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"Je
retrouverai quiconque s'est déplacé et est parti"
(Juliette Schweisguth, extrait de rêve)
4. Suite
bergamasque pour une lampe-tempête et
ses rayons d'eau
Je sortais sur
le porche
la lampe-tempête sous mon aisselle
la lune tremblait dans le ciel
appelée par la mer
ce n'étaient ni la terrasse
ni l'eau noire en bas
qui avaient besoin d'être éclairées
mais moi
Je posais mon
oreille sur le vent :
"Franchement
la vie
je ne dis pas qu'elle n'est pas bien dessinée
non
mais je n'aurais pas déposé toutes les couleurs
au même endroit
j'aurais laissé en l'homme
une envie de courir
pour retrouver celles qui manquent
c'est pourquoi je souffle ce soir
pour les éparpiller dans la mer"
Les rosiers
tenaient bon
en arceau autour de mon corps
je buvais dans des paumes pleines de pluie
sous les poings du vent
protégée par la lampe
ma peau craquait
comme un très jeune bateau
qui commence à marcher
J'écoutais
encore le coquillage d'ouragan
"Je ne
dis pas
que le visage de la terre
est raté
non
je lui aurais juste un peu plus écarquillé les yeux
et le trait est un peu trop épais
c'est pour ça que le jour ne se lève
qu'un peu à la fois toutes les vingt-quatre heures
mais peut-être s'il était plus fin
y aurait t-il trop d'amour d'un coup"
Puis je rentrais
avec ma lampe de lumière tiède
je soufflais doucement sur ses rayons d'eau
et contemplais ma maison dans le noir
elle fermait ses porches de paupières
en s'apprétait à se poser
sur terre
pour dormir
6-03-2001
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