Les années 1900

Le nom d'une des marques les plus renommées d'Allemagne est la traduction en latin du patronyme d'August Horch.

En 1899, après trois ans d'apprentissage à la société Benz, de Manheim, ce dernier avait fondé la société A. Horch & Co. Motorwagen Werke, entreprise de construction d'automobiles dont le siège fut fixé en 1903, à Zwickau en Basse-Saxe.

En juin 1909, alors même que cette firme avait acquis une certaine renommée, Horch fut brusquement évincé de la direction de la société qui portait son nom.

Victime d'un désaccord avec le directeur commercial, le prétexte en était que les nouvelles 6 cylindres n'avaient pas remporté de victoires dans les grandes épreuves de 1907, mais en réalité le différend avait des racines plus profondes : Horch fut mis en minorité au conseil d'administration. Son départ fut l'objet d'une polémique dans la presse et, quelque temps plus tard, d'un procès en justice qui provoqua une véritable sécession. August Horch, suivi de techniciens et d'ouvriers fidèles fonda, un mois seulement après ces é;énements. La société August Horch Automobil Werke au capital de 200000 marks, et s'établit géographiquement très près de la société A. Horch & Co. Motorwagen Werke. La quasi homonymie des deux raisons sociales donne une idée de l'âpreté de la bataille qui aboutit, finalement, à une mise en demeure du tribunal de Leipzig, selon laquelle la nouvelle société dut changer son nom en Audi Automobilwerke GmbH.

Les années 1910

Sans se laisser abattre par des difficultés de cet ordre, August Horch lança aussitôt la production du modèle 10/28 HP, une voiture moyenne de bonne facture, dont on vit circuler les premiers exemplaires au début de 1910. Les Horch étant aussi de sa conception, cette première Audi n'en différait pas beaucoup. Toutefois, libéré de l'influence de son entourage, Horch put construire une voiture plus moderne et plus efficace.

Le châssis, simple et léger, était renforcé à l'avant par le bâti du moteur qui faisait fonction de traverse complémentaire, prolongé, en outre, de façon à porter la manivelle de lancement. Ce moteur était un 4 cylindres, dont la disposition inhabituelle des soupapes devait rester pendant toute une période une caractéristique permanente et, en quelque sorte, une marque distinctive des voitures conçues par Horch. Logées dans une chapelle de la chambre de combustion, les deux soupapes étaient opposées : la soupape d'échappement était latérale et commandée directement l'arbre à cames placé dans le groupe, mais la soupape d'admission était disposée symétrique au-dessus de celle-ci et commandée par tige.

Ce schéma, courant dans les moteurs primitifs à soupape d'admission automatique, c'est-à-dire s'ouvrant sous l'effet de la seule aspiration du piston, bien que paraissant archaïque, représentait un bon compromis entre la simplicité de construction et la facilité d'entretien des moteurs à soupapes latérales et les rendements plus élevés des moteurs à soupapes en tête. Le remplissage et la turbulence s'avéraient satisfaisants pour l'époque, au point que ces voitures obtenaient, en 1912, des puissances spécifiques dépassant les 10 ch/l aux régimes de rotation très lents et par conséquent, disposaient d'une plage d'utilisation très étendue. Cette valeur, quelques années plus tôt, était réservée aux moteurs de course.

Le vilebrequin, porté par trois paliers, était désaxé par rapport aux cylindres. Le châssis se révéla particulièrement stable, grâce à la réduction des masses non suspendues et au choix de ressorts semi-elliptiques qui permettaient un meilleur amortissement des oscillations qu'avec le système des ressorts trois quart elliptiques en vogue à l'époque.

En 1912, la société Audi proposa une gamme de quatre modèles : 10/28 HP, 13/35 HP, 18/45 HP et 22/50 HP, tous semblables dans leur architecture générale, sinon dans leurs dimensions. Les deux plus gros modèles furent produits presque sans modifications jusqu'en 1920. Le modèle 14/35 HP qui disposait du rapport poids/puissance le plus favorable connut, dans sa version Alpensieger, de nombreux succès sportifs. Il était encore en fabrication en 1921.

L'arrêt des études des nouveaux projets, sort commun de presque tous les constructeurs d'automobiles, ne fut pas dû seulement, dans le cas de la société Audi, aux seules circonstances de la guerre et aux difficultés de la reconversion à la production civile. On le doit, en grande partie, au fait que Horch était de moins en moins disponible, absorbé d'abord par de graves responsabilités dans la production d'armement, puis par des engagements politiques, de sorte qu'il abandonna la direction de l'entreprise, officiellement en 1920, mais, en fait, peut-être même plus tôt en ne conservant que son seul siège au conseil d'administration.

La période des grands succès de la maison Audi fut sans conteste celle qui coïncida avec la présence personnelle et constante de Horch. Au succès mérité de ses voitures sur le plan technique, il sut toujours ajouter le stimulant promotionnel d'une participation assidue aux compétitions, d'autant qu'il unissait aux qualités de constructeur sérieux et d'excellent ingénieur, celles de conducteur enthousiaste et d'animateur d'une équipe de pilotes dont faisaient partie d'ailleurs ses ingénieurs.

De 1911 à 1914, la société Audi participa à la Coupe des Alpes , alors course d'endurance de 2400 km qu'elle remporta en 1912, 1913 et 1914. Le simple fait de ne pas avoir eu de pénalisations en 1911, eut une influence déterminante sur la formation d'une image sportive de la société Audi, et sur les succès commerciaux remportés sur la Horch, qui ne participait aux compétitions que grâce à l'acquit des travaux antérieurs d'August Horch, avant sa séparation d'avec l'entreprise qui portait encore son nom.

Les années 1920

Après la guerre, dans les années de relance, Horch essaya de s'engager dans la voie de l'automobile " utilitaire" en réintroduisant le modèle G 8/22 HP, dont le projet avait été étudié en 1914. Cette voiture ne demeura en production que jusqu'en 1923, sans pouvoir triompher de la concurrence ni s'affirmer dans un marché miné par l'inflation. On reprit alors la formule, caractéristique également de la société Horch, des voitures de luxe imposantes et très chères. Mais ce marché s'évanouit à son tour, et ce, bien avant la dépression économique de 1929, qui plongea l'entreprise dans une série de problèmes financiers.

En 1928, tandis qu'elle se débattait dans cette conjoncture défavorable, la société Audi fut absor- bée par D-K-W- ou, plus exactement par la Zschopauer Motorenwerke J-S- Rasmussen AG qui, cette même année, avait commencé une production d'automobiles dans les usines de Spandau de la Deutschen Werke AG. Lors de la nécessaire répartition des tâches qui s'ensuivit, le rôle de productrice de modèles de prestige fut dévolu d'emblée à la société Audi, dépositaire de cette tradition. Cependant, la société Audi, qui n'avait plus alors ni les avantages ni les inconvénients de l'autonomie, en tant qu'entreprise membre du groupe, conserva sa marque originale, mais ne participa plus que partiellement à la construction de ses propres véhicules.

Le modèle R 19/100 HP, une 8 cylindres à soupapes latérales de 4872 cm3, construite de 1928 à 1932, fut peut-être la dernière Audi dont le projet ait été autonome, même si elle fut aussi largement inspirée par l'école américaine.

Les modèles Zwickau à 8 cylindres et Dresden à 6 cylindres, présentés respectivement en 1929 et 1931, donc sous la coupe de la gestion Rasmussen, s'alignèrent directement sur la tendance générale de l'industrie allemande qui, à l'exception de Mercedes-Benz, était envahie par les méthodes de production américaines et par les fabrications sous licence.

Pour les deux plus gros modèles d'Audi, on adopta purement et simplement des moteurs américains Rickenbaker construits sous licence par D-K-W. Les châssis comportaient également des solutions importées d'outre-Atlantique et reproduites dans les mêmes conditions.

La formule de la traction avant, bien qu'entreprise trop tôt, compte tenu des acquisitions de la technique, et, de ce fait, plus applicables aux voitures modestes qu'aux moyennes ou aux grandes, n'était pas seulement une idée fixe de Rasmussen mais également un moyen pour différencier sur le marché les modèles Audi de ceux de la société Horch.

Les années 1930

Cette dernière, en effet, après avoir été la grande rivale durant la seconde décennie avait, en août 1932, réuni ce qui lui restait de forces à celles d'Audi et de D.K.W. pour former le consortium dénommé Auto-Union. Il devenait donc nécessaire de viser plutôt à la complémentarité qu'à la compétitivité des modèles proposés. Cependant, dans un pays qui comptait déjà en plus de Horch parmi les producteurs de voitures de luxe, Mercedes-Benz, AustroDaimler et N-A-G-, la part du marché réservé à chacun était trop restreinte. La condition déterminante fut le prestige dont jouissait indiscutablement la Horch, en même temps que le fait que ses équipements permettaient les usinages les plus précis dans la production de la totalité du groupe.

Dans la stratégie du nouveau consortium, il s'imposait donc à la société Audi de renoncer aux voitures plus importantes et de se charger du lancement de la traction avant dans la tranche des cylindrées moyennes, expérience déjà tentée par de nombreuses marques européennes.

De 1934 à 1935, la marque Audi fut attribuée à un seul modèle de base, la Audi Front, livrable en plusieurs versions.

Le déclin d'Audi, en tant qu'entreprise autonome, est clairement révélé par le fait que la voiture fut construite presque entièrement dans les usines Horch tandis que les usines Audi, peut-être malgré elles, se consacraient au montage des voitures D-K-W.

La dernière Audi de la période classique fut une 6 cylindres de 2 241 cm3, dénommée type 225, pour le moteur de laquelle on était finalement revenu au système des soupapes en tête. C'était une voiture moyenne assez bien construite dans la tradition des établissements Horch. Sur le plan de la conception, on pouvait la considérer comme équivalente de la Citroën de 1934 dans son rôle d'expérimentation de la traction avant avec un degré de raffinement et un niveau de puissance plus élevés que ceux dont étaient dotés des voitures plus utilitaires contemporaines comme Tracta ou DKW, ce qui, du reste, posa quelques problèmes supplémentaires

Les années 1940

Puis ce fut la longue éclipse de la Seconde Guerre mondiale. La marque Audi ne réapparut pas avant la seconde moitié des années soixante.

En 1949, la société Auto-Union désormais entreprise unique regroupée dans de nouvelles installations à Ingolstadt en Allemagne occidentale, se donna une nouvelle structure sociale, revendiquant la propriété des quatre marques classiques, mais ne fit usage que de deux, et ce, alternativement. Ce fut d'abord le tour de D.K.W. avec la production d'une voiturette à moteur 3 cylindres deux temps, bien entendu à traction avant, dont une longue série suivit le Salon de Francfort de 1951.

Les années 1960


Mercedes-Benz en devient le principal actionnaire en 1956, mais en 1964, Volkswagen devient majoritaire. La marque Audi n'est relancée qu'en 1965 avec la sortie d'un quatre-cylindres de 1.7 litre à traction avant, équipé ensuite d'un moteur Mercedes-Benz plus puissant.

Sous l'impulsion de V.W., la nouvelle gamme comprend des voitures allant de 1 496 cm3 à 1 871 cm' et, avec l'Audi 50, de 1 093 à l 272 cm3. Les modèles suivants sont numérotés 72, 80, Super 90 et 100.

Les années 1980

L'Audi 80 acquiert une nouvelle robe en 1986 en adoptant le style des 100 et 200. Cette dernière reçoit un cinq-cylindres 2,2 litres turbo compressé en 1979 sous l'appellation 5T. L'Audi Quattro, élaborée en 1980 à partir de celle du coupé GT 5S, est une voiture unique qui constitue une véritable révolution dans l'histoire de l'automobile de tourisme. Cette traction intégrale sera ensuite adoptée sur toutes les séries de la marque. Parallèlement, Audi lance les Quattro Sport raccourcies, plus spécialement orientées vers la compétition en groupe B.

Les années 1990

En 1994, la 80 sort en 16 soupapes tandis que la S2 de 1990 reste la plus performante de la série.

Avec l'A6, Audi poursuit le renouvellement de sa gamme pour remplacer la 100. La ligne "A" est conçue en collaboration avec Alcoa, division de l'aluminium américain.

L'A8. sous ses deux versions, V6 2.8 litres de 174 ch et V8 4,2 litres de 300 ch, est le porte-drapeau de la marque aux anneaux.

 

("Encyclopédie des voitures" Edita SA)








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