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recueil sommaireLe don de simple vue : Vision deuxième

 

" Certains jours de novembre sont ainsi. - naufrageurs du visible "

La pleurante des rues de Prague, Sylvie Germain

 

~ Le matin du huitième jour ~

 

par Florence Noël

 
Une photographie de Bernard Flucha

Lascif agenouillement, le matin s'épuise dans ton regard
Tu hoches, étonnée, tes mains de piètre terre
Maints gestes sanglotent à la lisère du marbre
Et tu verses ton âme, balancement métronome

La chevelure enrubanne ton visage
Elle est comme la pourpre
Toute ta chair célèbre son rugissement roux
Esquisse le ployé
De ton cou
Là la rose vient cueillir sa part d'ascension

Tes yeux s'exclament d'eau surprise
Un Roi est enchaîné à tes boucles
àl'émiettement de tes iris
aux doigts scellés
sur ta robe étroite
Et ton buste soutient une profusion d'astres

Les folets viennent manger dans tes paumes
où se fanent
les dernières brindilles des voies lactées
l'ourlé frisonnant d'un grésillement de lave
la caresse emportée.

Les pas de l'an démis rattrapent tes pas présents
Mais ta marche rend gravide
le liseron de marbre

Deux enfants délestent leurs cartables à lumière
sur les trottoirs rougoyants
jonchés de pommes
Loin dans leur jeu, ils n'entendent pas bien
le répons
quand tu muses le souffle cuivre
des anges
garé en double ciel

 

 

 

* 1 novembre 2000 * Florence Noël

"Ta joie
morte au matin

Et tout ce marbre qui pourrit sur place,
depuis des siècles,
imperturbable..."

Mimy Kinet,
Le discours du Muet

 

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