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~ Mimy Kinet ~



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Bibliographie
:
Mimy Kinet est
née à Grupont en 1948, elle n'écrit qu'à
partir de l'âge de quarante ans. Elle meurt à Naninne
le 6 septembre 1996. Licenciée en philologie romane, elle
anime la revue RegArt de 1990 à 1996. Entre 1990 et 1996
elle publie:
Nostos,
21 poèmes et illustration originale de Costa
Lefkochir, 1990
La plaquette
Hypogée, L'Horizon Vertical, illustrée par
Arthur Grosmans, 1991
Le Discours
du muet, suivi de Fables du mardi, L'arbre à Parole,
édition Le Noroît, Montréal, 1994
Précis
d'inconsistance, L'arbre à Paroles, col. Textimage,
1996. (Avec une gravure d'Annie Gaukema)
Certains de
ses textes ont été traduits en allemand, en espagnol,
en grec et en hongrois.
Passionnée
de Grèce Mimi Kinet a aussi traduit avec Aki Roukas, le recueil
de Tassos Levidatis, Petit livre pour de grands rêves,
L'abre à Paroles, centre héllénique Liège-Bruxelles,
édition maison de la poésie d'Amay, 1995
Beaucoup de
ses anciens proches se retrouvent dans la revue "Bleu
d'encre"
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Petit
enfant venu du vide,
tu creusais des lits dans le sable
pour y coucher la mer.
Tu noyais la phrase des coquillages
Tu traçais dans le bleu
la joie des hirondelles.
Tu déposais
ta joue sur mes lézardes
et je m'émiettais au bord de ton regard.
Tu m'épelais le lieu scintillant de la
Tristesse
Tu regardais
la lampe étendue dans la nuit
comme un drap d'allégresse.
Plus un soleil ne t'habitait.
La lune était gravide;
tu la mettais au monde....
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On
ne te pardonnait pas
ton regard des hauteurs,
ton insolence sombre
quand, déplaçant les collines,
tu semais des étoiles
parmi les herbes rousses
et collais ton oreille
aux plaintes des puits morts.
Il flottait
un parfum
d'éternité fêlée;
l'or se lassait de l'icône,
une lèpre rongeait
les bords de ta prière
La lumière
immuable enfantait ton regard
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La vie ne nous
pardonne pas
de l'avoir mise
au monde
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Il se peut que
l'on parte
accompagné de ce qu'on a pas connu:
un chacal ébloui
un ange famélique.
Il se peut même
que l'on ne disparaisse pas
totalement seul.
La solitude
prend soin des indigents :
elle les aime,
encombre leurs mains interdites
d'une existence à laquelle
ils auront tous les comptes à rendre
On
ne s'en va pas seul
on part avec un ˇtranger
avec l'aube inutile
que tous auront manquˇe
Extrait de "Mots
murés"
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Dans le bitume
et le brouillard,
dans cette neige où nous naissons infinis
pour mourir éternels,
à deux pas de l'immensité,
la trace de
deux anges ayant échangé
leurs bottes éreintées.
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La
lumière prenait appui sur ses épaules.
il ne savait pas comment se décharger de cette grâce
:
dans sa mélancolie, il questionnait des astres
alités dans la nuit.
Eux non plus
ne s'étaient pas relevé de
l'espoir
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Epilogue
Fin d'un printemps.
Il lui fallait,
avant de partir, brûler les cierges qu'elle n'avait pas allumés
dans sa vie.
Elle se mit à la tâche, en plein midi, un jour de grand
soleil.
Nul ne la vit disparaître dans l'incendie muet.
La lumière
continua de s'égoutter parmi les rameaux en fleurs.
Cet été-là les femmes cueillirent des cerises
étrangement rouges.
Quand vint l'automne, on vendengea des regards.
Décembre
: un âne brouta distraitement un rêve égarré
dans une touffe de chardons puis s'éloigna, serein, sur le
chemin des hommes...
Ainsi tout rentra
dans l'ordre.
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Rêve
Elle serrait
l'odeur d'une prairie
avec le linge dans l'armoire.
Sa couche était
tendue d'abîme.
Le cri des nouveaux-nés la réveillait
parfois
les soirs de lune aride.
Où ranger
tous ces riens?
(Elle se disait que, dans une vie, on ne ménage jamais suffisamment
de place au vide)
Elle rêvait
de n'être
rien
que le miracle
échappé d'un regard,
une abeille noyée
dans un désert
qui pardonnait
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