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Mimy Kinet
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~ Si peu de choses ~
psautier
1993-1995
"Quand vous étiez couchés au milieu des
bercails,
les ailes de la colombe avaient l'éclat de l'argent,
et ses plumes l'éclat de l'or fauve"
Ps. LXVIII, 14
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Psalterium
amici
Psalterium mulieris
Psalterium homini
Gratiae
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I. Contemplation
Si peu de choses:
Des cailloux
lumineux au creux de nos pensées rugueuses
Des étoiles rousses entre les feuillets boisés
des contes d'elfes de l'encre bleue, des confettis de mots
noyés d'un sanglot céleste
Dans l'argile une fleur d'eau
Une main embrassant la matière opaque
Et dans une flaque des paillettes frissonnantes
Espiègle et fascinée la chevelure blonde de l'arbre
Dorure cuivrée d'une mèche ballante
Si gracieuse natte pour jeune fille gracile
Si peu de choses:
Pour peindre d'éclats assurés
nos bouches sanguines et délicates
Pour rendre généreux
nos pas enfançons éperdus
Et pour enrober d'or pur
nos coeurs de chair un peu fragiles
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II. Apaisement
Ecoutons aux
matins nos chants de corps levés
Nos arbres expirant leur force de sève claire
et descendons sans honte les heures de nos désirs...
Jusqu'au creux de nos paumes, la paix s'est installées
Un jour où
l'autre la peau en sera lisse
Et sans aucun tourment
Douce comme rayons léchant nos chairs simples
Belle comme blancheur, comme rives atteintes
après nos longs naufrages.
Un soir ou l'autre,
nos peurs se confondront en soupirs discrets
Et dans le tronc des arbres
la lune s'imprimera en reliefs cuivrés,
Nos chants s'arrêteront, nos choeurs seront rémission
Nos craintes s'endormiront, en clins d'oeil de fumée.
Là, au
loin des paroles est une terre franche où l'amour glisse
comme cygne
Et la mort comme avions
Nous nous y amuserons, boirons et serons fiers
Nous serons tout-puissants :
Nous serons le grain de la terre.
Et comme elle taquinés de pluie et abasourdis d'air chaud
Et Dieu les
larmes aux yeux, réconciliera nos danses,
flétrira nos souffrances
Et veillera nos avions.
Nous resterons
invaincus dans notre fantaisie.
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III Après l'étape
Soyons prudents!
Pouvons-nous dire que nous avons passé le pire
parce que nous n'avons pas encore rencontré le meilleur ?
Par ces suées
sales qui baisent nos bouches
Et par ces sangs d'eau se déliant de nos yeux
nos terres sont encore lointaines
Des chemins d'écorce se défont de nos pieds
En quête
de brasiers
Ne nous reste que chants et lumière
Eclats de foin, odeurs riantes,
Ombres apprises, déboires des temps
A chaque changement
plus sûres sont nos jambes
vents pierres et rythmes
s'écrasant sur l'avant
de nos pas...
Coeurs-étendards
battent les tempes du ciel....
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IV. Amertume
Pas de héros
dans nos histoires
ni d'héroïnes. Pas d'éclats.
Justes éprouvés de ces attentives humeurs
d'un autre, d'une prochaine
Et ces plumes
entachées d'encre verte
effarouchées, frayant passage
offrant message aux grises pages
de nos brouillons d'affliction.
Effritant les textures rêches de nos livres éteints.
Et ces vestibules
trop vastes pour dénuder
nos tremblements d'espoir.
Ces fastes aux verres emplis de mousses embullies
par nos rires d'apprêt.
Que de mères tues, que de pères fuis,
Que d'amertume
Et ces chants
gravant sur des vapeurs vagabondes
les lourds tributs de nos avides débauches d'images
et de poésie.
happer l'air qui s'évente,
et vendu
Et ces monticules
bitumés
ces marches friables
ces sommets renoncés
ces femmes si riantes
ces rues tant ensoleillées
aux crachats de nos nuits.
ces drapeaux métissés et tissés
mal hissés
dont la hampe rampe en mal d'exemples.
Et ces non-dits
ou dits camouflés,
mal ouïs mal appris
mort trop tôt pour encore
s'échafauder en idées
Et ces hommes
amoureusement lâchés
par leurs pairs
Agonisants
et démis de leur terre ils fuient déchus
cruellement emportés.
crûment jetés dans d'autre cercle
où plus est moins
où goinfre est moine
où mal s'hagarre
danse et se copie
sur de blêmes manuscrits
où terre s'étiole se console s'éole
ange-brute, outre ailée d'âmes repues
Alors... plus
de merci
pour les coeurs purs.
pour les éprouvés, pour ces amitiés-là
au non sens des sensations
au garage des grâces
aux tristesses empaillettées
de choses trop polies
comme: "Bon
voyage.
Tu nous manqueras, tu sais..."
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V. Consolation
Aux aubes ressassées
nos violences s'éteignent,
Les butoirs d'enfance s'amenuisent,
Les prairies féales entonnent mille vers,
Et verdoient et festoient les printemps et les puits.
Tes amis sont
allés, me soufflent les lanternes,
plus loin que nos halos.
Les rues, la guirlande florale des grelots saisonniers
ont fardé leur vigueur et ternissant leurs flots
de mélodies lunaires, elles se sont épanchées
en mélopées amères.
Tes amis sont
au delà des effluves aimables
des parfums et des bises.
Ils sont en des terroirs où vin, vie sont contés
autour de feux craquants, de fontaines éloquentes.
Leurs épousailles avec les cieux sont fécondes
et riantes.
Déjà leurs yeux engrangent des mots miellés
et riches,
des amours sucrées pour des erres un peu mages,
et des paroles qui se tachent d'or et d'ambre
effleurées aux icônes
Si leurs hivers
sont longs ? - Que tes tracas sont simples ! -
Les rives qu'ils attendent occupent toute leur louange,
et si peu, ils sont cent à vouloir la victoire
des froidures
pardonnée au printemps.
Ils aiment tes messages, ils haïssent les guerres,
tu es leur missionnaire dans les villes hostiles.
Mais ils savent tes sollicitudes pour ces forces grotesques,
pour ces luttes martyres
ces séductions pantagruesques
Leurs chandelles
des soirs chauds, enivrant et sereins,
ne se mouchent jamais, sans regrets pour tes mains
qui affrontent ton bonheur
loin de leur belle quiétude
Toujours ils
émancipent les fumées de leurs rêves
vers d'autres randonnées
La source est différente, leur coeur en est conscient
Mais leurs âmes appréhendent
Les mêmes réjouissances.
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VI. Harangue
Vous êtes,
toi, eux, sur le sentier des rois,
ceux-là qui, pauvres et seuls, gravissaient les néants
et enterraient leur peur
aux seuils de leur caprice.
Vous êtes
la force vive des adeptes du mieux
vos pas sont clairs
sonnant large et claquant.
Partez... toujours marchez, la vie fluviale
est belle
Vous êtes ses garants
ses enfants et ses maîtres
Vos soupirs de paix sont éloges à ses lacs
et vos fêtes deviennent
pour tout remords, défaites.
Priez aux odeurs
de pin
Brillez aux soleils ardus
Vos peines ont échoué !
Voyez... l'or ruisselle de vos têtes,
les sangs coulent en lait,
le terre s'agenouille,
les hommes chantent
leur cris
Vos voix...
ne sont plus qu'une.
Rassasiée
et bénie.
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