saisons accomplies ?


j’attends que tu me dises
quelle est l’heure d’y voir clair
qu’enfin je sache guider ce chemin
jusqu’à l’aune de notre rencontre


c’est peu dire l’impatience
car l'on n’est rien, mon Dieu
qu'une danse de bourgeon
mimant au ralenti l'éclosion d'un nuage


envoie-moi ton bonjour,
que je déplie lentement sa texture de pain gros,
fécond de croustillant
sous la dent qui soupire

 

ici on ouvre les fenêtres pour faire sortir l’orage
il nous verse sa dîme de foudres écarlates
nous puisons aux visages
l’eau des cernes
puis des veilles


il y a des cèdres
tranchant les toits en larmes
et des volées de gifles éclairant les clochers
au port battant frénétiquement les coques
les étoiles amarrées
ressassent nos tourments de fantômes


ici on recouvre les cendres de joie
et d’un drap de pudeur aimante
ces lampes braisant en contre-haut


les bougies poudrent nos doigts du remords des phalènes
désignent nos mystères
au nombre de ces fruits
endormis
sur la table d’automne

Copyright: © Gérard RHINN    grhinn@i2m.fr

 


Copyright: © Gérard RHINN    grhinn@i2m.fr

pourtant
dans nos pupilles taries de geysers
brillent encore les armoiries des visages
carrés cerclés de feux
étendards de raisins courbant leurs pourpres à craquer
feuillages griffés d'émeraude


insatiables comme hier peut l’être
nous trinquons
à la mémoire des ceps
et perlent les humeurs du chant

dans nos chemins de récoltes
nous soupesons les grappes
où se moirent les yeux de papillons dorés
arrivés au porche
nous fermons le velours du soir
en deux pans d’âmes discrètes


nous n’avons prononcé que nos premières fêtes
et ce crépuscule
avive les moissons de merveilles
des insectes bégayent dans nos cheveux en vent
pour que demain grillonne l’été

 

Page Précédente du recueil "Dans l'effeuillage des souffles" . Troisième Livre : "Initiation au Crépuscule" : suite

 

 

Autres textes de Florence :

Présentation - Le don de simple vue- Textes en vrac - Levers d'encre- Amnios Stellaire- Aubes organiques- Petits textes corps et à cris - Dans L'effeuillage des souffles - Recueil naissance

- Pages Retrouvailles